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Régionalisation avancée : comment les SRM réinventent la gestion des services essentiels
Publié dans Les ECO le 13 - 10 - 2025

Au cours de ce mois, trois nouvelles sociétés régionales multiservices (SRM) ont démarré leurs activités à Guelmim, Tanger et Laâyoune. Elles s'ajoutent à celles de Casablanca-Settat et Marrakech-Safi, avec des investissements allant jusqu'à 60 milliards de dirhams et des recrutements massifs pour couvrir des millions d'habitants. Zoom sur les transformations structurelles sous-jacentes, les implications concrètes pour les acteurs économiques, les citoyens et l'Etat.
Ces derniers mois, l'on assiste à une nouvelle dynamique autour des sociétés régionales multiservices (SRM), qui se manifeste par le lancement de nouvelles entités, ainsi que par la consolidation opérationnelle des pionnières (Casablanca-Settat, Marrakech-Safi).
Il s'agit notamment des lancements successifs de celle de Guelmim-Oued Noun (octobre 2025), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (septembre 2025) et de Laâyoune-Sakia El Hamra (octobre 2025). Une vague de lancement qui incarne une refonte radicale de la gestion des services publics. Fondées sur la loi n°83-21, ces entités unifient sous un modèle régionalisé la distribution d'eau, d'électricité et d'assainissement liquide.
Centralisation régionale vs fragmentation antérieure : un changement de paradigme
Le modèle des SRM incarne une rupture fondamentale avec l'émiettement antérieur des opérateurs publics. En unifiant sous une gouvernance unique la gestion de l'eau, de l'électricité et de l'assainissement, il résout les dysfonctionnements structurels nés de la multiplicité des intervenants. L'exemple emblématique de Deroua (province de Berrechid) démontre cette transformation.
La SRM Casablanca-Settat y a réalisé en une semaine un raccordement interprovincial (Nouaceur-Deroua), opération «difficilement réalisable dans le passé» en raison de la fragmentation territoriale. Cette centralisation opérationnelle permet non seulement une mutualisation des investissements et une optimisation des coûts – éliminant doublons techniques et gaspillages financiers – mais instaure aussi une logique de péréquation territoriale intégrée.
Les contrats de gestion de longue durée (30 ans pour la SRM Guelmim-Oued Noun) inscrivent explicitement la «réduction des disparités régionales» et la «généralisation de l'accès» comme principes directeurs. Ce mécanisme de solidarité spatiale se concrétise par des investissements ciblant indifféremment zones rurales et centres urbains, à l'image des 60 MMDH déployés par la SRM Casablanca-Settat (2024-2054) couvrant Benslimane aussi bien que Casablanca.
Une approche unifiée qui matérialise la vision exprimée par Youssef Ettazi, directeur général de la SRM Casablanca-Settat, lors du lancement de son entité : «Offrir à chaque citoyen un accès équitable à des services vitaux», transformant la gouvernance territoriale en un levier de justice sociale et d'efficacité économique.
Investissements structurants, dynamisme RH et innovation adaptative
Le modèle des SRM impulse une dynamique économique sur plusieurs dimensions, combinant des investissements massifs, création d'emplois qualifiés et réponse innovante aux défis climatiques. Sur le plan financier, l'ambition est tangible.
La SRM Laâyoune-Sakia El Hamra déploie 2,74 MMDH pour moderniser ses infrastructures, tandis que la SRM Casablanca-Settat investit 400 MDH dans 28 stations de dessalement – dont 60% étaient opérationnelles dès juillet 2025. Des projets qui s'appuient sur un modèle de financement pérenne associant Etat (25%), ONEE (25%), régions (10%) et Collectivités territoriales (40%), créant ainsi un écosystème co-responsable capable de soutenir des programmes pluriannuels.
En parallèle, cette dynamique s'accompagne d'une montée en puissance stratégique des ressources humaines. La SRM Casablanca-Settat illustre cette tendance avec sa seconde vague de recrutement de 400 postes en juillet 2025 – ingénieurs eau/électricité, techniciens hydrocurage ou chefs de projet RSE – dans le cadre d'un plan global de 600 embauches annuelles visant à doter l'entité d'expertises en phase avec ses ambitions et enjeux.
Enfin, l'innovation constitue le troisième pilier de cette transformation économique. Face au stress hydrique significatif, les stations monoblocs à osmose inverse (capacité : 8 millions de m3/an) allient rapidité de déploiement et écologie, tandis qu'à Mohammedia, un système anti-inondations de 140 MDH – recourant à des forages souterrains de 16 mètres – a réduit de 18 à 6 mois les délais de réalisation, démontrant ainsi la capacité des SRM à conjuguer résilience climatique et efficacité opérationnelle.
Gouvernance, centralisation et attentes citoyennes
Cela dit, la consolidation du modèle des SRM s'accompagne de défis complexes nécessitant une vigilance accrue. La première assemblée générale de la SRM Marrakech-Safi, qui s'est tenue en juillet 2025, met en lumière les difficultés de reporting financier post-intégration des anciens opérateurs (RADEEMA, RADEES et ONEE), où l'affectation des bénéfices en «report à nouveau» révèle la prudence indispensable dans la capitalisation initiale des entités régionales.
Parallèlement, l'unification des réseaux expose à des risques systémiques, comme l'a rappelé la panne électrique ibérique d'avril 2025 – causée par une «cascade de surtensions» inédite. Une fragilité potentielle qui exige des SRM un renforcement critique des mécanismes de contrôle, accélérant la digitalisation (via des postes dédiés comme «Ingénieur Cloud») et la sécurisation des systèmes (tels qu'«Ingénieur Sécurité SI»).
Enfin, la réactivité démontrée par la SRM Casablanca-Settat à Deroua – saluée par les habitants pour son raccordement express – établit un standard de performance à souligner, transformant les attentes citoyennes en pression permanente.
Comme le souligne Abdellah Benomar, directeur général de la SRM Guelmim-Oued Noun, placer les attentes et aspirations des citoyens au centre de l'action devient un impératif de redevabilité, où chaque retard ou défaillance risque d'être perçu comme une rupture du contrat social territorial.
Vers un service public territorialisé et efficient
Les Sociétés régionales multiservices consacrent une refonte systémique : le passage d'une gestion fragmentée (eau, électricité, assainissement cloisonnés) à une logique d'écosystème interdépendant et territorialisé. Pour les acteurs économiques, cette intégration ouvre des opportunités via des marchés publics unifiés et mutualisés, tout en imposant une adaptation aux normes régionales émergentes.
Pour les citoyens, elle incarne la promesse tangible d'équité spatiale – notamment dans les zones rurales longtemps marginalisées – et d'une réponse agile aux urgences climatiques ou démographiques, comme en témoignent les interventions express de Deroua ou les stations de dessalement déployées face au stress hydrique. Une dynamique qui s'inscrit dans une vision collective.
Comme le souligne un analyste, «la pérennité de ce modèle reposera sur trois leviers indissociables : un pilotage financier rigoureux assurant la traçabilité des investissements pluriannuels, un capital humain qualifié via des recrutements ciblés pérennisés, et une innovation technologique constante (digitalisation, contrôle intelligent des réseaux)».
Au-delà d'une réforme administrative, les SRM matérialisent ainsi une ambition profonde : aligner la «transformation des services» sur les impératifs du XXIe siècle – durabilité écologique, résilience infrastructurelle et justice spatiale – faisant de chaque région un pilier actif de la souveraineté publique nationale.
Bilal Cherraji / Les Inspirations ECO


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