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Comment financer un surcroît d'investissement pour accélérer la croissance
Publié dans La Vie éco le 25 - 01 - 2016

Pour un meilleur rendement du stock de capital, le taux d'investissement devrait atteindre 42% du PIB au lieu de 32% actuellement. La difficulté est que l'épargne nationale ne suffit plus pour financer l'investissement.
Au-delà des enseignements qu'elle comporte sur la productivité des investissements au Maroc, l'étude du HCP rendue publique la semaine dernière soulève la question, sous-jacente, de la soutenabilité des ressources financières à mobiliser pour renforcer le processus d'accumulation du capital.
Cette question, à vrai dire, est posée en forme de dilemme. D'une part, les expériences observées ailleurs ont montré que ce n'est qu'à partir d'un certain niveau d'accumulation du capital (4 fois le PIB) que le rendement marginal de celui-ci commence à s'améliorer. Le Maroc, lui, a un stock de capital représentant en moyenne 3,5 fois son PIB au cours des cinq dernières années ; il est donc appelé, selon le HCP, à consolider ce capital «même en l'absence de créations de valeurs ajoutées supplémentaires substantielles, synonyme de meilleur rendement des investissements que par le passé». Mais, d'autre part, cet effort supplémentaire pour élever le niveau du stock de capital nécessite des ressources financières guère soutenables dans le contexte actuel de faible rendement des investissements.
La simulation réalisée par le HCP montre que pour atteindre un stock de capital égal à 4 fois le PIB à l'horizon 2030, il faudrait un niveau d'investissement représentant 42% du PIB (contre 32% actuellement) avec un rythme de croissance annuel moyen de 5% et un rendement marginal du capital de 4 (au lieu de 7 actuellement). C'est proprement insoutenable, selon le HCP. L'alternative, conclut-il, est de valoriser le capital accumulé à ce jour à travers notamment une meilleure gouvernance, une réaffectation optimale des ressources de nature à générer une transformation des structures économiques, une amélioration des ressources humaines. Pour le HCP, ce sont là des sources de croissance endogènes qui, combinées et judicieusement exploitées, pourraient faire gagner au pays 3 points de croissance supplémentaires. Pour ne prendre que l'exemple de la gouvernance, sa faible qualité, dit-il, fait perdre au pays 1point de croissance.
Bref, avec le niveau actuel de l'investissement et une utilisation optimale des facteurs, le Maroc pourrait réaliser une croissance bien plus soutenue, selon les conclusions du HCP. Celui-ci en veut pour preuve le cas de certains pays émergents qui ont pu réaliser des taux de croissance de plus de 6% avec un niveau d'investissement d'à peine 28% du PIB (contre une moyenne de 33% pour le Maroc entre 2008 et 2014).
Des ratios à lire avec précaution
Une observation, cependant, mériterait peut-être d'être formulée ici. Le taux d'investissement en soi n'est pas vraiment significatif : un taux d'investissement de 20% dans un pays qui a un PIB très élevé ne peut pas être comparé à un taux d'investissement de 20% dans un autre pays où le PIB est encore faible. Exemple, en 2014, la Malaisie avait un PIB de 330 milliards de dollars, la Turquie de 813 milliards de dollars, le Mexique de 1 296 milliards, le Brésil de 2 244 milliards, etc. Un taux d'investissement de 20% du PIB dans ces pays, c'est vraiment énorme. Le Maroc, lui, avait un PIB en 2014 de quelque 105 milliards de dollars (925 milliards de DH). Moyennant cela, si un ratio est précieux en ce qu'il renseigne sur le rythme d'évolution d'une activité ou d'un agrégat, il est en revanche peu significatif lorsqu'il est appréhendé en terme absolu, c'est-à-dire en dehors de la base à laquelle il se rapporte. Ceci est valable, soit dit en passant, en ce qui concerne le taux de croissance du PIB : quand la France, par exemple, fait 2% de croissance, c'est infiniment plus important que les 4,5% ou 5% du Maroc ou de la plupart des pays arabes et africains.
Tout cela pour dire que le Maroc, comme de nombreux pays en voie de développement, ont un retard énorme à rattraper en termes d'accumulation du capital, et pour cette raison même leurs taux d'investissement et de croissance économique devraient se situer à des niveaux infiniment plus élevés que ceux des pays émergents ou, a fortiori, des pays développés.
Maintenant, il est bien vrai qu'au Maroc se pose le problème du financement du surcroît d'investissement nécessaire pour atteindre une taille critique en termes de stock de capital. Depuis 2007 en effet, les courbes de l'épargne et de l'investissement se sont croisées, et cela s'appelle une détérioration des capacités de financement de l'économie. L'épargne nationale ne couvre plus les besoins en investissement, il a donc fallu emprunter pour financer ces derniers. A partir de 2013, cependant, on note une légère amélioration du taux d'autofinancement, même si le compte épargne/investissement est loin de revenir à sa situation d'avant 2007, soit une situation d'excédent de l'épargne par rapport à l'investissement. Quand on examine dans le détail les statistiques de la comptabilité nationale, on s'aperçoit cependant que l'amélioration du taux d'autofinancement depuis 2013 est due moins à l'augmentation de l'épargne qu'à la baisse de l'investissement. C'est surtout vrai en 2014 où l'épargne a stagné par rapport à l'exercice précédent, alors que l'investissement en dirhams courants a, lui, baissé.
Que faire pour améliorer le niveau de l'épargne nationale? A l'évidence, une création de richesse plus soutenue. Mais, répondra-t-on à raison, il faudrait plus d'investissement pour y parvenir, ce que ne permet pas le niveau actuel de l'épargne. On tourne en rond! Et si certains ratios auxquels l'on s'accroche comme à des bouées de sauvetage ne sauve pas plus que ça ! Pourquoi en effet un déficit budgétaire de 3% du PIB coûte que coûte et pas 4% ou 5% par exemple ? Et un endettement du Trésor de 60% du PIB et pas de 65% ou 70% ? Et d'abord faut-il parler d'un déficit budgétaire ou d'un déficit public ? Car, selon que l'on retienne l'un ou l'autre, le résultat change du tout au tout. Idem pour la dette (voir article en face).


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