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Diplomatie : l'UE, le Canada et la Grande-Bretagne avancent en front uni face à Trump
Publié dans Les ECO le 19 - 03 - 2025

Ils avaient affronté Donald Trump en ordre dispersé lors de son premier mandat, mais les pays de l'Union européenne font désormais bloc, agissant comme un pôle d'attraction notamment pour le Canada et la Grande-Bretagne qui partagent leur vision du monde.
Le nouveau Premier ministre canadien Mark Carney, qui a choisi la France et la Grande-Bretagne pour son premier déplacement à l'étranger, délaissant son voisin nord-américain, a souligné lundi qu'il était «plus important que jamais de renforcer» les liens de son pays avec des «alliés fiables» et de «diversifier» ses relations commerciales et sécuritaires, au moment où le Canada subit les menaces répétées du président américain.
«À l'évidence, une alliance se dessine dans les premiers mois de la présidence Trump», observe Frédéric Merand, professeur de sciences politiques à l'Université de Montréal, expliquant que les alliés historiques des Etats-Unis ont pris conscience qu'il n'y a «aucune relation spéciale qui vaille, sauf peut-être avec Israël» pour l'hôte de la Maison Blanche.
Une présidence en mode bulldozer
En moins de deux mois de présidence, le républicain a bousculé l'ordre géopolitique mondial, considérant la diplomatie comme un rapport de force y compris avec les partenaires les plus proches de Washington. Il a multiplié les propos menaçants sur l'annexion du Canada qu'il aimerait voir devenir le 51e Etat américain ou sur la possibilité de s'emparer du Groenland et du canal de Panama.
Sur le plan économique, il a dégainé, comme lors de son premier mandat, des droits de douane punitifs tandis que dans le domaine de la défense, les alliés des Etats-Unis dans l'Otan sont accusés de tirer profit de la générosité de l'Amérique. Les Etats-Unis de Donald Trump sont devenus un repoussoir.
«Par conséquent, la seule stratégie viable, c'est de faire front commun et de l'isoler sur la scène internationale», estime Frédéric Merand.
Dans ce contexte, «l'Union européenne devient un point d'attraction pour des pays traditionnellement alliés des Etats-Unis et démocratiques et qui sont, comme le Canada, menacés» par le pouvoir à Washington, constate Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France au Royaume-Uni. Elle note le changement de posture de l'allié britannique qui avait toujours dit «qu'entre le continent et le grand large, il choisirait le grand large». «Sauf qu'aujourd'hui c'est compliqué, à partir du moment où Donald Trump ne respecte plus les règles du jeu et s'éloigne des démocraties», dit-elle.
Solidarité et reconfiguration
Le Royaume-Uni, qui a quitté l'Union européenne en 2020, est plus proche que jamais de la France et des autres pays membres, notamment dans la défense de l'Ukraine face à la Russie. Pour le moment, on est dans «une réaffirmation de solidarité entre ces pays démocratiques qui ont la même vision du monde. Cela ne veut pas dire qu'on va aboutir à une alliance» structurée, estime néanmoins la diplomate Sylvie Bermann. Pour autant, en affichant un réalignement stratégique, UE, Canada et Royaume-Uni signalent la nécessité d'un bloc transatlantique renforcé pour le long terme.
«Nous n'avons aucune assurance que les Etats-Unis, dans trois ans ou dans quatre ans, seront les Etats-Unis que nous avions connus depuis la Deuxième Guerre mondiale», reprend le professeur de l'Université de Montréal.
Pour lui, il est temps de «penser à long terme et de mettre en place des fondations qui permettraient une institutionnalisation, et une pérennisation d'un pacte des démocraties alliées historiques des Etats-Unis». Alors que l'UE, le Canada et le Royaume-Uni sont déjà liés par des accords de libre-échange, l'intégration économique semble être une voie d'entrée. Mais harmoniser les règlementations, coordonner les politiques industrielles ou réduire la dépendance aux Etats-Unis constituent de sérieux obstacles.
«Aucun pays n'est plus vulnérable que le Canada en raison de sa dépendance économique envers les Etats-Unis et de sa dépendance au parapluie sécuritaire américain», note pour sa part Edward Alden, expert au Council on Foreign Relations (CFR).
Renforcer ses liens avec l'Europe ne suffira «pas à combler le vide», dit-il. «L'UE (…) représente environ 5% des exportations canadiennes, tandis que les Etats-Unis en représentent plus de 75%. Tout réalignement économique sérieux prendrait des décennies». Quels que soient les obstacles, ces pays ont intérêt à se doter des moyens pour agir de façon plus autonome que ce soit sur le plan économique, diplomatique ou sécuritaire, estime néanmoins Sylvie Bermann.
«On a longtemps considéré que le premier mandat de Donald Trump était l'exception et celui de Joe Biden la règle. Ce n'est pas le cas», résume-t-elle, rappelant les faits: «Depuis plus d'une décennie, sinon davantage, puisque c'était déjà le cas avec Barack Obama, les Etats-Unis se désintéressent de l'Europe».
Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ECO


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