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Immigration: Un visa pour le néant...
Publié dans La Gazette du Maroc le 30 - 01 - 2009

Candidat à l'immigration, méfiez vous ! Si pour certains, quitter le Maroc pour un autre pays est un rêve, des agents d'immigration douteux sévissent dans le royaume en usant du mythe de l'eldorado. Entre véritable escroc et agents autoproclamés, cette activité suscite de nombreuses vocations. ■
Imaginez que vous souhaitez quitter le Maroc pour un autre pays. Australie, Canada, Angleterre etc… un pays où les conditions de vie semblent plus faciles, trouver un travail bien payé abordable et où de nombreux immigrés ont réussi. Au vu des formalités à remplir et de la difficulté de trouver la bonne information, vous vous découragez. C'est à ce moment qu'intervient toute une horde d'agents d'immigration, de cabinets d'expert en immigration ou encore tout simplement de véritables escrocs. Le cas le plus courant est celui de l'agence d'immigration avec ses drapeaux de toutes les couleurs. Elle demande de remplir des formulaires, assure de bien connaître le système mais ne donne pas plus d'explication sur les méthodes. Les premiers frais de dossiers arrivent rapidement puis finalement la «démarche est en route». On vous fait attendre plusieurs années, on vous demande de nouveaux frais, et on vous assure que le dossier aboutit. Finalement, la réponse est négative, votre dossier n'est pas recevable. Des agences comme cela dans le royaume, il y en a plein. Certaines sont légales et sont reconnues par le pays pour lequel elles proposent leurs services. Mariam Laakad d'Accès Canada, firme spécialisée en immigration francophone est conseillère commerciale. Son agence est reconnue par les services d'immigration canadien et possède un numéro de licence, preuve de la légalité de ses services. «Il faut de toute façon être de la nationalité du pays pour exercer cette activité», précise-t-elle et d'ajouter que « si le cabinet n'est pas détenteur d'un numéro de la société canadienne de consultants en immigration (SCCI), elle n'est pas reconnue et ne peut soumettre de dossiers aux autorités d'immigration canadienne». Le phénomène a tellement pris d'ampleur, que l'ambassade du Canada au Maroc a décidé de communiquer sur ces fraudes. Que ce soit pour n'importe quelle destination, sans passer par une agence reconnue par le pays, il n'y a aucune chance que votre dossier aboutisse. Les agences légales voient souvent défiler des candidats qui attendent depuis des années que leurs dossiers avancent. Pourtant, lorsque l'on connaît la difficulté d'émigrer dans ces pays lorsque l'on vient du Maroc, la recette miracle fortement tarifée ne laisse plus de doute sur l'ampleur de l'arnaque. Khalid Boukhari, le seul agent d'immigration autorisé au Maroc par les services d'immigrations d'Australie a vu plusieurs de ces victimes venir dans son cabinet pour se plaindre. Il ne peut que leur expliquer qu'il s'agit d'une arnaque.
C'est en tombant sur une publicité vantant l'accès au visa vers l'Australie sans numéro d'identification que Khalid Boukhari a compris qu'il s'agissait sûrement d'un escroc.
De l'activité non réglementée à l'escroquerie
La publicité diffusée dans le magazine Najma et dans Al Massa est d'ailleurs illustrée par le symbole d'une compagnie aérienne australienne… Qantas Air Lines. Peut être parce qu'il y figure un kangourou. Contacté par la rédaction, ce type de cabinet d'immigration propose son service dont le droit d'entrée d'étude de dossier s'élève déjà à une centaine de dirham avant même d'avoir donné votre nom. Et des escrocs, il y en a foisons. Un homme pratiquerait son activité à rabat. D'après les victimes qui ont rapporté leurs malheurs, le scénario est toujours le même. Rendez-vous pris pour les formalités, l'escroc, australien d'origine irakienne accorde ses rendez-vous dans des villas de Rabat louées à la journée tout comme la berline imposante et l'agent de sécurité. Une fois l'argent déposé, la victime se retrouve sans visas ni moyen de récupérer son argent. Un autre cas, quasiment similaire, était celui d'un «agent» qui préparait ses dossiers sur son site Internet et louait un bureau au Twin Center de Casablanca pendant deux semaines, au cours desquelles il recevait les pré-candidats contactés par Internet et encaissait les frais de dossiers avant de disparaître. Ce type d'escroc profite de deux éléments distincts. D'une part, la crédulité et l'ignorance des victimes. Ils promettent un avenir meilleur et une nouvelle vie dans un pays de rêve. Comme le précisaient Khalid Boukhari tout comme Mariam Laadek, l'Australie et le Canada demeurent des pays d'immigration par excellence dans le monde, mais les conditions d'obtention de visas sont restreintes.
Crédulité et faille juridique
Les critères d'éligibilité sont complexes, les démarches rigoureuses et malheureusement, l'opinion publique n'est pas bien informée et se trouve facilement arnaquée. Les services d'immigration privilégient d'ailleurs les profils à compétences élevées et bien spécifiques. Cette année 2008, 53 marocains ont obtenu un visa pour l'Australie. En tant qu'agent autorisé, Boukhari a constaté que les chances pour des marocains d'immigrer en Australie sont si minces que l'activité n'en vaut pas la peine dans le pays. Deuxièmement, il existe au Maroc un vide juridique en matière d'octroi des autorisations d'exercer le métier de chargé d'immigration vers l'étranger. Cette absence de réglementation laisse donc un vide béant donnant la possibilité à n'importe qui la possibilité de créer une agence d'immigration et d'exercer ce métier sans pour autant être connaisseur en la matière. «Aucun texte de lois ne régit ce métier, aussi le candidat à l'émigration se trouve exposé aux risque d'arnaques et de malversations», précise Boukhari. Une seule solution, ne pas se fier aux publicités et demander à l'agent ou au cabinet son numéro d'autorisation d'exercer par le pays d'immigration.
Un deuxième serait que le gouvernement mette en place une réglementation face à cette activité et ne laisse plus ainsi de telles malversations exister avec le cautionnement de l'Etat. ■
Internet. Une arnaque en 2.0.
L'arrivée d'Internet a permis à ces escrocs de toucher encore plus de monde. Les sites de ces spécialistes de l'immigration foisonnent et semblent tout à fait régulier lorsque l'on n'y connaît rien. Les agents ont donc une vitrine sur le web pour prendre contact, en mettre plein la vue et ratisser de façon large leurs victimes. De plus, en circulant sur les forums marocains, on ne compte plus les postes de candidats d'un jour prêts à tout pour que leur candidature soit acceptée par ces pseudos délivreurs de visas et contrats. Cette jeune population ivre de l'étranger, passe son temps sur le web à flâner et ne peut qu'être séduite par des offres si attirantes qu'on ne peut y résister.
Témoignages
Said I. Je suis âgé de 26 ans, cadre dans le secteur bancaire et actuellement installé à Salé, ville où je suis né.
Je me suis inscrit dans une agence pour l'immigration au Canada en juin 2002, époque où j'étais jeune diplômé à la recherche de travail. Depuis, mon envie de partir est toujours la même. Les conditions étaient : diplôme d'études supérieures, parler français et anglais, de préférence célibataire ou ayant des enfants en bas âge (pour qu'ils puissent s'intégrer en arrivant). Les frais de dossier sont de l'ordre d'un peu plus de 20. 000 DH, dont le règlement est réparti en plusieurs fois. La durée moyenne entre le moment où l'on remplit le dossier et le moment où on prend l'avion est de 2 ans. Malheureusement, ça n'a pas été le cas pour moi ! Même si je sens que ça approche, puisque j'ai un rendez-vous en février pour l'examen médical.
Adil T. Je devais aussi remplir une fiche de candidature qui me serait expédiée par mail. Il me fallait juste envoyer d'abord 150 Euros de frais de dossier et d'expédition via DHL. A réception de ce dossier et du fric bien sûr, je devais recevoir mon visa. Une fois tout cela fait, le bonhomme se chargeait de m'expédier mon billet d'avion et le contrat de travail.
Après avoir bêtement payé les 150 euros, j'ai reçu une autre lettre qui m'informait qu'une fois au Canada, M. Duparc «prélèvera sur votre salaire pendant 18 mois l'équivalent de 1000 dollars canadiens, du fait que c'est moi qui assure toutes les démarches et achète votre billet. Si vous êtes prêt je vous prie de prendre contact avec mon représentant pour l'Afrique francophone, c'est lui qui se chargera de votre dossier. C'est a lui que vous devez expédier l'ensemble de votre dossier. Une fois cela fait, il me transmet ses conclusions et je tiens prêt votre billet d'avion, contrat de travail...»


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