Le président du Parlement du Mercosur (Parlasur), M. Rodrigo Gamarra, a mis en avant, mardi à Rabat, l'intérêt porté par ce groupement sud-américain au Royaume du Maroc considéré comme « pont vers le monde arabe et l'Afrique ».    Maroc-USA: Les investisseurs américains sont prêts à investir au Sahara    Mondial U17 féminin : le Maroc déjà qualifié, l'Afrique lance ses éliminatoires    Médecine : la fin des traitements à vie ?    Marruecos - Países Bajos: Hacia un fortalecimiento de la asociación en justicia    Peine de mort en Israël : Hakim Ziyech et Itamar Ben-Gvir s'écharpent    Maroc - Pays-Bas : Vers un renforcement du partenariat dans la justice    CAN Scolaire : Sénégal – Maroc pour une place en finale. Un autre scandale ?    Sahara : Les Pays-Bas réaffirment leur appui au Maroc et soutiennent la résolution 2797    En plein guerre au Moyen-Orient, la France accuse l'Algérie et l'Iran de «terrorisme d'Etat»    Automóvil: Aceleración de las marcas chinas en Marruecos    « Nid d'artistes » : une mémoire vivante de l'Afrique sacrée à Paris    Un TGV percute un poids lourd dans le nord de la France, un mort et plusieurs blessés    Trump affirme que l'Iran pourrait être « anéanti » en une seule nuit    Revue de presse de ce mardi 7 avril 2026    La Bourse de Casablanca lance le marché à terme et la chambre de compensation    LOGIPARC 2: Un nouveau site à Bouskoura pour renforcer l'offre industrielle et logistique nationale    CAN 2025 : plusieurs scénarios juridiques pour trancher le litige entre le Maroc et le Sénégal    Liberté d'expression : Hakim Ziyech menacé par un ministre israélien !    CAN 2027 : le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie accueilleront la compétition du 19 juin au 18 juillet    Ligue des Champions : deux affiches de prestige pour lancer les quarts de finale    La Bourse de Casablanca ouvre dans le vert    GITEX Africa : Akhannouch souligne le bond historique des investissements dans le numérique au Maroc    Le Hénanff : « Le Maroc est désormais considéré comme un véritable hub technologique »    BCIJ : Démantèlement d'une cellule terroriste soupçonnée d'avoir commis des actes criminels motivés par l'extrémisme    Souss-Massa: L'ANEF présente une solution innovante pour le reboisement    Les températures attendues ce mardi 7 avril 2026    Mohamed Lahbabi : "Le citoyen risque de perdre un interlocuteur de confiance, accessible et indépendant"    Morocco Fashion Style & Tex : une inauguration rythmée par la création    Maroc Fashion Week 2026 : Marrakech réaffirme sa position de capitale créative internationale    Jaouda et COPAG brillent aux Impériales 2026 avec quatre distinctions majeures    Musées : le Maroc et le Japon scellent un partenariat inédit    Talbi El Alami représente SM le Roi au Sommet international « One Health » à Lyon    Gitex Africa : Le Maroc, un véritable hub technologique tourné vers l'Afrique    Fès : Repositionnement de la zone industrielle Ain Bida pour atténuer les risques environnementaux    Chambre des représentants: La deuxième session 2025-2026 s'ouvre vendredi    « Nous ne sommes pas une simple plateforme de billetterie, mais une super-app du divertissement »    Maroc : Averses orageuses et fortes rafales de vent, mardi et mercredi    BCIJ : Démantèlement d'une cellule terroriste soupçonnée d'être passée à l'action    Morocco enhances air force with second batch of AH-64E Apache helicopters    Mondial 2026 : les Léopards récompensés en héros par Tshisekedi    Le Maroc renforce sa puissance aérienne avec la réception d'un nouveau lot d'AH-64E Apache    Dakar : une exposition redonne vie aux femmes oubliées de l'histoire    Comediablanca : Un retour magistral pour sa 3e édition    Top Event présente la pièce « Chers Parents »    Le Caire: Bourita s'entretient avec son homologue égyptien    Football U17 : Les jeunes marocains maîtres de l'Afrique du Nord    Maroc-Egypte : Akhannouch au Caire à la tête d'une délégation ministérielle    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Amnistie fiscale. La confiance sera-t-elle vraiment rétablie ?
Publié dans Les ECO le 29 - 01 - 2020

Analyse. Deux thèses se confrontent sur la vraie raison d'être d'une amnistie censée ouvrir la voie à une nouvelle relation entre contribuable et administration fiscale. À partir du 1er janvier et jusqu'à fin juin, les personnes physiques peuvent payer une contribution de 5% sur leurs avoirs en liquide.
En janvier 2015, l'ex-ministre des Finances Mohamed Boussaïd jubilait en présentant les résultats de l'opération dite contribution libératoire au titre des avoirs à l'étranger. Cette amnistie fiscale et de change a été qualifiée par le ministre de réussite puisqu'elle a permis de rapatrier la coquette somme de 27,8 MMDH. Cinq ans après et dans les mêmes termes utilisés par son prédécesseur, l'actuel ministre des Finances, Mohamed Benchaâboun, a insisté sur le fait que l'opération d'amnistie fiscale sur l'argent thésaurisé en liquide ou via des biens meubles et immeubles, lancée dans le cadre de la loi de Finances 2020, est à même de renforcer la confiance. Et surtout pour repartir sur de nouvelles bases en matière de justice fiscale mais telle n'est pas l'opinion de Mohamed Chiguer, président du Centre d'étude et de recherche Aziz Belal qui pense qu'il faut remettre cette opération avec tant d'autres dans leur contexte historique tout en interrogeant la culture dominante.
Traumatisme
Cet économiste estime que l'Etat recourt régulièrement à ce genre d'opérations lorsqu'il se trouve en situation de manque de liquidité. Il a rappelé, dans ce sens, la campagne d'assainissement lancée en 1995 qui selon lui fût loin de rétablir la confiance, bien au contraire. Certes, le Maroc est bien loin de ce genre de razzia fiscale qui a laissé un traumatisme indélébile dans les esprits mais pour Chiguer la défiance est toujours là malgré les annonces officielles des ministres successifs. Selon notre source, en payant les 5% sur l'argent détenu en liquide, les personnes concernées légitiment leurs avoirs mais cela n'empêche qu'elles peuvent s'abstenir de payer à l'avenir en attendant une nouvelle amnistie car pour Chiguer, dans les deux cas, qu'il s'agisse d'assainissement ou d'amnistie, la loi est mise en stand-by, elle est rendue inutile le temps que l'opération dure. Cela alimente un sentiment d'injustice fiscale chez les salariés, principalement la classe moyenne, qui paient l'impôt sur le revenu à la source.
À l'antipode de cette analyse, l'économiste Ahmed Azirar pense qu'il s'agit d'une opération intégrée dans le cadre d'un dernier geste pour rétablir une nouvelle relation entre fisc et contribuable. Il considère cette amnistie fiscale à travers le prisme des dernières Assises de la fiscalité et dans la perspective de la future loi-cadre qui devra rassembler toutes les dispositions fiscales. Pour Azirar, l'Administration fiscale dispose aujourd'hui de nouvelles armes pour faire valoir la loi. En effet, lors de sa présentation de l'opération d'amnistie, Benchaâboun tout en faisant valoir la carotte fiscale de 5% n'a pas manqué de brandir le bâton de la convention signée avec l'OCDE sur l'échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers.
Capacité contributive
Azirar fait aussi le lien entre une fiscalité forte et saine et le financement du développement, surtout dans un contexte actuel marqué par une réflexion sur un nouveau modèle de développement. Pour Azirar, la fiscalité doit être un outil financier, économique et social juste et efficace, lequel insiste sur la nécessité de cesser de pressurer les salariés et la classe moyenne qui représentent le maillon à la fois faible et fort des ressources fiscales.
«Aujourd'hui, l'écosystème financier se présente de manière différente car l'administration fiscale s'est dotée des ressources humaines ainsi que d'une maîtrise de la data qui lui permettent d'agir en toute confiance et dans les délais», a expliqué Azirar mais à partir de là, toute forme de forfaits ou contribution minimale doivent être supprimés afin de considérer le contribuable selon sa capacité contributive et rien d'autre. Ceci dit, la récente opération d'amnistie sera-t-elle vraiment la dernière ? Entrera-t-on dans une nouvelle ère où la loi est appliquée en seul et unique arbitre ?
Le détail de la contribution libératoire
L'opération d'amnistie qui a démarré le 1er janvier se prolongera jusqu'à fin juin avec la possibilité d'une prolongation de deux mois renouvelable une seule fois. Les personnes concernées sont les contribuables personnes physiques ayant leur résidence fiscale au Maroc. Les MRE ne sont pas concernés. Le taux de contribution libératoire est de 5% du montant des avoirs liquides à déposer sur un compte bancaire et ce sont les banques qui se chargent du prélèvement de cette contribution mais dès que celle-ci est payée, les contribuables seront obligés de déclarer leurs revenus qui doivent correspondre aux avoirs déclarés. Ce qui n'empêche pas un contrôle a fortiori si l'administration fiscale constate un grand écart entre les revenus réels et ce qui est déclaré.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.