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Ahmed Boulane tourne son film : « Les anges de satan » : L'inquisition… déjà
Publié dans La Gazette du Maroc le 03 - 07 - 2006

28 jours de tournage qui ont pris fin, dimanche 2 juillet. Pour un film au cœur de l'histoire récente du Maroc, le réalisateur Ahmed Boulane, habitué aux coups durs, s'est vu confronté à des aléas logistiques : autorisations de tourner refusées pour des scènes clés au tribunal, dans la Wilaya, dans la prison d'oukacha. Le plus gros du travail qui aura été donc bloqué en amont alors que d'autres réalisateurs marocains et étrangers ont eu facilement accès à tous les endroits cités plus haut. Une affaire pour le moins scandaleuse pour un film qui reprend, trois ans plus tard, l'affaire des 14 jeunes musiciens de Casablanca, accusés de satanisme et condamnés à des peines allant d'un mois à un an de prison ferme, avant la grâce royale qui vient porter un coup à l'aveuglement béat de la justice. Retour sur un paradoxe.
"La production a préparé une bonne douzaine de demandes d'autorisations auprès des autorités concernées par rapport aux décors voulus et aux exigences du film, mais nous avons été confrontés au refus ». Ahmed Boulane revient sur ces épisodes de non-autorisation avec beaucoup de philosophie. Un comportement sage de la part d'un bonhomme qui carbure à la tension et qui part en vrille comme une pile électrique pour un oui et pour un non.
Il y a d'abord le tribunal de Casablanca qui représentait le décor d'un huitième du film. Refusé. Boulane doit donc trouver une pièce de rechange. Il y arrive, lui qui a côtoyé des dizaines de réalisateurs et de producteurs durant les quelque 50 films auxquels il a participé en tant qu'acteur, responsable de casting, chargé des repérages ou encore dans l'assistanat à la réalisation et à la production. Inutile de dire que pour ce malin de Boulane, quand on ferme une porte, il a toujours un plan B qu'il sort de derrière les fagots.
Va voir ailleurs si je n'y suis pas
Donc, les scènes du procès et du jugement ont été tournées ailleurs. Pourtant, ce même tribunal a été accordé à tant d'autres réalisateurs marocains. Mieux encore «Syriana», un film américain, très douteux, à la fois fasciste et anti-arabe a été tourné à Casablanca et le tribunal a fait partie des décors. Mais il faut peut-être croire que la présence de George Clooney, Matt Damon et d'autres têtes d'affiche ont facilité l'accès aux sacro-saints lieux et « murs du temple du gouvernement ». Cette dernière phrase figure sur une réponse à une demande d'autorisation où il est clairement signifié à Boulane et son équipe de ne pas prendre la moindre photo des «murs de ce temple».
La salle de conférence de la Wilaya de Casablanca a été refusée aussi. Elle devait service de salle d'audience avec un ministre, en l'occurrence, celui de la justice. Bref, niet là aussi, et Boulane pourra se demander : mais comment se fait-ce que Martin Scorsese a pu transformer cette même pièce en temple dans son magnifique «Kundun». Seul Marty pourra répondre, et Boulane devra aller trouver un autre endroit pour filmer. Et ce n'est pas tout. Il faut aussi rappeler qu'un spot publicitaire, pas très valorisant, a emprunté les décors de cette même salle, mais pas Boulane ni ses Anges de satan. Arrive alors le tournant du tournage dans la prison d'Oukacha. Tout se passe bien, deux journées de travail sont prévues. L'équipe débarque sur les lieux et filme une partie de ce qu'il fallait. Le lendemain, après les préparations, la mise en place de la lumière et des éclairages, un « type vient nous demander de tout ramasser et de partir. On a une autorisation écrite. On nous laisse entrer avec cinquante personnes de l'équipe et cinquante autres figurants. On installe tout le matériel, travellings, lumière et tout le reste, on a même répété le plan à filmer trois fois. Et là, coup de théâtre, il faut vider les lieux. Oui, des gens débarquent et nous jettent dehors ». C'est ce que dit l'assistant numéro 1 de Boulane, le Tunisien Ilyas Zrelli, qui a dû trouver une autre solution.
100 000 dirhams de perte par jour
La scène de la prison aura été tournée dans des toilettes. Coût du ratage de la journée : 100 000 dhs. Ceci pour le non-tournage et il faut prévoir la même somme pour le plan de rechange. Pour le tribunal, le chiffre atteint les 150 000 dhs de perte. Il faut ici préciser qu'une journée de tournage coûte dans les 100 000 dhs tous frais compris. Le même son de cloche nous est donné par l'acteur, Driss Roukhe, très en vue, ces derniers temps, et qui joue ici un rôle à sa mesure. Lui aussi raconte l'épisode la prison avec beaucoup d'amertume, lui qui a été sur d'autres tournages où l'on a eu les cellules de la prison sans problèmes. Hicham Hajji, le deuxième assistant, explique que la première journée tournée dans la prison s'est « faite sans que le ministre ne le sache. Quand il l'a su, il a demandé que l'on jette l'équipe dehors ».
Dans ce même esprit de refus, Boulane n'aura pas eu accès aux militaires, non plus. Il avait besoin de 500 figurants pour encadrer le sit-in devant la Wilaya de Casablanca. Les portes de la grande muette se font hermétiques. Et les Anges de satan ont fait avec les moyens du bord. Reste une bonne note dans tous ces travers : la collaboration exemplaire de la police nationale : « Je tiens à le dire ici. Oui, je remercie la police qui nous a aidés du début à la fin. Les policiers étaient à notre service et nous ont conseillés à chaque fois que le besoin s'en ressentait. Le scénario a été lu par les responsables de la DGSN, et ils nous ont accordé l'autorisation rapidement». Boulane met l'accent aussi sur le soutien moral du ministre de la Communication, Nabil Benabdellah «qui est intervenu depuis le début pour nous aider à obtenir les autorisations. Il a aussi tenu à ce que la télévision participe à la co-production de ce film de manière assez conséquente.»
Voilà pour le ballottement entre beaucoup de portes qui se ferment et quelques-unes que l'on force, par l'insistance. Boulane aura vécu une espèce de censure à rebours. Au lieu d'attendre que le film soit achevé pour serrer l'étau contre Boulane comme au temps d'«Ali, Rabia et les autres», le mieux serait de lui barrer la route en amont pour que le film ne voie jamais le jour. Il se trouve que les bobines sont pleines.
Le film est dans la boîte. Les 24 images secondes pour dire l'histoire des 14 de Casablanca est déjà un rendez-vous. À moins d'une autre folie, ce qui serait une victoire par les chiffres et la notoriété pour Boulane.


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