Les cadres de l'enseignement supérieur font consensus face au ministère de l'Education nationale, de la formation professionnelle, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, notamment dans le but d'entamer un dialogue bilatéral où plusieurs problèmes en suspens pourraient être résolus. Ces mercredi et jeudi 29 et 30 mai, l'Union nationale de l'enseignement supérieur a mené une grève nationale pour motif que le gouvernement a refusé de mettre en œuvre un certain nombre de demandes convenues avec le ministère de tutelle. Le Secrétaire général de l'Union nationale de l'enseignement supérieur, Jamal Sabbani, déclare à propos des résultats de cette grève que « la participation a réuni tous les professeurs d'université sans exception » et souligne que « les assemblées régionales et locales ont connu une mobilisation pleine, malgré l'atmosphère du Ramadan ». « Règlement de situation » et « respect des engagements du gouvernement », tels sont les exigences du syndicat, exprimés dans un communiqué parvenu à Hespress FR. « Le syndicat continuera dans l'escalade débutée avec cette grève de 48 heures », poursuit Jamal Sabbani. « Le Bureau national évaluera les résultats de la grève nationale pour définir les horizons de la prochaine lutte, étant donné que le comité administratif du syndicat nous a autorisés à dialoguer avec le ministre Said Amazazi, qui se préparait alors à étendre les résultats du dialogue qu'il a eu avec le ministre des Finances. Mais nous avons décidé de faire en fonction des développements qu'a connue la réunion », ajoute le porte-parole. Pour le syndicat, la grève observée fait office d'« avertissement pour alerter le gouvernement afin de s'inscrire dans la logique crédible du dialogue ». Dans un passé proche, l'Union nationale de l'enseignement supérieur signait des communiqués conjoints avec le ministère de tutelle. Le plus récent, co-signé par l'ex ministre en place Lahcen Daoudi, et datant de janvier 2016 prévoyait la révision de la loi 01.00 portant organisation de l'enseignement supérieur, mais aussi l'élaboration d'un nouveau statut pour les professeurs de chercheurs, prenant en compte les nouvelles tâches qui leur sont assignées. « Ces deux propositions n'ont finalement pas été mises en œuvre dans les délais », regrette le secrétaire général du syndicat, ajoutant d'autres points de discorde subsistent, comme celui des professeurs proches de la retraite, ainsi que du « blocage » que connait actuellement le système de promotion des professeurs universitaires, en raison de l'absence d'un nouveau statut. D'autres points concernent un accord conclu en mars 2013, mais aussi le contenu d'un communiqué conjoint avec le ministre limogé Mohamed Hassad, suivi d'un autre communiqué avec Said Amazazi, ministre en exercice, en mars 2018.