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ALGERIE/USA : Tests et…manœuvres
Publié dans La Gazette du Maroc le 22 - 05 - 2006

La crise qui couve depuis des mois au sein de l'establishment algérien commence à monter à la surface. Les attaques menées, tambours battants, contre le premier ministre, Ahmed Ouyahia, homme de l'institution militaire, n'est que le sommet de l'iceberg.
Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du FLN et représentant personnel du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, est monté au créneau, une semaine avant que le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, présente le bilan annuel de l'Exécutif qu'il dirige. «Nous voulons mettre le gouvernement sous le contrôle du président», dit-il dans une conférence de presse tenue au siège du Parti.
Cette flèche est intervenue dans le cadre de la finalisation du rapport de la commission chargée de réfléchir sur la révision de la Constitution. Cette dernière initiative visant, selon les proches du premier ministre algérien, préparer le terrain pour que Bouteflika brigue un troisième mandat. Ce que Belkhadem exclut indirectement en reconnaissant qu'il «n'avait aucune assurance quant à l'adhésion du chef de l'Etat à sa proposition de réviser la Constitution avant les élections législatives».
Ce qu'a confirmé à La Gazette du Maroc un ancien premier ministre algérien, et l'un des prétendants à la succession de Bouteflika. Ce dernier estime, néanmoins, que la réaction hostile envers Ouyahia
se situe, d'une part, dans le cadre de l'écartement de ce dernier de la prochaine course à la présidence et, de l'autre, passer un message à l'armée, plus particulièrement au général Mohamed Mediène (alias Tewfic), patron de la Direction des renseignements et de la sécurité (DRS : ex-Service de sécurité militaire), lui faisant savoir que son «poulain choisi» est non-gratta. Et, par là, il serait préférable de chercher un autre pouvant être un sujet de compromis.
Belkhadem n'a certainement pas agi de son propre gré. Il exécute, en effet, les consignes du président de la République qui a très bien compris l'objectif de l'opposition farouche du RND, le parti d'Ouyahia, d'une révision de la loi fondamentale, dans une conjoncture actuelle. En d'autres termes, le RND, fabriqué par la DRS, n'est aucunement prêt à donner une nouvelle carte à Bouteflika afin qu'il l'utilise pour consolider ses positions ainsi que celle de son parti le FLN. D'autant plus que le chef de l'Etat ne pourra briguer un nouveau mandat du fait de sa maladie.
L'«état-major» d'Ouyahia est allé plus loin dans le durcissement de ses positions en soulignant que «l'actuelle alliance présidentielle qui regroupe le RND n'est pas une fusion entre des partis» ; et d'ajouter : «nous n'avons pas le même programme ni les mêmes objectifs. Nous nous sommes rencontrés pour réaliser le projet du président Bouteflika, sans plus». Force est de noter, dans cette nouvelle approche, que c'est pour la première fois depuis sa gestion de l'Exécutif, qu'Ouyahia et son équipe haussent le ton, interceptent un «désir» en provenance
du palais d'El-Mouradia. Ce que les observateurs expliquent par un mot d'ordre donné au premier ministre par ses «parrains» de tester la Présidence en guise de dévoiler ses intentions dans la prochaine étape. Les denses activités entreprises, ces dernières semaines,
par le président Bouteflika ont, semble-t-il, ravivé les doutes chez l'institution militaire qui croyait que ce dernier s'était contenté de continuer sa mission «en douceur» sans trop se mêler, comme auparavant, dans tous les détails relatifs au pouvoir. Les surenchères menées par le chef de l'Etat concernant les relations avec la France et l'envoi de son ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui, à Washington, en avril dernier, quarante huit heures avant le déplacement du chef de l'état-major, le général-major, Ahmed Gaïd Salah, a ont suscité les soupçons de l'institution militaire qui s'est apparemment déterminée à affaiblir définitivement Bouteflika. Ce qui a incité ce dernier à contre-attaquer, choisissant le FLN comme fer de lance et Ouyahia comme cible.
Indices et faits
Si les messagers du chef de l'Etat algérien déploient des efforts considérables pour montrer aux Etats-Unis que leur patron détient toujours les principaux clés du pouvoir, le camp adverse le prouve matériellement sur le terrain. Bouteflika qui, dans toutes ses déclarations, affiche un rapprochement grandissant à l'égard de Washington, prenant en compte la défense de ses intérêts aussi bien politiques qu'économiques dans le monde arabe, le comportement vis-à-vis du gouvernement palestinien dirigé par Hamas en est la preuve.
L'Algérie avait débloqué 35 millions de $, une partie de son engagement à l'Autorité palestinienne décidée lors du sommet arabe de Beyrouth, il y a plus de trois ans. Un montant qui n'est guère arrivé à destination parce qu'Alger a fait passer le virement par une banque qui participe au blocage des comptes de l'Autorité. Autre initiative dans ce sens, les déclarations répétées de Chakib Khélil, ministre de l'Energie et des Mines, homme de Bouteflika et pur produit des Américains. La dernière en date, celle prononcée jeudi dernier, à Washington, en marge du forum de l'Energie organisé par le Conseil d'Affaires Etats Unis-Algérie (US-ABC), dans laquelle le responsable algérien a indiqué que l'«Algérie a exporté pour 11 milliards de $ vers les Etats-Unis en 2005», soit plus de 25% du total des revenus réalisés de son pays.
Efforts et gestes qui restent, cependant, moins efficaces que ceux entreprise par l'armée. Cette dernière qui, selon les chancelleries occidentales, aurait réussi à répondre à tout les «souhaits» ou presque de l'administration américaine et, surtout, du Pentagone et de la CIA.
En premier, la Direction des renseignements et de la Sécurité (DRS) a, selon Donald Rumsfeld, tenu le principal de ses engagements en matière de lutte contre le terrorisme international dans la région d'Afrique du Nord. L'Algérie, d'après lui, a même rendu de grands services aux intérêts américains dans tout le continent africain. D'autre part, les décideurs au sein de l'armée algérienne ont pesé de tout leur poids pour mettre en échec la signature du Traité de paix et d'amitié avec la France.
Cette dernière qui devrait être finalisée avant la fin de décembre 2005. Washington a, d'autre part, fortement apprécié le report par l'armée de la visite, début mai, de son chef d'état-major en France pour signer un accord avec la société d'armement Armatis dans le domaine de la marine.
Dans ce même ordre d'appréciation, les Etats-Unis se félicitent du progrès réalisé, sur le plan des relations, entre l'Algérie et l'Alliance Atlantique (OTAN). A cet égard, les Américains ne cachent pas leur satisfaction que les officiers de l'état-major algériens formé par l'OTAN «maîtriseront, dans un avenir prochain, l'anglais et la terminologie militaire appliquée aussi bien au sein de l'Alliance qu'au Pentagone». Des déclarations intervenues quelques jours seulement après la participation du chef d'état-major de l'armée, le général-major, Ahmed Gaïd Salah, au QG de l'OTAN à Bruxelles.
Ce que le président Bouteflika n'a pas réussi à donner aux Américains, l'armée a pu le faire. Et, par là, prouver qu'elle restera le «pouvoir réel», capable de prendre les grandes décisions, assurer la stabilité du pays et garantir les intérêts des partenaires, notamment les compagnies pétrolières et gazières américaines.
Ces dernières tiennent le haut du pavé en la matière depuis des décennies en Algérie. Plus important aussi, pour Washington, est l'engagement, sans faille, de l'institution militaire dans son combat contre le terrorisme international.
Tous ces points marqués par cette dernière l'ont placée comme un interlocuteur incontournable d'une part et, de l'autre, comme prochain allié au sein de l'establishment algérien.
Ce, même si l'armée se dote jusqu'à présent d'armements d'origine russe. L'annonce officielle par l'administration Bush de vendre des armes défensives à l'Algérie et la proposition de coopérer dans le domaine du nucléaire à des fins pacifiques montrent que les Etats-Unis ont apparemment choisi leur partenaire algérien. Celui-ci, en l'occurrence l'institution militaire, est prêt à collaborer tous azimuts. Ce que le président Bouteflika et son équipe sont dans l'incapacité de le faire. Dans ce contexte, on apprend de sources concordantes à Alger que l'armée a fait savoir aux interlocuteurs américains qu'elle était prête à participer à une solution du problème du Sahara si Washington propose un nouveau projet dans lequel l'Algérie ne perd pas la face et récolte un intérêt politique et morale.
Information confirmée par une source diplomatique britannique à Paris.
Dans cette atmosphère de tests et de manœuvres, force est de savoir qu'Ahmed Ouyahia n'est pas le véritable cheval de bataille de l'institution militaire. Il est, par contre, la bête noire à la fois de Bouteflika et du FLN.
De ce fait, son nom a été jeté dans la compétition afin de provoquer ces derniers et les pousser à dévoiler leurs intentions. L'armée qui est consciente que l'actuel président n'a pas les moyens de briguer un 3ème mandat pour plusieurs raisons, refuse qu'il participe à la fabrication du nouveau chef de l'Etat algérien. Cela dit qu'Abdel Aziz Belkhadem ou Chakib khélil ou aussi Mourad Medelci, ministre des Finances, ne seront guère acceptés pour prendre la relève. Les récentes sorties, après une longue absence, des deux anciens premiers ministres, Mouloud Hamrouche et Sid Ahmed Ghozali, proche du général à la retraite, Khaled Nezzar, montrent que l'armée a dans ses tiroirs des dizaines de candidats et qu'elle est prête à avancer et retirer les noms jusqu'à ce qu'elle arrive à imposer le bon. Le temps et les circonstances semblent maintenant jouer en sa faveur. Demandez-le aux Américains.


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