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Sécurité alimentaire mondiale : entre famines locales et marchés agricoles sous tension
Publié dans Les ECO le 06 - 10 - 2025

Alors que les marchés agricoles mondiaux semblent tenir un fragile équilibre, des millions de personnes basculent dans la faim extrême. Le dernier Food Security Update de la Banque mondiale, publié en septembre 2025, révèle une double réalité : d'un côté des filières céréalières globalement bien approvisionnées, et de l'autre, des crises aiguës au Soudan, à Gaza, en Haïti ou encore au Yémen, où la survie quotidienne est menacée.
La planète se trouve à un tournant décisif en matière de sécurité alimentaire. Le dernier Food Security Update, publié en septembre 2025 par la Banque mondiale – et nourri des données issues d'un large consortium international (ONU, agences techniques, bailleurs et institutions régionales) -, dresse un constat contrasté qui oscille entre la persistance de crises humanitaires extrêmes et la relative stabilité des grands marchés agricoles.
Derrière les chiffres, c'est une réalité humaine et économique qui se dessine, marquée par l'urgence pour certains pays et par la prudence pour l'ensemble de la communauté internationale. Le constat le plus alarmant vient du Global report on food crises.
Selon ce document, des famines ont été officiellement déclarées au Soudan et dans la bande de Gaza, tandis que le risque demeure élevé au Soudan du Sud. Plus largement, 1,4 million de personnes dans le monde vivent aujourd'hui dans des conditions de survie extrêmes, classées en phase 5 de l'IPC, le dernier stade de l'insécurité alimentaire aiguë.
À Gaza, 95% des ménages affirment manquer de nourriture et 90% de la population a été déplacée. Ailleurs, en Haïti, au Mali et au Yémen, la situation n'est guère plus rassurante, avec des millions de personnes en besoin urgent d'assistance. Ces crises ne résultent pas d'un seul facteur mais bien d'une combinaison redoutable : guerres prolongées, effondrement économique, dérèglement climatique et restrictions humanitaires. Pourtant, à l'échelle mondiale, les marchés agricoles offrent un visage plus rassurant.
Le rapport de l'AMIS Market Monitor souligne que les approvisionnements en blé, maïs, riz et soja restent globalement suffisants pour répondre à la demande. Mais cette stabilité apparente masque des fragilités persistantes. Si les prix du blé et du riz ont récemment reculé à des niveaux historiquement bas, le maïs et le soja demeurent portés par une demande internationale soutenue. Les engrais, en revanche, repartent à la hausse, notamment ceux à base d'azote, ce qui pèse directement sur les marges des agriculteurs.
À cela, s'ajoutent des risques difficilement contrôlables : les aléas climatiques liés à La Niña, attendue en fin d'année, les sécheresses persistantes en Afrique de l'Est ou encore les pluies excessives dans l'Indo-Pacifique. Les politiques commerciales, de plus en plus imprévisibles, ainsi que le recours croissant aux cultures pour la production de biocarburants, accentuent les incertitudes qui planent sur les marchés.
La malnutrition, un signal d'alarme strident
Au niveau des ménages, la tendance est tout aussi préoccupante. Dans deux tiers des pays suivis, l'inflation alimentaire demeure supérieure à l'inflation générale. Cette réalité se traduit par un constat implacable : en Afrique, 66% de la population n'a pas les moyens de se payer un régime alimentaire sain. Le coût moyen d'une alimentation équilibrée a atteint 4,46 dollars par jour et par personne en 2024, un niveau record qui fragilise particulièrement les classes moyennes et accentue les inégalités.
Chaque hausse de 10% des prix alimentaires provoque mécaniquement une progression notable de l'insécurité alimentaire, estimée à 3,5%, et une aggravation de la malnutrition infantile, avec jusqu'à 6% de cas supplémentaires de malnutrition aiguë sévère chez les enfants. Les dernières estimations conjointes sur la malnutrition infantile rappellent l'ampleur du défi. En 2024, quelque 150 millions d'enfants de moins de cinq ans souffraient encore d'un retard de croissance, tandis que 42 millions étaient touchés par la maigreur, dont 12 millions dans une forme sévère.
À l'inverse, 35 millions d'enfants étaient en surpoids, illustrant le double fardeau nutritionnel auquel sont confrontés de nombreux pays. Si des progrès avaient été observés au cours de la dernière décennie, la dynamique s'essouffle dangereusement. Pour ce qui est de l'Afrique, le nombre absolu d'enfants souffrant d'un retard de croissance continue même d'augmenter.
L'aide humanitaire, mais encore ?
Face à ce tableau, les auteurs du rapport insistent sur l'urgence de dépasser la logique de gestion de crise. L'aide humanitaire, indispensable pour répondre à l'urgence, ne peut constituer une stratégie durable. Les solutions passent par des politiques commerciales plus transparentes afin d'éviter les interdictions d'exportation qui perturbent les marchés. Ceci passe par la mise en place de filets sociaux renforcés pour protéger les ménages les plus vulnérables des chocs de prix, mais également par un investissement massif dans la productivité agricole ainsi que dans les infrastructures de stockage et de transport.
L'adaptation aux dérèglements climatiques devient elle aussi une priorité incontournable, car elle conditionne la résilience des systèmes alimentaires à long terme. Les projections sont claires : à l'horizon 2030, plus de 512 millions de personnes pourraient encore être sous-alimentées si la trajectoire actuelle se maintient.
L'objectif de développement durable visant l'éradication de la faim dans le monde semble donc, à ce stade, hors de portée. Mais cette réalité n'est pas une fatalité. Elle peut être infléchie si les Etats, les bailleurs et les organisations internationales acceptent de conjuguer leurs efforts pour mettre en place des mécanismes durables. L'édition 2025 du Food Security Update met ainsi en lumière une double réalité.
D'un côté, des marchés agricoles qui tiennent, au prix d'un équilibre fragile, de l'autre, des millions de vies brisées par des famines et des privations alimentaires extrêmes. C'est à la jonction de ces deux dynamiques que se joue l'avenir de la sécurité alimentaire mondiale.


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