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Acquisition monétique : les banques entrent en scène
Publié dans Les ECO le 09 - 07 - 2025

Longtemps dominé par un acteur unique, le marché de l'acquisition monétique s'ouvre à la concurrence. Portées par un cadre réglementaire rénové et des enjeux stratégiques majeurs, les filiales de plusieurs groupes bancaires prennent position pour capter les flux de paiement électroniques.
Le paysage monétique vit une mue sans précédent. En l'espace de quelques mois, plusieurs filiales de groupes bancaires ont investi le champ de l'acquisition commerçants, longtemps verrouillé par un quasi-monopole. Un tournant clé pour l'inclusion financière, la digitalisation des transactions et la structuration d'un marché désormais ouvert à la concurrence.
Une libéralisation attendue
Le 1er mai 2025 restera une date symbolique dans l'histoire des paiements électroniques. Ce jour-là, quatre groupes bancaires ont lancé ou renforcé l'activité de leurs filiales spécialisées dans l'acquisition commerçants. Il s'agit d'Attijari Payment (Attijariwafa bank), Damane Cash (Bank of Africa), M2T via Chaabi Payment (BCP), et Lana Cash (CIH Bank). Tous ont désormais la capacité d'équiper les commerçants en terminaux de paiement électroniques (TPE) ou en solutions e-commerce, et de traiter leurs transactions dans un cadre certifié.
Ce mouvement simultané n'a rien d'un hasard. Il s'inscrit dans la mise en œuvre progressive d'une réforme majeure, celle de l'ouverture du marché de l'acquisition, actée fin 2024 par le Conseil de la concurrence, après des années de concentration autour du Centre monétique interbancaire (CMI). En vertu des nouveaux équilibres, ce dernier est appelé à devenir un processeur technique national, délesté de ses activités commerciales.
«Il y avait urgence à briser le monopole pour réduire les coûts d'acceptation, encourager l'innovation, et démocratiser les usages de la carte», confie un expert. Le plafonnement des frais d'interchange imposé par Bank Al-Maghrib, combiné à l'obligation faite au CMI de transférer ses contrats commerçants, a permis aux nouveaux acquéreurs d'entrer sur le marché dans des conditions viables.
Une bataille sur plusieurs fronts
Attijari Payment, filiale monétique d'Attijariwafa bank, a été l'un des premiers à dégainer. Depuis l'obtention de son agrément d'Etablissement de paiement en mars 2025, la structure s'est dotée d'une offre complète d'acquisition, tant sur les TPE que sur les paiements en ligne.
«Ce lancement marque un tournant décisif», souligne Fahd Bettache, directeur dénéral d'Attijari Payment Processing.
L'entreprise revendique une expertise de plus de 20 ans dans les paiements, et ambitionne de devenir un acteur de référence dans la transformation numérique de l'économie nationale. Chez Damane Cash, le ton est similaire.
«Nous souhaitons apporter une réponse concrète, simple et performante aux professionnels marocains», insiste Maha Kohen, présidente du directoire.
Forte d'un maillage dense de 4.200 points de service, la filiale de Bank of Africa capitalise sur une proximité terrain avérée pour adresser les commerçants, hôteliers, transporteurs ou artisans. L'objectif est de faire des paiements électroniques un levier accessible et humain, adapté aux besoins métiers.
Chaabi Payment, née dans le giron de M2T (filiale du groupe BCP), propose une approche multicanal. Paiement en ligne, TPE classique ou intégré en caisse, les solutions visent les PME comme les grandes enseignes. Même dynamique chez Lana Cash, adossée à CIH Bank, qui vient d'obtenir le statut d'acquéreur de plein exercice. Elle pourra ainsi traiter directement les flux de cartes, marocaines et internationales, dans le cadre d'une infrastructure nationale interopérable.
Les enjeux d'un nouveau marché
Les banques disposent désormais d'un outil stratégique supplémentaire pour fidéliser leur clientèle professionnelle et capter une part des flux. Mais elles devront s'imposer sur un marché où les marges sont faibles, les exigences techniques élevées et la qualité de service déterminante.
«Ce qui va faire la différence, ce n'est pas seulement le prix, mais la capacité à proposer un accompagnement terrain, une fiabilité sans faille et des services intégrés à l'écosystème du client», analyse un cadre du secteur.
Pour les commerçants, l'ouverture du marché est synonyme d'une baisse attendue des frais, mais aussi d'une diversification de l'offre. L'acceptation de la carte ne sera plus un privilège réservé aux grandes enseignes, mais une commodité accessible aux petits acteurs, même en zones rurales. En toile de fond, c'est aussi la dynamique d'inclusion financière qui se joue.
Selon les dernières données de Bank Al-Maghrib, le nombre de cartes bancaires en circulation a progressé de 12% en 2024 pour atteindre 22,6 millions, mais leur usage reste limité. En effet, 35% seulement des opérations scripturales sont réalisées par carte, et la majorité des transactions se concentrent encore sur les retraits en espèces.
Le paiement électronique, bien qu'en croissance, demeure sous-exploité dans de nombreux segments du commerce. L'élargissement du réseau d'acceptation, via de nouveaux acquéreurs plus proches du terrain, est une condition sine qua non pour renforcer la bancarisation et faire reculer l'usage du cash.
Une transformation qui ne fait que commencer
Si la réforme est en marche, elle reste encore en phase transitoire. Les transferts de contrats commerçants du CMI vers les nouveaux acquéreurs s'étaleront jusqu'à novembre 2025. D'ici là, les opérateurs doivent se structurer, former leurs équipes et convaincre des milliers de commerçants de contracter avec eux. Le pari est ambitieux, mais porteur.
À moyen terme, cette recomposition pourrait favoriser l'émergence d'un écosystème plus dynamique, juste et innovant, au bénéfice de l'ensemble des acteurs économiques. La balle est désormais dans le camp des acquéreurs.
À eux de démontrer que la libéralisation du marché peut se traduire concrètement par une amélioration de l'expérience tant pour les commerçants que pour les clients finaux. Pour cela, ils devront conjuguer innovation technologique, proximité humaine et performance opérationnelle, un triptyque exigeant, mais indispensable.
Sanae Raqui / Les Inspirations ECO


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