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Environnement : 17 millions de mètres cubes de sable utilisés dans le BTP proviennent de l'informel
Publié dans La Vie éco le 22 - 02 - 2010

Le sable provenant de sites non autorisés, dont les plages, représente 80% de ce qui est consommé par le BTP
Un projet de loi sur l'exploitation des carrières sera présenté au courant de l'année.
Les nombreux chantiers de construction ouverts un peu partout dans le pays, que ce soit de logements ou d'infrastructures, ne font pas que des heureux, surtout chez les écologistes et tous ceux qui sont soucieux de la protection de l'environnement. C'est que le sable, une des principales matières premières dont la demande augmente de 4% en moyenne selon les professionnels, est exploité de manière sauvage dans certains endroits. D'après les estimations des industriels et du ministère de l'équipement, entre 60 et 80% du sable utilisé dans le BTP au Maroc proviennent des plages et du cordon dunaire en littoral. Cela représente 13,2 millions à 17,6 millions de m3 en 2009.
Or, cette exploitation a été interdite en 1986, à l'exception de deux sites dont l'un a finalement été interdit d'exploitation en 2006, par la circulaire n°1332 du ministère de l'équipement, et ce, pour des raisons essentiellement environnementales. Néanmoins, une extraction incontrôlée et parfois sauvage s'est largement développée et a entraîné la défiguration de nombreuses plages, comme les zones de Zenata, Oualidiya et Larache. Les fraudeurs ont leurs méthodes : ils opèrent les jours fériés, les week-ends et la nuit, et changent régulièrement de site pour échapper aux contrôles. «Ce pillage porte gravement atteinte à l'état physique et à l'équilibre écologique de larges zones côtières», précise un professionnel contacté par La Vie éco. Toutefois, la circulaire n°1332 n'interdit pas l'exploitation du sable sur un terrain privé. Ainsi, tout propriétaire d'un terrain côtier est en droit d'exploiter le sable qui s'y trouve à des fins commerciales. Pour Mustapha Meftah, directeur délégué de la Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP), il est temps «de réglementer le secteur et d'entrer dans un cercle vertueux».
Le sable de dragage et de concassage comme solution de remplacement du sable littoral
La Fédération marocaine de la construction (FMC) milite également pour un marché organisé et des produits normalisés. Car l'un des risques générés par l'utilisation du sable fourni par l'informel est de se retrouver avec un produit de mauvaise qualité, étant donné l'absence d'analyses et de contrôle du sable extrait. Par exemple, le sable du littoral contient une quantité importante de silice qui nuirait à la qualité du béton, et donc à la solidité des bâtiments. De même, ces carrières exploitées illégalement ne sont soumises à aucun suivi, aucune étude d'impact sur l'environnement et donc aucune obligation de réhabilitation à la fin de l'exploitation. A titre d'information, une carrière de sable peut être exploitée en moyenne entre 5 et 50 ans.
Pour résoudre cette problématique, les industriels, dont les cimentiers qui fabriquent aussi du béton prêt à l'emploi à base de sable, ont proposé aux autorités deux solutions : le sable de concassage et le sable de dragage. Le premier est extrait soit de roches massives concassées, soit de zones alluvionnaires (grands oueds). 1 380 carrières ont été recensées, mais seulement une centaine est réellement opérationnelle. Pour l'heure, les exploitants sont regroupés dans une dizaine d'associations régionales. Afin de renforcer leur poids, une fédération nationale est en cours de constitution. Quant au dragage, il consiste à prélever des matériaux du fond de la mer, entre autres, pour maintenir les ports à une certaine profondeur et permettre le passage des navires. Dans les deux cas, le sable est traité pour répondre aux normes de qualité en vigueur.
Le projet de loi prévoit, à l'encontre des fraudeurs, une amende qui peut aller jusqu'à un million de dirhams
Une seule entreprise opère actuellement dans le sable de dragage, Rimal, filiale de Drapor privatisée en 2007. Rimal produit 1,5 million de m3 de sable par an, selon Hassan Jai, président du directoire. Conformément à la convention d'investissement passée avec l'Etat, cette société a investi 470 MDH dans les infrastructures (une drague peut coûter jusqu'à 100 MDH). La société dispose aujourd'hui de 3 plateformes (Azemmour et Mehdia, certifiées Iso 14 001 et Larache, en cours de certification). Malgré des coûts quasi identiques (autour de 100 DH le m3), les capacités de production du sable de dragage et de concassage sont encore loin d'atteindre celles du secteur informel. Pourtant, les industriels n'attendent que le signal pour investir et ainsi augmenter leur capacité de production.
Ceci étant, et pour remettre de l'ordre dans le secteur de l'exploitation du sable, les industriels, soutenus par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement, ont alerté les autorités concernées, notamment le ministère de l'équipement, le ministère de l'intérieur et celui de l'habitat.
Depuis 2003, l'Etat est ainsi engagé dans des négociations avec les professionnels en vue d'établir un nouveau texte régissant l'exploitation des carrières ou tout emplacement d'où sont extraits des matériaux de construction. Les deux derniers articles sont en cours de discussion entre les autorités et le secteur. Le projet de loi, qui doit en principe être présenté au courant de l'année, prévoit, entre autres, de redéfinir plus strictement les conditions d'octroi de carrières et les méthodes d'exploitation. Les récidivistes seront soumis au code pénal et des amendes allant jusqu'à un million de dirhams pourront être prononcées.
Les industriels attendent avec impatience ce nouveau texte. Ils se disent prêts à investir pour augmenter leur capacité de production -il s'agit de fournir près de 30 millions de m3 en 2015- et demandent une visibilité claire pour s'engager de façon définitive dans le sable de concassage ou de dragage. Ils demandent ainsi plus de répression à l'encontre des opérateurs informels et le lancement d'appels d'offres internationaux pour l'exploitation des gisements identifiés.


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