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Formidable succès à Mawazine
Publié dans Les ECO le 06 - 06 - 2014


Stromae Chanteur
Le jeune prodige belge a conquis le public de Mawazine, lundi dernier à Rabat. Grande star, Stromae est humble devant ce succès. Le chanteur aux textes forts et aux musiques légères parle de son parcours, de son passé, en toute franchise.
«C'est une pression particulière que de jouer au Maroc. Il peut s'installer une espèce de routine dans une tournée quand on reste peu de temps dans un endroit. Cela fait 3 jours que je suis là et j'avoue que j'ai une petite montée d'adrénaline. Il y a le temps de davantage analyser les lieux. J'essaie de le repousser le plus possible». Cette pression s'est dissipée aux premières notes de musique, aux premiers mots prononcés devant un public qui l'attendait depuis longtemps. Le public marocain, il le rencontre pour la première fois. Entre son premier album «Cheese» et son album fétiche «Racine carré», il jongle avec les morceaux qui ont marqué, comme le fameux Papaoutai! «Pour moi, je ne vois pas une autre entrée pour «Papaoutai» que celle que l'on fait maintenant avec un papa figé. Le père que l'on avait essayé de représenter était une espèce de fantasme, une distance puisqu'il représente une forme d'autorité mais également une absence. Il doit être représenté comme cela. Il ne peut pas bouger, il doit être porté». Le meilleur pour la fin, donc, puisque Stromae laisse «Papaoutai» pour la fin, afin de garder son public en haleine. Le morceau, sur un rythme entraînant et dansant, raconte cependant une histoire triste, celle de la perte d'un père. «J'ai vécu la mort de mon père en plusieurs phases. Je l'ai perdu juste avant l'adolescence. J'ai appris qu'il était mort bien après car il est dur de retrouver les corps des personnes assassinées. Pudiques, on n'en parlait pas à la maison. Mais quand j'ai appris la nouvelle, il y avait tellement de distance que je n'en ai pas pleuré, mais je pense que cela m'a affecté autrement.
La fierté et l'orgueil ont fait que je n'avais pas envie d'en parler plus que cela. Ce n'est pas pour rien que la chanson «Papaoutai» est sortie, récemment, «comme cela». C'est une façon de faire ressortir cette rancune. Si je suis comme cela c'est avec «grâce» et à cause de son absence. Merci à la vie d'avoir été comme cela, au final. J'ai l'impression que j'ai grandi parce qu'il fallait bien grandir. «On devient adulte en pardonnant à ton père» disait Freud. «Je me suis dit: qui es-tu pour pardonner à ton père? Tu n'as rien à lui pardonner. Il a fait ce qu'il pouvait». Telle une rédemption, les autres morceaux traitent de sujets aussi profonds et noirs tel que le cancer, l'alcoolisme, la rupture... mais sur des airs entraînants. Une manière de mieux faire passer le message? «J'ai un côté moralisateur et paternaliste. Je l'assume un peu. C'est peut être cette éducation catholique qui ressort, mon côté bon élève.
Je ne suis pas très rebelle à la base. Ma rébellion s'exprime dans des choses très minimes. Je ne vais pas jouer le rebelle parce que je ne le suis pas du tout». En effet, Stromae est timide et a du mal à s'exprimer en public ou à s'exhiber facilement. Pourtant, sur scène, il devient quelqu'un d'autre. Confiant, il a des gestes assumés, des mimiques improbables, des chorégraphies superbes. Alors, rentre-dedans ou trop lisse? «En fonction des gens, de l'éducation, des caractères de chacun, le projet peut paraître un peu rentre-dedans ou pas du tout. Cela dépend des gens. Mes vêtements sont particuliers mais mes textes ne le sont pas tant que ça. Un journaliste, il y a quelques jours, me reprochait d'être trop lisse. Par exemple, être faussement bourré pour un clip ou s'habiller mi-homme mi-femme n'est pas quelque chose de révolutionnaire. Mais cela dépend des gens, cela peut paraître choquant pour certains, pas du tout pour d'autres. Je suis plutôt timide dans la vraie vie, mais dès qu'il s'agit de me mettre en scène ou de faire l'imbécile, je suis le premier».
En attendant, Stromae a réussi à créer une image, un univers autour de lui, en seulement deux albums. Certains vont même jusqu'à le comparer à Jacques Brel. Un succès fulgurant que l'artiste timide redoute. «C'est un peu le danger. Quand cela empiète sur ma vie privée, je commence à grincer des dents, mais je ne peux être que reconnaissant. J'ai besoin de rentrer chez moi, de me dire que tout va bien dans ma tête. Trop d'attention est flatteur mais c'est presque inhumain. J'ai besoin de soigner tout cela avec la solitude, de me guérir de cette ascension». Il se «guérit» en étant entouré de sa famille, partie intégrante de son équipe, comme une manière de garder les pieds sur terre. «Est-ce le succès qui fait que cela devient un grand album? Je ne sais pas. Entre les deux albums, il y a eu un long travail de solitude pour ne pas composer pour les gens ou le succès. La solitude fait que l'on se concentre sur soi à en devenir amnésique. Je suis désolé de le dire, mais je fais d'abord de la musique pour moi».


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