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«Le Maroc a tous les atouts pour jouer son rôle d'intégrateur régional»
Publié dans Les ECO le 14 - 05 - 2012


Nezha Lahrichi,
présidente de la Smaex.
Les Echos quotidien : La Coface vient d'organiser la première édition de son Colloque risque pays au Maroc, Quel est l'intérêt pour notre pays d'organiser cet évènement ?
Nezha Lahrichi : La Coface est le premier opérateur mondial en assurance-crédit à l'export et l'acteur principal de l'information sur les entreprises qui suit, en permanence, 165 pays. Ses colloques sont l'occasion d'examiner les tendances majeures de l'économie mondiale pour une meilleure approche du risque. Le fait d'organiser sa réunion régionale au Maroc offre l'opportunité de faire un focus sur le pays hôte, une façon de mieux approcher ses réalités et de sensibiliser l'institution qui note les pays sur les aspects qualitatifs, que ne reflètent pas nécessairement les indicateurs statistiques. Une approche terrain permet de changer de lunettes en côtoyant les femmes et les hommes qui sont derrières les chiffres. Une raison suffisante, pour la Smaex, de coorganiser ce colloque à Casablanca.
Cet événement a-t-il un rapport avec le séminaire de Crédit alliance ?
En effet, ce colloque se tient aussi à l'occasion du séminaire de Crédit Alliance, réseau mondial spécialisé dans les métiers du poste client et permettant à ses membres un accès à l'information sur des millions d'entreprises et un développement continu en terme d'ingénierie de l'information : ainsi, l'information recueillie, analysée, interprétée, validée par des professionnels est transformée en renseignement fiable et utilisable par les décideurs.
Qu'est-ce qui explique l'importance de l'assurance-crédit dans le contexte actuel ?
Le monde change ! Pour certains, il est plat et rétréci ; pour d'autres, il est cubique. Plat, dans le sens où la mondialisation est de plus en plus le fait de puissances non occidentales. Cubique, parce qu'il y a plusieurs niveaux de gouvernement et une intéraction entre le global, le régional et le local. Mais c'est le fait qu'il soit rétréci qui intéresse notre propos dans la mesure où l'information prend une importance cruciale en raison de la révolution des technologies de l'information et du travail en réseau. Si les enjeux prioritaires ont été largement dominés par des fonctions structurantes comme la production, le commerce et l'innovation, l'information est de nos jours au cœur des processus décisionnels, et les marchés ne sont plus conquis par les seules vertus du prix et de la qualité. La compétition internationale acharnée, exacerbée, transforme les informations stratégiques en enjeux stratégiques. Les compétiteurs avertis l'ont compris. C'est pourquoi l'anticipation et non pas la réaction devient déterminante, car elle est action et donc créatrice de valeur. C'est précisément ce qui caractérise l'assurance-crédit dont le cœur de métier repose sur l'anticipation des probabilités de défaillances des entreprises, fondée sur une analyse dynamique du risque. Il n'est pas sans intérêt de préciser que cette analyse du risque suppose la prise en considération du fait que l'information macroéconomique et la situation politique sont essentielles pour les décisions microéconomiques. Les décideurs ont en effet besoin de signaux fiables sur la conjoncture, de plus en plus difficile à appréhender, étant donné l'interconnexion des économies et la relativité de leur découplage. C'est pourquoi c'est le système de notation des pays, qui permet de mesurer la capacité moyenne des entreprises d'un pays à respecter leurs engagements, combine les perspectives économiques et politiques d'un pays, l'environnement des affaires et l'analyse de la solvabilité de l'entreprise.
Quel rôle est appelé à jouer l'Asmaex dans les prochaines années ?
Comme la Smaex a une longue expérience d'évaluation du risque, elle est appelée à développer sa propre notation des pays, en s'appuyant sur le dispositif scientifique du Conseil national du commerce extérieur – CNCE. Celui-ci met à profit la démocratisation de l'analyse de la conjoncture à travers la formidable capacité de gestion de grandes bases de données des ordinateurs, mais aussi la possibilité d'exploiter des logiciels qui simplifient l'utilisation de l'économétrie, jusque-là domaine réservé des spécialistes pointus. Ce saut qualitatif en faveur de la Smaex s'inscrit dans la vision géostratégique du Maroc qui en fait une plateforme d'investissement et d'exportation au carrefour des marchés européens, américains et africains. Ces derniers sont au cœur des enjeux internationaux et nécessitent une appropriation des analyses pays, l'organisation de systèmes d'information structurées et une grille de lecture des affrontements économiques aux différents niveaux d'implication des acteurs. C'est précisément ce que permet de formuler un système d'intelligence économique en cours de mise en œuvre au sein du CNCE.
Quel rôle peuvent jouer, dans ce sens, les banques marocaines présentes à l'international comme Attijariwafa bank et BMCE Bank ?
La présence de grandes banques marocaines, AWB et BMCE Bank, est un atout majeur pour réaliser cette ambition, avec, à la clé, l'organisation du binôme financement-garantie. Comme l'assureur crédit est le preneur de risque en dernier ressort, l'articulation entre assurance-crédit et développement trouve son expression dans la facilité d'accès au crédit bancaire pour les entreprises structurées, ainsi que dans l'intégration des entreprises informelles dans
le circuit du financement formel.
Quid de l'assurance publique ?
Un autre axe stratégique du développement de la Smaex concerne la réforme de l'assurance publique dont la mission est de compléter l'assurance-crédit commerciale, soit la couverture du risque crédit à court terme, et qui garantit ce que le marché ne couvre pas : les risques politiques, catastrophiques et de non-transfert, et le crédit à moyen terme, le temps étant l'ennemi du recouvrement. Ainsi, si techniquement, l'assurance-crédit couvre le risque d'insolvabilité du client, sa dimension est plus politique que commerciale, car elle est l'outil de promotion des exportations et des investissements. C'est pourquoi elle est historiquement l'émanation du pouvoir politique. Soulignons aussi rapidement, dans ce virage stratégique de la Smaex, le développement de l'assurance-crédit domestique en capitalisant sur l'expérience de la société Recours, précurseur du renseignement structure au Maroc et filiale de la Coface, de la Smaex et de banques de la place.
De manière globale, que peut faire à l'assurance crédit pour le développement des exportations dans la région ? Quel rôle peut y jouer le Maroc ?
Il est souhaitable de créer un dispositif afro-euro- méditerranéen de garantie des exportations et des investissements. Cela, afin d'un côté, de mettre en réseau les sources d'information existantes pour une fiabilité accrue de l'information, en impliquant la diplomatie économique, les banques et autres institutions. Et afin, d'un autre côté, d'organiser la coassurance pour partager les risques et mieux accompagner les opérateurs économiques. Cette proposition de la Smaex a été inscrite dans l'Initiative pour l'investissement en Méditerranée, projet mené par la CDG, la Caisse des dépôts française et l'Ipemed. Le Maroc dispose d'un certain nombre d'atouts pour jouer son rôle d'intégrateur : statut avancé avec l'Europe, porte de l'Afrique avec une dynamique en marche des investissements : banques, télécoms, cimenterie, transport, habitat ; et, enfin, un assureur-crédit adossé à l'Etat et donc en mesure d'assurer une convergence des stratégies des entreprises et de l'Etat dans le cadre de la nouvelle configuration des relations internationales. Sachant qu'il faut aller vite, le temps étant aussi une ressource stratégique.


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