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Maroc-Brésil : L'ALE avec le Mercosur relancé
Publié dans Les ECO le 14 - 03 - 2016

À l'occasion de la visite du ministre des Affaires étrangères brésilien, la piste d'un Accord de libre-échange entre le Maroc et le Mercosur a été remise sur la table. Un accord-cadre, visant à améliorer les relations commerciales entre les deux parties, avait été signé par le souverain, à l'issue de sa visite au Brésil en 2004.
Nouveau départ pour le partenariat Maroc-Brésil. La récente visite du ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Viera -marquée également par la tenue du 1er forum économique Maroc/Brésil- signe le début d'une nouvelle dynamique dans les rapports du royaume avec ce pays émergent. À en croire le ministre des Affaires étrangères brésilien, Brasilia et Rabat seraient actuellement «dans les phases finales d'un accord de coopération et de facilitation des investissements entre les deux pays». Un accord qui devrait constituer une porte d'entrée du Maroc dans le marché d'Amérique Latine, notamment celui du Mercosur. Une annonce qui tombe à point nommé, puisque les coordinateurs nationaux des pays du Mercosur viennent d'approuver, mercredi dernier, la relance des négociations pour un accord entre ce groupement régional et le Marocsur, la base de l'accord-cadre signé en 2004 à l'occasion de la visite historique du roi Mohammed VI au Brésil. Le Maroc n'a jamais caché son intérêt de renforcer son commerce avec le marché commun d'Amérique latine.
Partenaire stratégique
Les deux parties ont convenu d'une date pour la tenue de la prochaine commission mixte, qui sera, selon le ministre brésilien, l'occasion de signer des accords sur différents secteurs actuellement en phase de finalisation. Pour ce qui est de la piste d'un Accord de libre-échange, celle-ci est actuellement à l'étude auprès des services du ministère du Commerce extérieur. Le Mercosur est considéré comme le 4e plus grand bloc économique du monde, en termes de volume d'échanges. Regroupant certains grands pays émergents comme le Brésil ou l'Argentine, ce marché représente 82,3% du PIB total de l'Amérique du Sud. Il est à noter que, selon la nouvelle loi sur le Commerce extérieur, toute négociation concernant un accord commercial est désormais conditionnée par la réalisation d'une étude d'impact préalable et l'adoption d'un mandat de négociation. Les pourparlers étant encore à un stade embryonnaire, aucune de ces deux conditions n'est actuellement à l'ordre du jour.
Cap sur l'Afrique
En attendant, l'accent est clairement mis sur l'amélioration des échanges avec le Brésil. De véritables opportunités sont à exploiter, notamment dans le secteur automobile et aéronautique. En matière d'investissements, le Maroc doit faire face à une concurrence importante de la part des pays européens notamment le Portugal avec lequel le Brésil partage une culture et une langue communes. Le cas du constructeur aéronautique Embraer est éloquent en l'espèce. Alors que des investissements étaient attendus sur le sol marocain en 2012, le choix du 3e constructeur mondial a été porté sur le Portugal où il a investi près de 177 millions d'euros pour la construction de plusieurs usines. Pourtant, le Maroc dispose aujourd'hui d'autres cartes à faire valoir, surtout en Afrique. Le royaume constitue un passage incontournable pour le Brésil en vue d'accéder au marché de l'Afrique de l'Ouest où le Maroc est premier investisseur et en Afrique centrale où il est le deuxième.
«Rabat et Brasilia partagent une même conviction selon laquelle le partenariat Sud-Sud est un élément fondamental dans le renforcement et la stabilisation des équilibres au niveau mondial», a expliqué Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la coopération, à l'issue d'une conférence de presse. En outre, le Brésil, en tant que 7e fabriquant automobile au monde, étudie sérieusement le renforcement de sa présence sur ce secteur au Maroc qui se positionne comme l'un des leaders du secteur aux niveaux régional et continental. Les activités bancaires et financières sont également un secteur porteur, grâce notamment à Casablanca Finance City (CFC) qui représente «une plateforme financière idoine vers l'Afrique pour les groupes financiers et investisseurs brésiliens», a expliqué Mezouar. En attendant, le Brésil demeure le 3e client du Maroc après l'Espagne et la France. Les échanges économiques bilatéraux avaient atteint 2 milliards de dollars en 2012 pour se réduire sous l'effet de la crise mondiale à 1,2 milliard de dollars actuellement.


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