ONU : Omar Hilale élu à la présidence de la Commission de consolidation de la paix    Avant de s'envoler à Washington, l'Algérie a fixé la ligne de conduite de la délégation du Polisario    Bassin de la Moulouya: les grands barrages affichent un taux de remplissage d'environ 49 %    Finances publiques : des recettes en progression    Chemins de fer : un groupe chinois remporte un marché de l'ONCF    Pays du Sahel : Bank of Africa effectue une tournée diplomatique et économique de haut niveau    Sanctions de la CAF : un verdict au goût amer    Edito. Frustration    Robbie Williams en tête d'affiche au festival Jazzablanca 2025 à Casablanca    Robbie Williams to play first-ever North Africa concert at Jazzablanca    La France déterminée à établir avec le Maroc un nouveau traité de coopération bilatérale avec une forte dimension parlementaire    Régulation des produits alternatifs au tabac : Le Maroc passe à la phase d'application    Intempéries: Sur instructions royales, les FAR déploient des unités d'intervention    Inondations à Ksar El Kébir: la DGSN dément les rumeurs sur des cas de vols    Transport aérien : un record de 36,4 millions de passagers en 2025    La Cour des comptes met en garde contre un déséquilibre structurel des régimes d'assurance maladie    Inondations : Le Comité de veille active l'aide d'urgence pour les sinistrés    Boualem Sansal à l'Académie française : un message sans équivoque    Sécurité avant tout : le Danemark officialise l'expulsion des étrangers condamnés    USA : Kevin Warsh nommé par Trump à la tête de la FED    Trump a demandé à Poutine d'arrêter les frappes sur Kiev "jusqu'au 1er février"    Automobile: Toyota conserve sa couronne de premier constructeur mondial en 2025    Blocage du statut des professeurs agrégés : les syndicats annoncent une grève nationale    Sahara marocain : l'UE évoque l'autonomie comme solution réaliste    CAN 2028 : l'Afrique du Sud envisage une candidature avec le Mozambique et le Lesotho    La sélection marocaine de voile défend ses couleurs au championnat arabe 2026    Ligue des champions : le tirage des barrages dévoile des affiches explosives    Ligue 1 : Le Stade Rennais s'intéresse de près à Yassir Zabiri    Diplomatie : le Maroc et le Turkménistan examinent les perspectives de leur coopération bilatérale    Intempéries: Sur Hautes Instructions Royales, les FAR déploient des unités d'intervention appuyées de matériels, d'équipements et d'engins nécessaires au transport des populations touchées et à leur hébergement    HCP : l'indice des prix à la production recule de 0,1 % en décembre 2025    Sous les Hautes Instructions Royales... Mobilisation maximale de la Commission nationale de veille pour faire face aux inondations et protéger les citoyens sinistrés    Averses, fortes pluies et rafales de vent, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Sidi Kacem : Les équipes d'urgence et les autorités locales interviennent pour faire face aux inondations de l'oued Sebou    Tanger: Une enquête vise 24 personnes, dont des policiers et des douaniers    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Tesla lance la vente directe et son premier pop‐up store au Maroc    Volaille : alerte sur une pénurie d'aliments et un risque de flambée des prix à l'approche du Ramadan    À Casablanca, Afric'Artech 2026 inaugure l'ère de la création numérique africaine    Semaines du film européen : L'Europe s'affiche en haut de l'affiche    Film : «Valeur sentimentale», le Grand Prix du cœur et du silence    Crise alimentaire en Afrique de l'Ouest et au Sahel : la FAO alerte    CAN 2025 : le verdict disciplinaire et les sanctions de la CAF au cœur de la polémique au Maroc    CAN Maroc 2025. plus de 6 milliards de vues sur les réseaux sociaux    Akhannouch reçoit les présidents du Parlement français    Réhabilitation du site de Sijilmassa : Jet Contractors décroche un marché de 156 MDH    Eclosion, ou l'art d'explorer l'indomptable    Témoin de mariage : une comédie contemporaine sur l'amitié, le couple et les non-dits    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Carences du décollage socioéconomique : Succès "fou" ou réussite harmonieuse ?
Publié dans La Gazette du Maroc le 14 - 05 - 2007

Le Maroc accélère la cadence de son développement économique et humain. Le territoire national est transformé en milliers de chantiers structurants. Pour la première fois dans notre histoire, nous nous trouvons dans une situation d'offre d'emplois aussi insolente : Dans la seule région de Marrakech, près de 30.000 emplois ne trouvent pas preneurs in situ, faute de formations appropriées. Plus que jamais, le pays a besoin d'ouvriers spécialisés, d'agents de maîtrise et de techniciens. Chronique d'un succès «fou».
Malgré la boulimie édificatrice qui s'est emparée du Royaume depuis cinq ou six ans, nous n'avons pas encore accédé au rang de «pays émergent», selon le jargon de la Banque mondiale (BM). Non pas que nous aurions été moins entreprenants et peu volontaristes, mais simplement parce que la gestion par nous des priorités d'un développement «global» et harmonieux n'a pas été suffisamment soumise au rationalisme. On dirait que le succès actuel de notre démarche modernitaire nous fait peur. Nous ne préparons pas assez de techniciens, de cadres moyens et d'ingénieurs, parce que nous sommes terrassés par le changement radical du type de gouvernance que le nouveau Roi a injecté jusqu'aux interstices ethnoculturels de notre société. Aurions-nous peur d'assumer le statut de «nation la plus moderne du Nord-ouest africain» ?. Seuls 4.400 ingénieurs sortent actuellement des écoles supérieures marocaines. Avec d'ailleurs des variations très marquées en termes de qualité des cursus. Le gouvernement a rapidement compris l'urgence des déficits visibles en ingénierie technologique, financière, sociale, communicationnelle et culturelle.
À l'horizon 2012, nous devons donc arriver à la cadence de 10.000 ingénieurs/an. Il nous faut, à la même date, former 100.000 techniciens et cadres moyens, soit 10 techniciens par ingénieur. Les centaines de projets de moyenne et de grosse taille ne bénéficient pas majoritairement aux grandes entreprises marocaines. Les sociétés de BTP qui arrivent au milliard de DH ne sont pas légion. Beaucoup d'entre elles continuent à perdre une part substantielle de leurs bénéfices, sinon leur totalité, dans le service des agios, la sous-traitance aléatoire, sans oublier…les «enveloppes» distribuées tout au long de la réalisation des ouvrages.
On dit de l'informel qu'il absorbe les emplois non qualifiés et que, de ce fait, il constitue un excellent amortisseur social. On en a dit tellement de bien que la Banque mondiale a fini par valider son «utilité temporaire». On oublie simplement de signaler le fait que l'argent gagné par les miséreux employés de l'informel n'a aucune chance d'accéder à l'investissement. L'«ascenseur social» ne fonctionne pas à un tel niveau de modestie du pouvoir d'achat. Pas de visibilité fiscale, pas d'épargne et, par conséquent, pas d'investissement, faute de sous-bancarisation. L'éducation et la formation tardent à se mettre à l'écoute du marché.
Formation périmée
On continue à former des milliers de diplômés sans véritable savoir-faire, leur savoir étant «périmé».
Aucune réforme de l'enseignement n'a pu venir à bout de la courte vue syndicale ou de l'approche quantitative des gouvernements. Centralisme, isolement par rapport à l'environnement socioéconomique, mafias des heures supplémentaires, démotivation des chercheurs et tant d'autres maux de cette nature rongent notre système éducatif. L'investissement culturel demeure bloqué par un «mental de la pénurie alimentaire». Tout ce qui sort de la gamme des «besoins primaires» est suspect de non profitabilité. Pourtant, des pays moins lotis économiquement que le nôtre ont apporté la preuve de la haute profitabilité des produits culturels. Tous les théâtres du Caire affichent le plein. L'exportation des produits culturels constitue une part substantielle des gains en devises. Sans compter le marché intérieur qui réagit promptement malgré un pouvoir d'achat détérioré. De plus, la communauté des économistes, toutes tendances confondues, lie aujourd'hui tout développement socioéconomique à un épanouissement culturel. En d'autres termes, former le citoyen à la chose culturelle équivaut à la création d'un marché aussi vaste que celui des «besoins premiers». En éduquant le regard, on boosterait le chiffre d'affaires des paysagistes, des pépiniéristes, des galeristes, des agences de pub, des producteurs de l'audiovisuels…etc. En éduquant le tympan du citoyen, on verrait se multiplier les orchestres symphoniques, les entreprises du show business…etc. En réconciliant le Marocain avec la finesse de sa gastronomie, on redynamiserait des dizaines de métiers de la bouche.
L'autre carence est celle qui a trait à l'engagement modernitaire : La résistance aux procédures normatives dictées par la mise à niveau de la nation par rapport aux standards internationaux est insolente. Elle s'est fortement déployée lors de la mise sur les bans du parlement du nouveau code de la route initié par le talentueux ministre Karim Ghallab. Une telle résistance renseigne sur un mental qui privilégie le confort de la pagaille à l'effort de la démocratique cisaille. «Une nation est ce qu'elle «désire être», disait Napoléon.
«Si les mentalités ont tendance à évoluer lentement par rapport à la vitesse de la globalisation, l'Etat peut parfaitement agir sur les comportements indélicats et les règles du jeu. Il peut accélérer la cadence du développement en dynamisant ses outils de prospective et de réflexion stratégique», nous dit Driss Belkhayat, le président de la section Marrakech du Centre des Jeunes Dirigeants d'entreprises (CJD). L'initiative royale du bilan de «Cinquante ans» doit pouvoir ouvrir la voie «royale» à cet effort vital. Construire les structures d'accueil de la prospérité ne peut obéir à l'improvisation. Ne vaut-il peut-être pas mieux préparer la réussite harmonieuse au lieu de s'auto-intoxiquer par le dogme fallacieux du «succès fou» ?.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.