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Grà¢ce à son sens de l'anticipation, il bà¢tit un empire
Publié dans La Vie éco le 14 - 11 - 2003

A dix-sept ans, il aménage un coin quincaillerie dans le magasin de son
père.
En 1974, il rachète avec ses frères les Etablissements Louis Guillaud
et crée un groupe qui emploie aujourd'hui 500 personnes.
Pour diversifier le risque, il se lance dans la messagerie avec la SDTM, et le
bricolage avec Bricoma.
Mohamed Chahad est un homme attachant. Pas expansif pour un sou et encore moins prompt à se livrer, il ne fait aucun effort pour convaincre ses interlocuteurs de ses bonnes dispositions à leur égard. Ce doit être à sa patience et à sa capacité d'écoute qu'il doit de voir venir à lui ses vis-à-vis à travers l'élan de sympathie que suscitent sa bonne bouille et son sourire inamovible.
La «marocanisation», un coup de chance qui lui a valu le succès
Ce natif de Fès, en 1953, n'était pas prédisposé au destin d'homme d'affaires qui lui colle à la peau aujourd'hui. Il se rappelle depuis sa petite enfance que son père tenait un petit commerce de bois et charbon pour faire vivre sa famille composée de neuf frères et sœurs. Avant même qu'il termine ses études secondaires (il était en classe terminale), son père, sans grand espoir de le voir acquiescer, lui fit la même proposition que ses autres frères avaient déclinée : le seconder dans l'activité avant de prendre la relève. Mohamed accepta sans hésitation, mais à une condition : avoir un petit coin dans le magasin pour vendre de la quincaillerie. Il avait tout juste dix-sept ans et avait choisi cette activité d'appoint en constatant l'essor de la construction dans les quartiers voisins. La suite lui donnera raison, tant et si bien que son père, voyant le succès remporté par la vente des produits de quincaillerie, accepta, sans se faire prier, de dédier l'ensemble de la boutique à la nouvelle activité.
Mohamed Chahad venait de faire ses preuves en affaires, bien que, pendant les trois ou quatre années que dura cette expérience, il soit resté aux ordres de son père qui lui donnait un salaire de 500 DH par mois. Mais la vie sait donner à qui sait attendre… pour sauter sur l'occasion. Il en est une qui va se présenter très vite. En 1974, les Etablissements Louis Guillaud et Cie sont mis en vente dans le cadre de l'opération «marocanisation». C'est un cousin, employé de la vieille entreprise, née à Lyon en 1895, qui vendit la mèche à la famille Chahad. Il fallait faire vite et deux frères de Mohamed étaient partants. Ils postulèrent pour 80 % du capital de l'entreprise et contractèrent un crédit pour s'en porter acquéreur. Manque de pot, Mohamed n'avait pas atteint les 21 ans nécessaires pour pouvoir prétendre au crédit. Au prix d'une gymnastique juridique, il obtint néanmoins le crédit et y adjoignit 20 000 DH d'apport personnel, tout comme ses deux frères. Malgré son jeune âge, Mohamed est désigné pour gérer l'affaire. Il se rappelle que son premier diagnostic est que l'affaire n'était pas si juteuse qu'il y paraissait. De plus, Français et Portugais, qui en étaient les cadres, démissionnèrent sans explication dès que Guillaud passa aux mains des Marocains.
Aujourd'hui, Mohamed Chahad a encore ce mot pour rire de la situation dont il avait hérité à l'époque. «Heureusement que je ne savais pas lire un bilan à l'époque de la transaction. Autrement, je ne suis pas sûr que je me serais hasardé à faire un tel investissement», ironise-t-il.
Mais, il n'est pas homme à s'attarder sur ses états d'âme. Une fois le constat fait, il comprend vite que l'entreprise n'a aucune chance de se développer si elle en reste à la «bonhomie» de son ancien propriétaire comme méthode de gestion.
Première décision : créer des départements après s'être assuré de leur viabilité. Là, à côté de la fabrication des boîtes de conserves, trois pôles se dégagent : boulonnerie, quincaillerie et outillage. Parallèlement, il restructure le service commercial.
Les efforts de Mohamed donnèrent quelques fruits mais ne réussirent guère à satisfaire ses ambitions. Il se mit en tête de se positionner là où les besoins du marché allaient éclore. Pour cela, il suffisait d'être à l'écoute des changements qui étaient en train d'intervenir dans l'environnement de l'entreprise. Exemple : le démarrage d'un programme comme le Perg (Programme d'électrification rurale global) était pour Mohamed une occasion de déployer le savoir-faire des Etablissements Louis Guillaud dans les métiers d'accompagnement d'un tel projet. Il crée alors un département électricité. La même logique vaut pour l'arrivée de la gestion déléguée ou des télécoms dans le pays. Mohamed Chahad, pour s'engouffrer dans les marchés que ces nouveautés allaient ouvrir, crée un service «mesures».
C'est en se livrant à de telles anticipations que l'entreprise a préparé sa mue et s'est positionnée pour les nouveaux rendez-vous en se spécialisant dans la détection des fuites d'eau, le câblage ou encore l'appareillage. Bien sûr, pour chaque niche qui allait s'ouvrir, il fallait préparer une offre et mettre des catalogues à la disposition des clients.
Cette logique va mener les Etablissements Guillaud à la politique de filialisation qui est la sienne. En effet, en plus des neuf départements créés, Mohamed partira à l'assaut de secteurs en amont et en aval de son activité, comme la messagerie avec la SDTM.
Aujourd'hui, les Etablissements Louis Guillaud et leurs filiales, «Le Monde du jardin» entre autres, enregistrent un chiffre d'affaires de 70 MDH contre seulement 5 millions en 1974.
Mohamed ne croit pas à la chance, lui qui n'arrête pas de scruter l'horizon. Dans son pipe, l'ouverture, à Rabat, d'un espace de bricolage pour les professionnels et les particuliers, appelé Bricoma, proposant plus de 10 000 références, en attendant son installation dans d'autres villes


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