Sahara marocain : Soutien ferme de Sao Tomé-et-Principe à la marocanité du Sahara    Le Roi Mohammed VI nomme El Yazid Er-Radi nouveau SG du Conseil supérieur des Oulémas    Irlande : Les alliés du Polisario au Parlement font pression sur le gouvernement    Laâyoune : Christophe Lecourtier inaugure l'extension de l'école Internationale française    UGTM : Alakouch favori pour succéder à Mayara    Souss-Massa : le HCP décrypte l'attractivité via les flux migratoires internes    Congo : Denis Sassou Nguesso rempile et prête serment    Gestion urbaine : Rabat se dote d'un jumeau numérique pour piloter son territoire    Paiements. Saham Bank supprime les frais sur les virements, même instantanés    Bourse de Casablanca : clôture en hausse    Efficacité énergétique : les régions en première ligne    Cybermenace : L'OFPPT circonscrit une fuite qui concerne 100 000 prospects    Pourquoi les prix de la viande rouge au Maroc restent élevés malgré les pluies et l'abondance de fourrage ?    Le fabricant français de drones Delair s'implante au Maroc    Espagne : l'épouse de Pedro Sánchez mise en examen dans une affaire de corruption    L'Italie suspend son accord de défense avec Israël    L'Espagne entame officiellement la régularisation de quelque 500.000 sans-papiers    Crise énergétique : Von Der Leyen appelle à accélérer l'électrification de l'Europe    CAN 2025 : Peines confirmées en appel pour les supporters sénégalais    Rabat. SM le Roi Mohammed VI décore Mohamed Yssef et nomme Yazid Er-Radi nouveau SG du Conseil supérieur des Oulémas    Les Lions de l'Atlas défient la Norvège en amical aux États-Unis    Fathi Jamal : le Maroc mise sur ses entraîneurs pour structurer et exporter son savoir-faire    Le Parlement du Wydad enclenche une procédure pour auditer les finances du club    Le 10KM International de Casablanca change de dimension et vise les sommets mondiaux    Sáhara: Santo Tomé y Príncipe apoya el plan de autonomía de Marruecos    Marruecos – Noruega: los Leones del Atlas continúan su preparación para el Mundial 2026    En pleno SIEL 2026, las actividades de Rabat, capital mundial del libro de la UNESCO    Infractions forestières : état des lieux sur les réformes engagées    DGSN-ONDE : partenaires pour la protection des enfants    Double évènement. Lancement de « Rabat Capitale mondiale du livre UNESCO 2026 » à la veille du 31e SIEL    Rabat capitale mondiale du livre : Bensaïd veut faire de la culture un levier économique    Le nouveau spectacle de Booder arrive à Casablanca et Marrakech    CCM: 5 projets sélectionnés pour participer au Marché international du film d'animation d'Annecy    Patrimoine immatériel : Turāth relance le débat sur le patrimoine marrakchi    Jidar 2026 : Rabat s'érige en capitale vivante du street art    Azoulay : nouvelle jeunesse pour le Musée d'Essaouira    Permis de conduire : la NARSA intègre l'intelligence artificielle dans les examens    Yassin Belkhdim brise les codes et vise le Maroc : son rêve est clair    Anderlecht se positionne pour Younes Taha avant le mercato d'été    Adobe Acrobat : une faille activement exploitée menace les utilisateurs    Prévention de la corruption : l'INPPLC élabore un guide pour les opérateurs publics et privés    Insertion des diplômés : une étude nationale d'envergure bientôt lancée    Ligue des champions : les quarts retour démarrent ce soir    Mondial 2030 : Rabat identifie ses détracteurs, une caution historique à l'étude ?    Le ministère des Habous lance l'application « Le Moushaf Mohammadi numérique »    Double attentat-suicide à Blida : la première visite du pape en Algérie perturbée    Cinéma : Le CCM dévoile la liste des projets retenus pour le Festival international du film d'animation    Divorce au Maroc : Les femmes choisissent de partir    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



EN FÊTANT LE 1200ème ANNIVERSAIRE DE Fès : Le Maroc célèbre l'Etat-Nation
Publié dans La Gazette du Maroc le 01 - 04 - 2008

Plus des trois-quarts des pays membres de l'ONU vivent sous l'emprise d'Etats fraîchement constitués. Le Maroc s'est doté d'un Etat central dûment représenté dans les quatre coins de son territoire. Cela ne s'est pas accompli durant la période des indépendances, dans les années soixante du siècle dernier. Cela s'est fait…il y a douze siècles. Cette année, le Royaume fêtera donc en apothéose le 1.200ème anniversaire du premier coup de pioche -Fès en arabe signifie pioche- destiné à bâtir la première capitale du nouvel Etat, c'est-à-dire l'émergence de ce dernier.
Bien sûr que la vie sur cette terre marocaine en société organisée n'a pas commencé à l'avènement de Idriss 1er. Phéniciens, Berbères, Carthaginois, Romains, Vandales, Byzantins et tant d'autres communautés ont traversé, occupé, habité le territoire marocain. Mais l'immigration dans cet extrême occident arabe, en 788, de Driss Ibn Abdallah, échappant à une tentative abbasside d'assassinat, fait figure d'acte de naissance de ce qui deviendra l'Etat (ad-daoula, al Iyala, al Qotr…etc) dans cette partie du Nord-Ouest africain.
L'«Etat-Maroc» est ainsi né de la rencontre du destin d'un homme persécuté avec une terre avenante. N'aurait-il pas subi d'humiliations au sein de la cour abbasside et sa famille n'aurait-elle pas été massacrée à Fakh en 786, Idriss 1er Ibn Abdallah n'aurait sûrement pas regagné Zarhoun deux ans plus tard et son fils n'aurait pas parachevé l'invention de l'Etat marocain, fondamentalement basé sur la baïa (allégeance) mutuelle, sous lequel nous continuons à vivre à ce jour. Il est, en effet, des concordances qui sont enceintes d'enseignements. L'émergence d'un Etat peut ainsi se faire grâce à la rencontre de deux ou trois hommes. Ce fut le cas pour le Maroc : Idriss 1er bénéficia de l'amitié d'un autochtone et de la fidélité d'un compagnon. Un puissant berbère de la tribu des Awraba, Abdelhamid Al-Awrbi, l'adopta assez rapidement et ne tarda point à lui donner en mariage sa propre fille Kenza. En témoignage d'estime et d'attachement aux descendants du Prophète, il lui céda le pouvoir politique et militaire. Son frère de lait Rachid Ben Morchid El Koreichi lui témoigna une fidélité sans faille qui se prolongera pour bénéficier également à son fils Idriss II. Empoisonné en 793, c'est, en effet, le fidèle Rachid Ben Morchid qui rattrapa et tua à Oujda (appelée alors El Hira) l'assassin de Idriss 1er, un agent abbasside dénommé Souleyman Ben Djaber-en-Nabdi-el-Zindi. Idriss II mourra à trente-six ans. Mais il gouverna durant un quart de siècle. En bâtissant Fès, il bâtit, en vérité, l'Etat national qui servira de récipient à six grandes dynasties dont le rayonnement fera des percées dans les cinq continents sur une période de douze siècles. La dynastie Idrisside durera ainsi jusqu'en 1055. Elle sera remplacée par celle des Almoravides (1055-1144) qui bâtirent Marrakech, puis par celle des Almohades (1147-1269), celle des Mérinides (1269-1529), celle des Saâdiens (1529-1654) et, enfin, par les Alaouites.
Destin transculturel
Idriss II restera une figure unique dans le palmarès des souverains qui se sont succédés sur le trône marocain depuis 1200 ans. Il est, à notre connaissance, l'unique souverain marocain à avoir bénéficié de la Baïa (allégeance) à cinq reprises, tant il était attendu par les populations : à sa naissance, à son sevrage, à la récitation du Coran par cœur, à la fin de son premier sermon d'imam et, enfin, à son intronisation. Le choix du thème « 12 siècles de la vie d'un Royaume » met tout naturellement Fès au centre de cette manifestation. Fès est née simultanément avec la création de l'Etat. Ainsi, en fêtant les 1.200 ans de Fès, on fête, en réalité, la naissance du pacte qui scelle à ce jour le destin transculturel du peuple marocain à la pérennité de la monarchie dans notre pays. La baïa marocaine est une allégeance mutuelle. Elle ne saurait être à sens unique. Cette conception de la monarchie marocaine l'a faite qualifier de « citoyenne » par le Roi Mohammed VI qui s'est autoproclamé lui-même « Roi-citoyen ». Dans son premier sermon politico-religieux, Idriss II affirma : « Ce n'est point l'ambition ou quelque désir irraisonné pour la grandeur qui me motive pour vous servir. Je n'aspire qu'à servir l'équité parmi vous. Et cela constitue le fondement de ma mission parmi vous ». Dans le message qu'il adressa à l'occasion du lancement des cérémonies marquant la fondation de la ville de Fès, le Roi Mohammed VI a traduit ce même esprit en soulignant l'importance de cet anniversaire. Aussi, le Souverain a-t-il noté que la création de la ville de Fès a été assurément « un événement majeur qui a marqué une étape décisive dans le long processus de gestation et d'émergence d'un Etat-Nation marocain, libre de toute sujétion ». La configuration monarchique inventée par les deux Moulay Idriss est ensuite rappelée avec force : « C'est un Etat uni par l'islam sunnite qui prône le juste milieu, et par la monarchie fondée sur les liens mutuels de la Baïa légitime, scellés entre le Trône et le peuple, un Etat issu du brassage fécond et harmonieux de ses composantes amazighe et arabo-islamique ». Une phrase dont l'authenticité historique, la pertinence juridique et la clairvoyance politique sont parlantes. L'authenticité historique réside dans le fait tangible que le combat premier de Idriss 1er fut celui du sunnisme opposé au kharijisme. Idriss 1er combattît ce dernier avec force et son fils amplifia ce combat. La pertinence juridique tient de la définition de la monarchie telle qu'elle nous est livrée par Mohammed VI. C'est une «monarchie fondée sur les liens mutuels de la baïa légitime scellés entre le Trône et le Peuple ». Le vocable « mutuels » prend tout son sens dans ce contexte.
Brassage fécond
et harmonieux
Quant à la clairvoyance politique, elle transperce fortement à travers la définition de l'Etat transculturel, « un Etat issu du brassage fécond et harmonieux de ses composantes amazighe et arabo-islamique ». Les différentes manifestations programmées pour fêter les 1.200 ans de Fès et, in fine, la création de l'Etat marocain ne constituent nullement un luxe. L'Etat-nation marocain est un acquis précieux qui a été arraché à l'histoire au prix de mille souffrances collectives. La gestation de l'Etat-nation chez les écorchés vifs que sont nos voisins algériens, doit pouvoir constituer un objet de méditation pour ceux qui ne savent pas apprécier les acquis historiques. Ici même, il y a déjà douze siècles, nous avons décidé de vivre en commun, en s'acceptant les uns les autres. Cela dure encore. Cette chance-là, au bas mot, les trois-quarts des membres de l'ONU ne l'ont pas encore !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.