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Une intégration qui se fait attendre
Publié dans Les ECO le 31 - 05 - 2011

«Malgré une multitude de points communs, l'Afrique du Nord demeure aujourd'hui l'une des régions les moins intégrées dans le monde». Ce constat relevé par la Banque africaine pour le développement ( BAD) est sans équivoque. Le Maroc et ses voisins privilégient l'intégration dans l'économie mondiale, particulièrement avec l'Europe, et ce au détriment du développement d'une coopération régionale. Pour preuve, le commerce inter-régional ne dépasse pas 4% du commerce total de ces pays. Cette situation est d'autan plus problématique lorsque l'on sait que «l'intégration régionale et celle mondiale ne peuvent se substituer l'une à l'autre. En Afrique du Nord comme en Afrique en général, elles se complètent, devant être menées en parallèle et avec la même vigueur», insiste-t-on auprès de la BAD. Pourtant, à elle seule, l'intégration régionale entre les pays de l'Afrique du Nord pourrait rapporter jusqu'à 2 points de PIB en plus pour chacun d'eux. Il n'est plus un secret pour personne que 2% de PIB en plus, c'est aussi plusieurs centaines de milliers d'emplois supplémentaires générés. En d'autres termes, une intégration régionale en Afrique du Nord devient une nécessité aujourd'hui pour l'ensemble des pays de la région, particulièrement dans le contexte actuel où les gouvernements en place doivent tracer une nouvelle carte pour un développement économique aux retombées sociales. Quelles sont donc les pistes pour dynamiser cette coopération ?
L'énergie, un point de départ
Un récent rapport édité par la BAD et qui analyse la croissance économique dans la région ne manque pas de relever ces opportunités et ce, selon les spécificités de chacun des pays. À commencer par le secteur énergétique, les pays de l'Afrique du Nord ont tout intérêt à développer leurs échanges dans ce domaine. Et pour cause, la spécificité des 6 pays de la région fait en sorte que les pays disposant des ressources énergétique peuvent jouer le rôle de fournisseurs pour les autres. «L'intensification du commerce énergétique entre les pays nord-africains permettrait à ceux dont les ressources sont limitées, comme le Maroc et la Tunisie, de répondre à leurs besoins en énergie, ce qui stimulerait la croissance économique dans toute la région», relève-t-on au sein de la BAD. Ceci devrait notamment permettre à ces pays de pouvoir développer des industries à forte consommation d'énergie. Pour le Maroc, l'exemple du secteur des phosphates est éloquent. Le royaume, qui dispose de la moitié des réserves mondiales de phosphate naturel pourrait générer davantage de valeur ajoutée en migrant vers la transformation de cette matière première en engrais. Pour ce faire, il suffit que son voisin algérien l'alimente en gaz naturel nécessaire à cette industrie. Des exemples pareils dans le secteur énergétique ne manquent pas. Cela dit, il faut reconnaître que les pays de la région ont pris conscience de la nécessité d'en faire un point de départ pour une coopération économique plus étendue. D'ailleurs, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie ont déjà fait de l'électricité un premier domaine de coopération, notammentpar le biais de raccordements électriques transfrontaliers et des échanges énergétiques transfrontaliers.
Cependant, l'intensification de ces échanges ne peut se faire si les pays de la région ne procèdent pas à la mise en place de grands projets d'infrastructure à même de faciliter le transport de cette énergie. D'ailleurs, cette problématique du transport est commune à l'ensemble des domaines qui peuvent faire objet de partenariats économiques. «En facilitant la circulation des biens et des personnes, les transports rendent les échanges économiques plus abordables, étant donné que les coûts commerciaux indirects représentent 30 % du prix que paie le consommateur», précise la BAD. Les infrastructures de transport ont en outre d'importantes retombées positives sur d'autres secteurs, car elles aident à supprimer les contraintes au niveau de l'offre et permettent de profiter pleinement des possibilités du commerce mondial. Il est donc clair qu'une intégration régionale passe inéluctablement par le développement des infrastructures de transport.
Sur un autre registre, l'intégration régionale peut être tout aussi bénéfique pour le secteur financier en Afrique du Nord. La Tunisie, le Maroc et l'Egypte ont aujourd'hui un secteur privé robuste, un secteur des services florissant et des besoins considérables en financement. De leur côté, la Libye et l'Algérie ont un excédent de capital et représentent un marché toujours plus important de biens et de services provenant de la région. Ces deux pays constituent en outre un marché de l'emploi potentiellement vaste pour les migrants issus de pays voisins. De cette situation, il découle que «les banques commerciales et d'autres institutions financières peuvent jouer un rôle prépondérant pour encourager l'intégration économique de la région», ajoutent les experts de la BAD. En effet, l'Union des banques maghrébines (UBM), organisme régional qui regroupe les représentants des grandes institutions financières, a déjà joué un rôle crucial en matière de coordination et d'harmonisation du cadre de régulation pour les activités bancaires et financières en Afrique du Nord. En outre, le lancement longtemps attendu de la BMICE (Banque maghrébine pour l'investissement et le commerce extérieur) promet d'avoir un effet catalyseur sur les échanges commerciaux et les flux de capitaux transfrontaliers. Avec un capital de 500 millions USD, cette nouvelle banque est chargée de financer des projets d'intégration régionale dans les cinq Etats membres de l'UMA.
De même, l'installation de filiales de banques marocaines en Tunisie et d'institutions financières tunisiennes en Algérie, ainsi que la croissance rapide des marchés boursiers marocain, égyptien et tunisien, sont de puissants indicateurs d'une forte demande de ressources financières pour appuyer la croissance de sociétés privées dans la région. Cette tendance ouvre en outre des perspectives d'investissements transfrontaliers accrus des pays voisins dans la région. Afin de mobiliser des liquidités sous-utilisées dans le système bancaire, de nouveaux instruments financiers pourraient être mis en place, notamment un indice boursier panarégional qui permettrait de rapprocher les marchés des capitaux. C'est du moins le plaidoyer de la BAD. Cependant, les recommandations de celle-ci restent aujourd'hui confrontées à une problématique de taille : le manque de volonté politique pour faire de l'intégration régionale un moteur de croissance pour toute la région.


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