Porsche acte un tournant dans sa stratégie industrielle en annonçant la cession de sa participation au sein de Bugatti Rimac, structure qui supervise la marque Bugatti. Cette décision marque un désengagement du segment des hypercars, considéré comme particulièrement capitalistique. Selon les informations disponibles, la part détenue par Porsche, estimée à 45 %, sera reprise par un consortium conduit par HOF Capital. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué à ce stade. L'opération reste soumise aux autorisations réglementaires, attendues d'ici la fin de l'année. À l'issue de cette cession, Rimac Automobili devrait renforcer sa position dominante au sein de la coentreprise. Déjà reconnu pour son expertise dans les technologies électriques haute performance, le groupe croate s'impose comme le pilier du développement futur de Bugatti Rimac. Ce retrait s'inscrit dans une stratégie de recentrage pour Porsche, qui privilégie ses activités historiques dans les sportives premium. L'objectif est de rationaliser les investissements et de limiter l'exposition aux projets les plus intensifs en capital. Une orientation confirmée par Michael Leiters, qui évoque un alignement sur les priorités stratégiques du groupe. Sur le plan financier, cette décision intervient dans un contexte moins favorable. En 2025, Porsche a enregistré un bénéfice net de 310 millions d'euros, en forte baisse par rapport aux 3,6 milliards réalisés un an auparavant. Le chiffre d'affaires s'établit à 36,3 milliards d'euros, en recul d'environ 10 %. Au-delà de cette opération, l'évolution du secteur des hypercars confirme une tendance de fond : l'accélération de l'électrification. Dans ce contexte, des acteurs spécialisés comme Rimac apparaissent de plus en plus centraux pour redéfinir les standards de performance et d'innovation.