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Les cimentiers menacent d'augmenter leurs prix
Publié dans La Vie éco le 16 - 03 - 2012

Ils ont l'intention de répercuter sur le consommateur le relèvement de la taxe sur le ciment prévue par le projet de Loi de finances 2012. Chez les semi-grossistes, la hausse sera de 5%. Le coût des intrants, notamment le coke de pétrole, est en forte augmentation, ce qui les amènerait à relever leur prix d'au moins 5% supplémentaires.
Les cimentiers sont en colère et entendent bien le faire savoir en menaçant d'augmenter le prix de ce matériau essentiel dans le secteur du BTP. La cause de leur ire ? Dans son projet de Loi de finances 2012, récemment dévoilé, le gouvernement se propose d'augmenter de 50% la taxe spéciale sur le ciment en la portant de 0,10 DH/kg actuellement à 0,15 DH/kg. Même si dans le fond, les cimentiers reconnaissent l'utilité d'une telle mesure, les ressources de la taxe spéciale étant investies dans la résorption de l'habitat insalubre (voir encadré), la pilule a du mal à passer. «L'augmentation à l'étude reviendrait à surtaxer un matériau de construction à moyen et long terme, ce qui n'est jamais bon», tranche Mohamed Chaïbi, président de l'Association professionnelle des cimentiers (APC). L'idée défendue par les professionnels, et qui a d'ailleurs été développée auprès de plusieurs membres du nouveau gouvernement avant la finalisation du projet de loi, est que le surplus de taxe appliqué est de nature à créer des distorsions sur le marché des matériaux de construction. «En raison d'un coût d'achat plus élevé du ciment, les poutres et les briques à base de ciment par exemple connaîtraient des hausse de prix et pourraient être délaissées par la demande au profit de produits à base de matériaux alternatifs», argumente M. Chaïbi. Car il faut bien savoir que tous les cimentiers de la place, rassemblés sous la bannière de l'APC, annoncent sans équivoque leur intention de répercuter intégralement la taxe additionnelle sur les consommateurs. Les professionnels auraient pu opter pour une répercussion du surplus de taxe en tout ou partie sur leur marge, ce qui avait d'ailleurs été fait en 2004, lorsque la taxe spéciale du ciment avait été portée de 0,05 DH/kg à 0,10 DH/kg. Mais ils sont d'autant moins prompts à faire cette concession qu'ils devraient déjà subir sur les deux années à venir une ponction sur leur bénéfice net de 1,5% au titre de la contribution au «Fonds national de solidarité sociale», prévu par le même projet de Loi de finances.
Les efforts de lobbying en coulisses n'ont rien donné
C'en est trop pour ces industriels qui reprochent au gouvernement d'opter pour la facilité en augmentant systématiquement le poids des taxes sur le ciment alors que d'autres viviers de taxation plus porteurs existent. Les cimentiers citent notamment les filières d'importation du bois, du verre ou encore de l'acier qui bénéficient de surcroît de baisses progressives des droits de douane sous l'effet des accords de libre-échange. En fait, l'on apprend que l'APC a proposé en coulisses que la taxe spéciale soit élargie à un ensemble de matériaux de construction, entre autres ceux importés. «Cet élargissement correspondrait à l'esprit initial de la taxe spéciale du ciment qui lors de son introduction en 2002 devait progressivement être généralisée à l'ensemble des matériaux de construction», rappelle un professionnel. L'on pourrait néanmoins nuancer l'efficacité d'une telle mesure par le fait que le poids de l'informel demeure conséquent dans d'autres filières contrairement au secteur du ciment où les volumes sont écoulés de manière transparente, en amont du moins. L'autre vivier négligé selon les cimentiers est celui des matériaux ne faisant l'objet, pour l'heure, d'aucune taxation. Et l'on cite notamment l'exemple de l'exploitation du sable dont les professionnels évaluent à plus d'un milliard de DH le manque à gagner en termes de taxes au regard des 20 millions de mètres cubes que consomme le Maroc chaque année.
Mais en dépit des protestations formulées, les cimentiers ne feront au final que répercuter l'augmentation de la taxe sur leur prix de vente, comme cité précédemment, ce qui fait que c'est surtout le prix à la construction et, conséquemment, les prix finaux de vente au consommateur qui devraient subir une hausse. Celle-ci devrait intervenir à très court terme, selon tous les cimentiers juste après l'adoption de la Loi de finances 2012. La stagnation des prix clamée haut et fort par les producteurs au titre de 2011 devrait donc être rompue sous peu. En chiffres, dans les semaines qui viennent le sac de 50 kg devrait être majoré de
2,50 DH, ce à quoi s'ajoute la TVA sur le supplément de taxe spéciale (20%), soit au total, chez les semi-grossistes 3 DH de plus par sac, soit 6 centimes de plus par kg. Ainsi, le prix du CPJ 45 (utilisé pour les bétons armés courants et les bétons destinés aux travaux en grandes masses) passerait de 60 DH actuellement à 63 DH par sac. Le CPJ 35 (utilisé pour les bétons faiblement sollicités, non armés et tous les types de mortiers) progresserait pour sa part de 59 à 62 DH le sac.
En 2011, les distributeurs avaient rajouté jusqu'à 2 DH par sac de 50 kg…
Et les cimentiers ne devraient pas en rester là. Les producteurs rapportent depuis le début de l'année une augmentation de leurs coûts énergétiques, notamment le coke de pétrole, représentant en moyenne les deux tiers des coûts variables de l'industrie cimentière. A ce titre, «les opérateurs évaluent actuellement l'impact de la hausse du coût des intrants, et ils pourraient décider de revoir leurs prix à la hausse si cela s'impose», fait-on savoir à l'APC. A cela s'ajoute l'effet amplificateur des réseaux de distribution sur les prix. Il faut en effet savoir que même si l'exercice 2011 a été marqué par une stagnation des prix auprès des producteurs, les grossistes et semi-grossistes ont appliqué des hausses allant jusqu'à 2 DH par sac selon les informations recoupées auprès des acheteurs.
Etant donné tous ces facteurs, quelle devrait être au final la hausse à prévoir pour l'année en cours ? Pour se faire une idée, rappelons que l'exercice 2004 qui a connu également une hausse de la taxe spéciale sur le ciment de 50 centimes par tonne ainsi qu'une flambée du coût énergétique pour les cimentiers, s'est soldé par une progression des prix de 12% selon les données historiques du ministère de l'habitat. Certes, la configuration du marché a changé entretemps, avec une surcapacité évaluée actuellement à 3 millions de tonnes pour une consommation annuelle avoisinant 17 millions de tonnes, mais il est certain que l'on risque de se rapprocher en cumul des 10% de hausse, si ce n'est plus.


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