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«Au pays» avec Tahar Ben Jelloun
Publié dans Les ECO le 08 - 09 - 2013


Sommaire
Culture
L'eau, c'est la vie, à Ben Amr
Hommage
Valérie Benguigui, Une étoile s'est éteinte
Tendances
Cate Blanchett dit «Si» à Armani
Télécharger le PDF
Tahar Ben Jelloun
Ecrivain et poète
Les ECO : Vous étiez l'invité du festival Allama de Oued Laou où vous avez parlez de «La diaspora marocaine : l'identité et l'avenir». Quel regard portez-vous sur l'avenir de cette jeunesse ?
Tahar Ben Jelloun : C'était un petit festival, pas très important avec une petit salle et peu de personnes. Il y avait beaucoup de gens de passage, d'immigrés justement en vacances ou à la retraite, qui n'ont pas vraiment posé des questions mais plus témoigner et cela était très intéressant. Par contre, ce que j'ai remarqué, c'est qu'il ne se passe rien sur le plan culturel à Oued Laou. Il faudrait peut-être que le ministère de la Culture se penche sur la question...
Justement, à quel point la culture est un levier de développement pour vous ?
Le roi lui-même est convaincu que la culture est un élément fondamental pour le développement, le pays en a conscience. Personne n'empêche les gens de s'exprimer sur le plan culturel. Mais bien sûr, il y a la partie financière qui rentre en jeu. Pour le cinéma, on voit de plus en plus d'aides. Pour le théâtre, j'ai l'impression qu'il n'y a pas grande chose, mais moi, ce qui m'inquiète le plus au Maroc, c'est que les Marocains, les jeunes en particulier, lisent de moins en moins. C'est un phénomène que j'ai remarqué il y a quelques années à cause d'internet, et de la télévision auparavant. Les réseaux sociaux accaparent les jeunes.
Quelle est la solution pour pallier à ce problème ?
Je pense que la solution, c'est l'éducation dans les écoles et dans les familles. Le roi dans son dernier discours a été clair là-dessus, il faut absolument avoir une politique d'éducation bien cadrée et bien claire. Par ailleurs, il ne faut pas que les parents baissent les bras et laissent leurs enfants en face d'internet toute la journée. Il faut instaurer une discipline. Pour moi, le point de départ, c'est l'éducation : l'installation d'une politique cohérente, la volonté d'une politique culturelle adéquate. Ce n'est pas une question d'argent car il y a des livres de poche à 20-30 DH, qui reviennent moins chers qu'un paquet de cigarettes. Il faudrait développer des prêts dans les bibliothèques, donner libre accès et encourager cette jeunesse à aller vers le livre, et pour avoir une bonne éducation et de bons résultats, il est primordial de former l'éducateur...
Dans deux de vos derniers ouvrages, vous êtes revenus sur le printemps arabe. Quel regard portez-vous sur ce qui se passe dans le monde arabe?
Ce produit «Printemps arabe» est complètement dépassé. Les péripéties en Egypte et en Tunisie ne sont que des étapes dans ce processus de développement que nous souhaitons tous, vers une modernité réelle, et non une prise de pouvoir par la religion.
Que pensez-vous de l'évolution démocratique au Maroc et du champ politique d'une manière générale ?
Elle évolue tous les jours grâce aux Marocains qui la fabrique et à la sollicitude du roi bien entendu. Il a donné cette direction pour faire du Maroc un état de droit, moderne et démocratique, et c'est aux Marocains d'agir dans ce sens là avec des comportements quotidiens dans la rue, en respectant ses enfants, ses personnes âgées, ses voisins...Si on ne commence pas par ces petites choses, on ne peut pas prétendre à la démocratie. Seulement, les valeurs démocratiques ne sont pas encore à l'ordre du jour, la tolérance, le dialogue, le fait que tout le monde n'accepte pas la différence. Il faut une liberté de conscience, il faut respecter la religion et vaincre la corruption.
Vous passez du «bonheur conjugal» au «racisme expliqué à ma fille», où puisez vous votre inspiration ?
Je suis un observateur permanent. Un romancier, s'il ne regarde pas autour de lui, s'il ne part pas à la rencontre de l'autre ou s'il ne voyage pas, restera centré sur lui-même et sa petite vie. Pour écrire «Le bonheur conjugal», j'ai écouté des femmes, des hommes, des enfants. Cela fait des années que les gens me racontent leurs histoires. C'est beaucoup de travail.
Vous avez un rituel d'écriture ?
Je travaille tôt le matin. Je suis meilleur le matin que l'après-midi. J'ai des horaires de travail, entre 9h et 13h. Parfois je continue le soir, cela dépend des livres, des situations, de la vie, mais en règle générale je suis très sérieux. Je ne sors pas le soir, je ne vais pas dans les soirées mondaines. Je vois des amis, je lis, j'aime regarder un bon film à la maison ou écouter de la musique.
Et justement qu'est ce que lit Tahar Ben Jelloun
En ce moment ? C'est une question difficile parce que je lis beaucoup, vu que je fais partie de l'académie Goncourt, on reçoit des centaines d'ouvrages. J'ai lu 30 romans cet été, presque 1 roman tous les 2 jours. Je lis en moyenne 50 pages avant de décider de continuer ou pas. Nous sommes 10 membres à l'académie, nous nous envoyons des mails et des messages pour nous tenir au courant des livres à ne pas rater, ceux qui ne sont pas intéressants.
Vos romans sont traduits dans le monde, parfois dans des langues improbables. A quoi est dû ce succès ?
Ce n'est pas à moi de le dire ! (rires). J'ai de la chance tout simplement. Dernièrement, j'ai vu un ouvrage pas du tout littéraire qui va paraître dans le magazine new yorkais : le New Yorker. Je ne décide rien pour ça ! Si votre œuvre est vraie, elle trouvera forcément un chemin...
Avez-vous déjà été approché par des réalisateurs pour adapter vos romans ?
J'ai reçu pas mal de propositions, mais c'est une catastrophe. J'ai trop de respect pour le cinéma, je préfère encore écrire un scénario...
Votre actu ?
Je publie «Une lettre à Henri Matisse» chez Folio, je fais des articles sur des peintres marocains comme Chaabia, Kassimi, Bahraoui, Belakahia, Raoui...Ceux que je connais vraiment et pour qui j'ai un énorme respect. .. Lire la suite


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