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“Tabarak n'a jamais été le garde du corps de Ben Laden”
Publié dans La Gazette du Maroc le 26 - 07 - 2004

Entretien avec Me Abdelfettah Zahrach, avocat de Abdellah Tabarak
Me Abdelfettah Zahrach est catégorique quant au non-fondé des accusations retenues contre ses deux clients, Abdellah Tabarak, le présumé garde du corps de Ben Laden, et Mohamed Mazouz, les deux extradés de la base de Guantanamo. Dans cet entretien, il dévoile le périple de ces deux présumés terroristes, leur histoire, ainsi que les charges qui pèsent sur eux. Entretien.
La Gazette du Maroc : Votre nom a été souvent collé aux procès du terrorisme au Maroc. Après Pierre Robert Richard, les jumelles kamikazes, vous aviez été appelé à défendre Abdellah Tabarak, le présumé garde du corps de Ben Laden, ainsi que Mohamed Mazouz, un autre extradé de Guantanamo. Qu'est-ce qui justifie ces choix ?
Me Abdelfettah Zahrach : Je suis un avocat qui défend les droits de chaque accusé jusqu'à ce que sa culpabilité soit démontrée et prouvée. Les procès que vous venez de citer n'ont rien à voir avec mes convictions personnelles dont j'assume l'entière responsabilité. Comme chaque avocat qui se respecte, je ne me suis jamais intéressé ni aux croyances, ni à la nationalité de mes clients qui m'ont chargé de les représenter devant la justice. Ce qui compte pour moi, par contre, c'est que la justice doit être équitable et juste.
Vous n'avez pas encore répondu à ma question… ?
Mes choix je les assume pleinement et il n'existe aucune loi qui m'interdise de plaider la cause de ces gens que vous venez de citer. Toutefois, je précise que dans le cas du Français Pierre Robert Richard, c'était lui qui m'avait désigné pour assurer sa défense lors de la première audience à la Cour d'appel de Rabat. Pour rappel, l'affaire de Pierre Richard a été celle qui a inauguré le long feuilleton judiciaire des terroristes impliqués dans les attentats du 16 mai à Casablanca. Depuis, l'attention s'est portée sur moi et j'ai été contacté pour d'autres affaires, comme celle des sœurs jumelles, Sanâa et Imane Laghrissi, dont les parents ont aussi opté pour mon modeste cabinet. Et à ce sujet, je tiens à souligner que le procès de ces deux enfants restera dans les annales de la sombre histoire de notre justice qui a condamné deux petites fillettes qui n'étaient réellement que deux victimes de la société qui les a ignorées et les a laissées souffrir toutes seules au lieu de les prendre en charge.
Et qu'en est-il de Abdellah Tabarak et Mohamed Mazouz. Vous a-t-on contacté également ?
Dans toutes les affaires judiciaires, le premier contact se fait toujours à travers les familles des inculpés. C'est un procédé courant que connaissent tous les avocats du milieu. Après leur extradition de la base de Guantanamo, j'ai été engagé par les parents des deux accusés pour assurer leur défense. À ce stade-là, comme le stipule l'article 1 de la procédure pénale, l'accusé est toujours innocent jusqu'à preuve du contraire.
Venant aux faits Me Zarhach. Que reproche-t-on concrètement à vos clients Abdellah Tabarak et Mohamed Mazouz ?
Les chefs d'accusation sont absurdes et montés de toutes pièces. Ils vont de la constitution de bande criminelle pour préparer et commettre des actes de terrorisme à l'intention d'exécuter un projet collectif ayant pour objectif de porter atteinte à l'ordre public, faux et usage de faux en passant par leur appartenance à une organisation interdite et non autorisée. Ce sont des charges très lourdes dont les autorités judiciaires n'ont présenté jusqu'à présent aucune preuve démontrant leur réelle culpabilité. Mes clients ont été arrêtés abusivement en Afghanistan, incarcérés abusivement dans une base militaire, où ils ont subi toutes sortes de tortures, extradés et jugés aujourd'hui pour des supposés projets qu'ils n'ont jamais eu l'intention d'exécuter.
Pourquoi êtes-vous tant sûr de leur innocence ?
Ecoutez, je suis même certain de leur innocence. Mes deux clients ont passé plus de trois années à Guantanamo durant lesquelles les Etats-Unis n'ont trouvé aucune preuve de leur appartenance au mouvement d'Al Qaïda. Sinon comment expliquer leur extradition au Maroc. Je ne suis pas en train de plaider dans une Cour, mais depuis que j'ai consulté leurs dossiers respectifs, qui sont vides de toute substance, je peux vous confirmer que les chefs d'accusation retenus contre eux sont infondées, voire abusives. Abdellah Tabarak et Mohamed Mazouz ont été enlevés par des militaires en Afghanistan qui les ont torturés pendant toute la durée de leur détention à Guantanamo. Jusqu'à présent, ils portent des séquelles physiques et morales qu'ils n'oublieront pas tant qu'ils sont en vie. À mon avis, ce dont ils ont besoin aujourd'hui c'est une assistance médicale et thérapeutique pour apaiser leur souffrance. Et non pas une détention arbitraire et injuste dont ils ont fait l'objet depuis leur remise aux autorités marocaines.
Qu'est-ce qu'ils ont raconté à propos de leur séjour à Guantanamo ?
Ils m'ont raconté des choses horribles que je vais résumer ainsi : la torture et rien que la torture jour et nuit. Surtout pour le cas de Abdellah Tabarak, celui qu'on a baptisé “l'émir” qui a sauvé le “cheikh” Oussama Ben Laden. À ce propos, je peux vous assurer qu'il n'a jamais été le garde du corps de qui que ce soit. Et c'est lui qui me l'a assuré. Son cas est plutôt anecdotique. En fin 2001, il a été “vendu” et présenté ainsi aux soldats américains par un Pakistanais en contrepartie de 5000 dollars américains. C'était l'époque où toutes les têtes du mouvement terroriste Al Qaïda ont été mises à prix. Depuis, son nom et son identité ont été balancés à la presse qui en a fait ce héros, malgré lui, capturé en pleine montagne avec le téléphone cellulaire d'Oussama Ben Laden, ce qui a permis à ce dernier d'échapper à l'armée américaine. Après 1 mois et demi passé dans les prisons à Kandahar en Afghanistan, en compagnie de Mohamed Mazouz déjà arrêté, ils ont été transférés à la base de Guantanamo, où ils ont passé des années de détention avant d'être livrés aux autorités marocaines.
Et qu'est-ce qui s'est passé par la suite ?
Rien d'extraordinaire. Arrivés au Maroc au début du mois d'août, ils ont été placés en détention à Casablanca pour être par la suite interrogés par les éléments de la brigade nationale de la police judiciaire pour enquête préliminaire. Seul point positif, ils n'ont subi aucune pression de la part des enquêteurs qui les ont présentés, après achèvement de l'enquête, devant le procureur général du Roi près la Cour d'appel de Rabat, qui les a déférés, à son tour, devant le juge d'instruction pour enquête approfondie sur les actes qui leur sont reprochés. Ce dernier leur a refusé la liberté provisoire, comme c'est le cas des autres prévenus, et il est prévu une nouvelle audition le 15 septembre prochain. Ils sont aujourd'hui détenus à la prison civile de Salé où ils sont traités comme tous les autres prévenus de droit commun.
En réclamant la liberté provisoire pour vos clients, êtes-vous sûr de plaider la bonne cause dans ce procès ?
Oui, j'en suis même convaincu. Même si le juge d'instruction de la Cour d'appel de Rabat me l'a refusée, je réitérerai ma demande lors de la prochaine audience prévue la semaine prochaine. En toute mon âme et conscience, je suis persuadé de leur innocence qui, jusqu'à preuve du contraire, n'ont commis aucun crime qui justifie leur détention. La plupart de leurs ex-compagnons de prison extradés vers leurs pays d'origine ont, tous, ou presque, bénéficié de la liberté provisoire en attendant de passer devant leurs juges. Pourquoi donc la justice marocaine ne leur accorde pas ce bénéfice du doute.
Vous êtes d'obédience socialiste, en l'occurrence membre du PADS (Parti de l'avant garde démocratique et socialiste ), et vous défendez pourtant les islamistes. Comment justifiez-vous cette contradiction ?
Je suis avant tout autre chose un avocat qui ne choisit pas ses clients selon leur appartenance. Je vous le répète, ce sont les familles des deux détenus qui m'ont chargé de cette mission dont j'espère un bon dénouement.


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