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Rabat, capitale de la culture...
Publié dans Les ECO le 13 - 06 - 2014

«Rabat ville lumière, capitale culturelle du Maroc» est un programme qui place la culture au centre de la capitale, et vice-versa. Des projets de construction, de rénovation d'instances culturelles mais surtout des évènements majeurs font de Rabat une ville artistique résolument vivante. Coulisses d'un projet de 9,42 MMDH.
Rabat vient de vivre neuf jours de festival, non des moindres. En effet, Mawazine figure dans le Top 10 des plus grands festivals du monde puisqu'il mobilise des artistes du monde entier sur plusieurs scènes de la ville, focalisant sur Rabat tous les regards. D'ailleurs, la 13e édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde a battu son record de fréquentation en accueillant 2.620.000 personnes! Comment ne pas penser à Rabat comme une véritable capitale culturelle ? La ville s'est peu à peu métamorphosée. Longtemps considérée comme «trop calme», Rabat a gagné en confiance ces dernières années, créant une véritable scène musicale underground, beaucoup d'évènements autour de l'art contemporain, du théâtre ou du cinéma. Il s'en passe des choses culturelles à Rabat depuis quelques années, il faut se l'avouer. C'est à partir de ce constat que le projet «Rabat ville lumière, capitale culturelle du Maroc» a été pensé et lancé lors d'une cérémonie officielle, présidée par Mohammed VI, lundi 12 mai à Rabat.
Culturellement vôtre...
L'accès à la culture par tous est au centre du programme «Rabat ville lumière, capitale culturelle du Maroc» qui fait particulièrement attention à favoriser la participation de toutes les tranches de la société, ainsi qu'à l'implication du secteur associatif culturel de proximité. Cette initiative, conformément aux Hautes orientations royales, s'appuie sur le concept de durabilité culturelle qui prend en compte la conservation et la perpétuation des cultures à travers la considération, la compréhension et le respect de l'héritage culturel.«Rabat ville lumière, capitale culturelle du Maroc», plateforme visant à outiller le milieu culturel, contribuera à faire reconnaître les arts et la culture comme des dimensions essentielles du développement individuel et collectif en favorisant la participation des citoyens à la vie culturelle. Elle vise à promouvoir et à favoriser la démocratisation des arts et de la culture à Rabat en misant sur des structures permanentes dédiées à la culture de manière régulière, pas seulement épisodique. L'objectif est aussi de sensibiliser le plus grand nombre de personnes et d'encourager l'accès à l'histoire et la culture marocaine. En effet, Rabat et son passé révèlent une capitale impériale et administrative du royaume, au style architectural et décoratif original
appartenant à un Maroc contemporain, à la fois africain, arabe et euro-méditerranéen, doté d'une identité aux multiples facettes qui en font l'originalité mais également la force. Déclaré en 2003 Capitale de la culture arabe, les lieux culturels ne manquent pas dans la ville de Rabat. En effet, de grands projets culturels ont vu le jour.
Atouts naturels reconnus mondialement
Rabat est propre, Rabat est verte, Rabat est une ville où il fait bon marcher, et cela n'est pas rendu possible dans toutes les grandes villes. Rabat est réputée pour être une agglomération verdoyante et à l'urbanisme précurseur puisqu'elle a été choisie par l'association américaine Earth Day Network, en 2010, comme «ville première» pour la célébration du 40e anniversaire de la Journée de la terre, confortant ainsi sa vocation de valorisation des espaces verts urbains et périurbains. En effet, la ville a aussi remporté la deuxième place du classement CNN «Meilleures destinations touristiques de 2013». Dans cette perspective de reconnaissance mondiale, un ensemble de sites de la ville de Rabat sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en tant que biens culturels. Rabat, en 2012 -inscrite depuis au patrimoine mondial de l'UNESCO- a séduit le monde à travers son urbanisme respectueux de l'héritage historique de la ville témoignant des civilisations et dynasties qui s'y sont succédées. L'on pense à la nécropole du Chellah, à la Kasbah des Oudayas, à la médina pittoresque bordée par l'Atlantique, aux jardins historiques à l'architecture du 20e siècle en passant par la «ville nouvelle» construite sous le Protectorat français de 1912, la Mosquée Hassan construite en 1184, les remparts et portes almohades, vestiges d'un grand projet de ville capitale de ce califat, et aux vestiges de la principauté morisque ou andalouse du XVIIe siècle.
Projets d'un jour, projets de toujours
La ville est riche de par ses infrastructures; l'on compte parmi celles-ci le Théâtre Mohammed V, un des seuls «vrais» théâtres au Maroc, et actuellement le plus grand de Rabat. C'est un espace ouvert sur une programmation pluridisciplinaire de spectacles de référence, articulée en priorité autour du théâtre, de la musique, de la danse et du cinéma, sans que les autres disciplines artistiques ne soient oubliées. Il fait partie de ces producteurs et diffuseurs d'art dont les énergies enrichissent le paysage culturel du royaume grâce à sa capacité à recomposer le monde, dans la réflexion et la création, et à faire fusionner les signes et les références culturelles. Sa grande popularité (la salle est souvent comble) a poussé la ville à entreprendre le chantier du nouveau Grand Théâtre, un projet grandiose qui devrait donner un nouveau souffle à la culture. Le Grand Théâtre de Rabat est un équipement phare de la séquence II de la Vallée de Bouregreg.
Zaha Hadid, la célèbre architecte, a conçu ce monument exceptionnel qui ambitionne de rayonner à l'échelle internationale. Le choix de son emplacement a été arrêté de manière à mettre en valeur cet équipement emblématique et à assurer son appréciation à partir des sites environnants. Le projet «Wessal Bouregreg» est développé autour du Grand Théâtre de Rabat. Ce théâtre sera le symbole du renouveau culturel de la ville. Le bâtiment sera doté d'une infrastructure de qualité et devrait accueillir un large éventail de manifestations culturelles et artistiques (pièce de théâtre, opéra, ballet, musique symphonique, concerts, conférences, etc.). Le théâtre comprendra plusieurs infrastructures diversifiées dotées d'équipements aux standards internationaux : Une grande salle de spectacle (2.000 places), une salle polyvalente pour les petites représentations, un amphithéâtre en plein air (7.000 places), un studio de création et un espace dédié aux activités urbaines: café, restaurant, boutique de souvenirs devraient voir le jour. Des théâtres, oui, mais les musées ne sont pas en reste : un des plus gros chantiers qui doivent ouvrir leurs portes avant la fin de cette année est le tant attendu Musée national des arts contemporains qui s'inscrit dans le cadre des équipements culturels d'envergure de la ville de Rabat, et par extension du Maroc.
Il a pour mission, d'une part, de sensibiliser et d'initier un large public à la création artistique nationale et internationale et d'autre part, de contribuer activement à la promotion de l'art marocain, à sa diffusion et à sa conservation pour les futures générations. Cet édifice est en voie de construction sur un terrain de 6.813 m2. La surface totale couverte de ce projet est de 10.270 m2. L'ouverture est prévue dans les prochaines semaines. À ses côtés, le Musée de l'archéologie et des sciences et de la terre compte abriter le plus vieux dinosaure jamais découvert, découvert justement à Iminoulawen, dans la province de Ouarzazate. Le dinosaure a 180 millions d'années. Enfin, il sera également un pilier de la conservation des fossiles et permettra au Maroc de faire face à la fuite de son patrimoine ou à la sauvegarde sur son territoire des meilleures collections de fossiles, plutôt que de les envoyer aux musées étrangers
de Göttingen, Berlin, Tübigen, Rennes, ou encore au Canada. Le Musée de l'archéologie et des sciences et de la terre sera un véritable espace dédié à l'histoire naturelle du Maroc et aux sciences à travers des collections géologiques regroupant des fossiles de dinosaures découvert au Maroc et dans le monde, ainsi que des millions de spécimens exceptionnels appartenant au patrimoine naturel marocain.
Et les institutions de l'art...
L'Institut de musique et des arts chorégraphiques n'est pas en reste puisqu'il offre un cadre exceptionnel, convivial et susceptible d'abriter les manifestations de diverses natures avec un auditorium, des salles de cours collectifs, une salle de conférences, une bibliothèque-médiathèque et un espace enfant. L'institut est également un site qui s'adapte à une ville fortement marquée par sa propre identité architecturale, faisant de Rabat la ville qui a su conférer au traditionnel une certaine contemporanéité. Quand à l'Institut supérieur d'art dramatique et d'animation culturelle, celui-ci est un établissement de formation, d'étude et de recherche dans tous les domaines du théâtre qui nourrit les ambitions des jeunes qui cultivant discrètement une admiration pour les idoles et géants du 7e art, ou encore pour les maîtres du théâtre. Comment ne pas citer l'école qui crée, accompagne et encourage le talent ? En effet, l'ISADAC forme et nous fait découvrir des talents tel que Faouzi Bensaidi, auteur du court métrage «La falaise», Hamid Basguit, insaisissable sur scène, Salima Benmoumen, comédienne de valeur, Latifa Ahrar, aux mille et une facettes, Touria Alaoui, la «hamama» et Snoussi Driss, un scénographe que le théâtre d'aujourd'hui vient de découvrir. Autre symbole de culture qui abrite beaucoup d'évènements et en crée même : la Villa des arts. En 2006, la Fondation ONA a inauguré à Rabat son second lieu culturel situé dans un site magique, la Villa des arts, lieu vivant de la culture et de l'expression artistique sous ses diverses formes.
Celle-ci organise plusieurs événements: rencontres littéraires entre écrivains et poètes, ateliers pédagogiques, musique, art contemporain, danse et théâtre. D'autre part, Rabat a de tout temps été le berceau culturel d'écrivains et de nombreux artistes tels que Mahdi Elmandjra, Alain Badiou, Samira Said, mais également celui d'une littérature, principalement en français, en arabe, en darija et en amazigh extraordinairement vivante, déployant toute la gamme des moyens d'expression qu'elle compte en son sein (roman, théâtre, récitals de poésie, joutes de conteurs, cinéma, rap). S'y tiennent également des événements culturels qui font la renommée de la région, à l'instar du Festival Etonnants voyageurs, édition «itinérante» du festival de Saint-Malo, l'un des plus grands événements littéraires français et le seul festival francophone à faire partie de la «World Alliance», du Festival Karacena, festival artistique qui se tient au début de l'été à Salé chaque deux ans, unique en son genre au Maroc, du Festival de la poésie et de la musique arabe, du Festival international du film de Salé, du Cortège des cierges de Salé, du Festival de la musique andalouse; des expositions de peinture aux galeries d'arts de Bab al Had, du Musée des Oudayas et de la Foire régionale de l'artisanat, au Complexe de l'artisanat des Oudayas. En somme, ce contrat-projet va sûrement permettre à Rabat, longtemps en deçà de son réel potentiel, de relancer le secteur du tourisme, notamment le culturel. Rabat, ville lumière, s'apprête à toucher les étoiles...


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