Présenté il y a quelques semaines au Parlement par le ministre délégué à la PME et à l'intégration de l'informel, Mamoun Bouhadhoud, devrait connaître quelques modifications pour intégrer les remarques des parlementaires. «Libérer le potentiel entrepreneurial», l'un des principaux objectifs assignés au nouveau statut de l'auto-entrepreneur. Régime fiscal incitatif, simplification et dématérialisation des procédures, couverture médicale sont autant d'éléments mis en place par la tutelle pour encourager la création d'entreprises et résorber le chômage des jeunes. Ce projet, présenté il y a quelques semaines au Parlement par le ministre délégué à la PME et à l'intégration de l'informel, Mamoun Bouhadhoud, devrait connaître quelques modifications prenant en compte les remarques formulées par les parlementaires. Une deuxième mouture devrait être présentée à la mi-octobre pour un vote prévu avant la fin du mois courant. C'est l'occasion de revenir sur les principaux enjeux de ce projet de loi. Ce dernier revêt concrètement plusieurs aspects socio-économiques parmi lesquels la tutelle fait part des enjeux de croissance et de création d'emploi en «stimulant la performance à travers l'accès aux outils de financement et d'accompagnement et en améliorant la compétitivité pour faciliter l'accès aux marchés». Un deuxième aspect a trait au volet social et à l'impératif de réduction de la pauvreté. Sur ce point le ministère délégué à la PME et à l'intégration de l'informel mise sur un meilleur accès à la protection sociale via l'assurance maladie et la retraite, ceci afin d'assurer une augmentation des revenus des ménages et en offrant de nouvelles perspectives vers l'emploi. Si l'accent est aujourd'hui mis sur la dimension sociale à travers la libération du potentiel entrepreneurial des jeunes, il convient tout de même de noter un troisième volet sur lequel se basent également les objectifs assignés à ce nouveau cadre réglementaire. Il s'agit en l'occurrence du colossal chantier de «l'intégration de l'informel». Ce statut devrait en effet «offrir une alternative légale pour les activités informelles en leur donnant un statut juridique et protéger les travailleurs et les consommateurs». Dans son opérationnalisation, les derniers détails fournis par le département de Bouhadhoud fixent un échéancier pour chaque opération. L'élaboration du plan de mise en œuvre de la couverture médicale devrait être dévoilée avant décembre prochain. Ce dernier est le fruit d'études et de concertations menées depuis janvier dernier. L'échéance du mois de décembre concerne également le volet financement. L'opérationnalisation de l'accompagnement devrait intervenir fin novembre. Une feuille de route qui laisse entendre un travail minutieusement ficelé et qui connaît l'adhésion des différentes parties prenantes, notamment des associations professionnelles qui le qualifient de «bénéfique». À ce satisfecit, quelques remarques sont apposées. Pour Abdellah El Fergui, président de la Confédération marocaine des TPE-PME : «Le projet doit bénéficier d'un vrai programme d'accompagnement qui se distingue de celui du programme Moukawalati, lequel n'enregistre pas de franc succès». Plus encore, le responsable relève la nécessité d'ancrer le déploiement de ce nouveau statut dans une approche régionale à travers «le déploiement de bureaux dédiés dans les régions enclavées».