Résolution du PE: un eurodéputé prend la défense du Maroc    Benmoussa devant les diplomates: mais où sont passés les ambassadeurs d'Espagne et d'Allemagne?    Charte des services publics: le projet de loi adopté à l'unanimité par la 2ème Chambre    Marhaba 2021: les premiers MRE débarquent à Ouarzazate !    La Bourse de Casablanca finit en repli    Les coulisses de la visite d'Ismaël Haniyeh au Maroc    Israël lance une page Facebook dédiée au Maroc (PHOTO)    Euro 2020: les chances de qualification de la Turquie compromises (VIDEO)    Sergio Ramos quitte le Real Madrid    Yassine Bounou dans le viseur de trois clubs anglais    Maroc/Covid-19: le nombre de personnes complètement vaccinées à ce jour    CAN 2021 : Les Ecureuils du Bénin éliminés par les Leone Stars    Nordin Amrabat : "Il y a un certain intérêt de clubs de laLiga"    Botola Pro D1 :Le programme de la 22e journée    France. M'jid El Guerrab interpelle le ministre de la Santé sur la non-reconnaissance du vaccin de Sinopharm [Vidéo]    OCP et l'américain BCG proposent une offre unique dans le domaine de la maintenance et de la numérisation industrielle    Le monde de Julie Guégan    Avec un système audio de pointe sur sa nouvelle gamme : Ford séduit les mélomanes    Ismail Sqarou : «La Dekka est l'enfant légitime de Taroudant en termes de patrimoine»    Trois astronautes chinois dans la station spatiale    L'Algérie face à ses démons    Euro 2020 : La Hongrie craque en fin du match face au Portugal    Energies renouvelables : le Maroc se relance dans l'hydrogène vert    Adoption finale du projet de loi sur l'usage légal du cannabis    Lancement d'une campagne contre la privatisation de la plage d'Aïn Diab    Le nouveau modèle de développement ne fait pas l'unanimité    Le roi Mohammed VI félicite le premier ministre israélien    Profonds désaccords et faibles attentes    Quand on aime la vie, on va au musée    Edition: Lever l'hypothèque sur l'université    Le Nigeria s'apprête à construire le gazoduc avec le Maroc    L'agent de Hakimi confirme son départ !    Agrégation agricole: un nouveau dispositif réglementaire pour des projets d'agrégation de nouvelle génération    Législatives algériennes: 23% de participation, abstention historique et massive    Les hôtels Accor se mobilisent pour favoriser l'accueil des Marocains résidant à l'étranger    Marocains de l'étranger : dix-sept villes annoncées pour la quarantaine obligatoire    Covid-19 en France : plus de masque en extérieur, levée du couvre-feu dans quelques heures    Services juridiques à distance: lancement d'une nouvelle plateforme au profit des MRE    Averses orageuses localement fortes durant 48 heures dans plusieurs provinces marocaines    Privé : Akdital poursuit sa marche pour s'accaparer 20% de la capacité litière nationale    Sahara : Large soutien au Maroc à l'ONU    Le Maroc et la Serbie dans une approche tridimensionnelle pour l'Afrique, dit El Malki    Le roi Mohammed VI félicite le nouveau Premier ministre isralien Naftali Bennett    "African Lion 2021": une délégation militaire maroco-américaine visite l'hôpital de campagne près de Tafraout    MRE: l'ONCF lance un plan spécial    «Méditations et médisances»    «Soufi, mon amour» en tournée au Maroc    Action citoyenne : des livres pour les écoles primaires, les collèges et les lycées les plus défavorisés au Maroc    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Houssein Miloudi : l'ermite d'Essaouira
Publié dans La Gazette du Maroc le 20 - 06 - 2008

Discret, à l'écart du brouhaha spéculatif et médiatique, Houssein Miloudi reste l'un des grands noms de la peinture marocaine. Portrait.
«J'ai un rapport très étroit avec ma ville Essaouira à tel point que je ne peux pas m'en détacher. Je la considère comme ma source d'inspiration. De temps en temps, je vis dans ce que j'appelle Essaouira souterraine, Essaouira invisible et j'ai trouvé les issues pour y pénétrer. C'est ma «Essaouira magique». Le propos est bref, laconique et claire. Il résume le rapport qu'entretient l'artiste avec une ville dont le nom est Image. Fruit d'un père berbère, commerçant prospère, et d'une mère originaire de Tafilalet, forte personnalité mariée en première noce avec un européen, Houssein Miloudi a ouvert ses yeux à Mogador. Après le Msid, l'école coranique, et son univers de tablettes, Salasal, encre smakh et plumes de roseau, il fréquente le primaire et débarque, en interne, à El Jadida. C'est là que monsieur Hennioui, le proviseur du lycée, décèle chez lui un potentiel artistique et finit par convaincre si Brahim de le laisser librement choisir sa destinée. Dans sa tête, elle était déjà toute tracée. Et le voila, au début des années soixante dix, à l'école des beaux arts de Casablanca. La critique Toni Maraini, son professeur, note qu' «il fut certainement celui qui a le plus tiré profit du climat insurrectionnel de cette école contre l'art post orientaliste de l'époque». Dès cette période, il façonne un imaginaire créatif et les ébauches d'un style propre qu'il confronte, pendant deux ans à Paris, aux expressions plastiques les plus contemporaines.
L'œuvre ouverte
De retour de ce triple exil, El Jadida, Casablanca, Paris, il s'installe, début des années soixante dix, dans sa ville qu'il ne quitte que rarement, fuyant vanités, mondanités et médias. Discret, timide, solitaire et décalé, Houssein Miloudi vit entouré de curiosités : Vieux livres reliés, verres de cristal, photos jaunies, coffrets de disques 78 tours, une profusion de clefs et une infinité de montres de toutes formes et genres. Les timbres d'une horloge rythment les jours et les nuits, et extirpent le visiteur de ses rêveries. Quant à l'horloge de la place, ses aiguilles se sont arrêtées depuis belle lurette. L'ermite voyage dans ses tableaux qu'il met beaucoup de temps à réaliser en compagnie de son fidèle assistant, le peintre Aziz Bidar. Des œuvres qui naissent dans la douleur, l'angoisse et les tourments. Pour ne pas s'en détacher, il ne cesse de les retoucher, de les revisiter à l'image d'un moine bénédictin et copiste au chevet de son palimpseste. Talismans, bijoux, tatouages, alphabet Tifinagh et calligraphie arabe style du Fqih, signes, symboles tel le mausolée…Les toiles de Houssein Miloudi sont des archétypes de l'imaginaire Souiri et, au-delà, marocain. Un monde magique, merveilleux, sublime, fantastique et ésotérique hanté par des êtres hybrides et des oiseaux entre la quête des cieux et la chute vertigineuse dans des abîmes abyssales. D'un coté des tons pastels, joyeux à la Juan Miro, de l'autre des seines apocalyptiques du jugement dernier à la Bruguel. Le regretté Mohamed Kheir- Eddine, l'un de ses amis poètes avec Bennis, Nissaboury et Laâbi, note qu'il s'agit d'«une charge de signes immémoriaux qui contiennent la mémoire des terres natales, couleurs discontinues qui frémissent en un long murmure et qui disent le secret du chaos original». Indissociables, Miloudi et son œuvre sont le reflet d'Essaouira. Cité jalouse de son identité marocaine et en même temps ville ouverte -comme son atelier de la Scala- aux vents de l'Atlantique, aux alizés d'ailleurs, ouverte au monde.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.