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Chauffe-eau à gaz : les petits prix qui coûtent chers
Publié dans La Gazette du Maroc le 13 - 03 - 2009

Des morts par dizaines et des asphyxies à la pelle à cause des chauffe-eau commercialisés à bas prix et qui, selon beaucoup d'observateurs, ne répondent pas aux normes reconnues. Chiffres et rapport accablants.
Quoi de plus agréable que de prendre une douche ou un bain chaud chez soi après une rude journée ? Pourtant, ce petit plaisir est devenu ces dernières années source de malheurs.
Déjà, en 2006, au cours d'une conférence de presse, à l'occasion de son 10ème anniversaire, la «Ligue nationale de la protection du consommateur» a présenté un rapport sur la situation de la consommation au Maroc au titre de l'année 2005. Entre autres phénomènes extrêmement nuisibles, l'accent a été mis sur le phénomène des chauffe-eau défaillants, beaucoup plus que les intoxications et la hausse du coût des communications téléphoniques. Selon ce même rapport, l'année 2005 a été marquée par les accidents causés par des chauffe-eau défaillants, précisant que 49 personnes sont mortes par asphyxie cet hiver, des suites de fuites de gaz de ces appareils.
Les engins qui sont les plus pointés du doigt sont les chauffe-eau «made in China» qui ont fait officiellement 29 victimes au Maroc en décembre 2008. Dans la réalité, les cas d'asphyxie sont beaucoup plus nombreux.
Les importateurs continuent tranquillement à écouler leur marchandise à Derb Omar et ailleurs dans une activité fébrile, motivée par les prix relativement bas de ces appareils : entre 1.000 DH et 1.500 DH pour une fabrication européenne contre 600 DH pour un produit chinois.
Chiffres alarmants
29 personnes asphyxiées selon le ministère du Commerce, chargé du contrôle qualité, mais la presse en évoque une centaine. Dans la nuit du 13 au 14 février dernier, à Oujda, les services de police du premier arrondissement ont trouvé une femme de 37 ans et ses deux filles nées en 1994 et 1997 mortes dans leur domicile. Sanaâ, qui prenait une douche, a péri suite à une asphyxie après que le gaz se soit insidieusement mêlé à l'eau chaude, et 4 jeunes hommes ont péri à El Jadida en inhalant les gaz dégagés par un chauffe-eau importé de Chine. Le ministère du Commerce, face à la colère justifiée de la population, contre le phénomène de «ces douches mortelles» avait appelé au calme en affirmant que les contrôles effectués n'ont montré aucune défaillance. Il s'agissait, selon la version officielle d'erreurs d'installation. «Les 100 appareils contrôlés sont conformes aux normes de sécurité. L'erreur provient de leur installation dans des endroits non aérés», expliquait le directeur de la Normalisation au ministère du Commerce. Mais certains douaniers hésitent à épouser cette thèse. À Marrakech, le 16 novembre 2005, quatre colocataires ont inhalé du gaz échappant de ces appareils. Deux sont morts et les deux autres sont devenus tétraplégiques.
Faute de l'utilisateur ? Mais quelle explication donner au nombre grandissant des morts en peu de temps ? Ils ne sont quand même pas donnés rendez-vous avec la mort sous la douche chauffée par un appareil de fabrication chinoise ? Le drame d'El Jadida se présentait ainsi, comme l'affirmait le père de l'une des victimes. Les quatre jeunes locataires avaient toujours pris leur douche normalement, pendant un an et demi. Si défaut d'installation il y avait, il aurait été constaté le premier jour. Mais c'est 18 mois après, que le soir du drame, un de ces jeunes a été retrouvé mort sous la douche et les trois autres inertes dans leurs lits. La police a affirmé que les victimes ont inhalé du gaz en plein sommeil. Ces mêmes chauffe-eau, dans cette même ville avaient fait 9 victimes en 6 mois. Hécatombe ? Pourtant, les chauffe-eau de bonne qualité et de fabrication garantie, même dans des locaux mal ou non aérés, cessent de dégager du monoxyde de carbone quand l'oxygène commence à manquer. Ils ont des dispositifs de sécurité qui éloignent tout danger même dans un endroit hermétique, selon des commerçants avisés. La plupart des victimes de ces accidents n'ont rien senti parce que ce gaz est inodore. Moralité, la mort à petit feu et aux grandes bouffées de gaz s'achète… à bas prix. ■
De 25.000 à 65.000 unités
La conquête commerciale de la Chine, entamée en 2003, a accéléré les importations des chauffe-eau à gaz. En peu de temps, elles ont été multipliées par trois, passant de 25 000 à 65 000 unités. Cette forte demande est due au pouvoir d'achat qui est faible au Maroc. Un chauffe-eau bon marché est commercialisé aux alentours de 450 DH. Mais il coûte 1850 DH pour la marque allemande Junkers, l'Espagnole Fagor 1.500 DH ou 1350 DH pour le Français, Chaffoteaux & Maury.
Préoccupation des douaniers
Les services de la douane au port de Casablanca d'où transitent les centaines de containers en provenance de Chine, manifestent une certaine préoccupation quant au phénomène. Mais que faire ? Pour tout enlèvement, un certificat de conformité est exigé à l'importateur ou à son transitaire. La direction de la Normalisation au ministère du Commerce le leur délivre, malgré le nombre croissant des victimes et les scandales qui en découlent. Mais, même face aux pertes humaines, la douane ne peut refuser l'enlèvement face au certificat délivré, car elle n'a aucune autorité sur la direction qui effectue ce contrôle. Faute de moyens de contrôle performants, l'importation continue, les commerçants de Derb Omar et de Médiouna font leur beurre et la liste des victimes s'allonge.


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