En marge du forum MEDays, l'ancien Secrétaire d'Etat britannique au Commerce international, Liam Fox a pointé « l'essor préoccupant du protectionnisme » parmi les économies les plus riches : « Les pays développés dressent des barrières contre les pays pauvres. Cela n'a aucun sens économique», s'est-il alarmé, pointant la multiplication des mesures protectionnistes prises par les grandes économies. Il cite notamment les tensions sino-américaines, rappelant que la Chine a été admise à l'OMC comme pays en développement et continue de bénéficier de cette classification malgré son statut de puissance économique :« Cela crée une distorsion qui pénalise les vrais pays en développement. » Selon lui, les nouveaux obstacles commerciaux érigés par les grandes économies bloquent l'accès de l'Afrique à des marchés dont elle a pourtant besoin pour transformer ses propres atouts naturels. Liam Fox a mis l'accent sur les atouts du Maroc ses investissements massifs dans les renouvelables, ses capacités en dessalement, et sa montée en puissance dans l'agro-industrie. Un pays, dit-il, qui se donne les moyens de son développement. « Le Maroc fait tout ce qui est en son pouvoir : il attire les investissements et améliore ses services. Ce que le Maroc ne peut pas contrôler, c'est l'accès aux marchés internationaux. » Pour Fox, le paradoxe est flagrant : « Les pays développés ont profité du libre-échange pendant des décennies. Aujourd'hui que les économies émergentes peuvent enfin en tirer parti, on leur ferme les portes. » L'ancien responsable britannique relie directement le libre-échange à deux enjeux globaux : la lutte contre la pauvreté et la réduction des migrations économiques. « Si nous voulons plus de prospérité internationale et moins de migrations forcées, nous devons maintenir les marchés ouverts et équitables. » Selon lui, l'Afrique détient un potentiel immense, notamment grâce à ses minerais critiques, indispensables à la transition énergétique mondiale : « La question est : comment faire en sorte que ces avantages naturels deviennent réellement une source de prospérité pour les populations ? » Fox rappelle que l'attractivité économique ne repose pas uniquement sur les ressources, mais aussi sur les institutions notamment la sécurité juridique, la prévisibilité réglementaire, la qualité du système judiciaire, la formation de la main-d'œuvre, la maîtrise de l'anglais dans certains cas et la capacité technologique. « L'un des premiers facteurs pour les investisseurs n'est pas le potentiel économique, mais le cadre légal : comment les litiges seront-ils tranchés ? Est-il prévisible, équitable ? » Sur ce terrain, dit-il, le Maroc est "à l'avant-garde", tandis que d'autres pays du continent doivent encore rattraper leur retard. Liam Fox a évoqué la responsabilité des pays riches : « Nous devons comprendre ce qui nous a rendus prospères et accepter que nous avons un devoir moral d'aider les autres pays à bénéficier des mêmes avantages. » Son message est clair : le développement des pays africains n'est pas seulement dans leur intérêt, il est aussi dans l'intérêt du monde entier. Pour conclure Liam Fox a lancé un appel : « Nous devons revenir à des marchés libres, ouverts et équitables. C'est la seule façon d'assurer la prospérité mondiale. »