Le 16 décembre 2025, Pékin a accueilli la 7e session de la Commission mixte de coopération économique, commerciale et technique entre le Maroc et la Chine. Plus qu'un simple exercice diplomatique, cette réunion traduit la montée en puissance d'un partenariat stratégique qui s'enracine dans la continuité et s'oriente vers des perspectives économiques concrètes. Coprésidée par Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie et du Commerce, et Zhang Li, vice-ministre du Commerce chinois, cette session de haut niveau s'inscrit dans le cadre du Partenariat stratégique global établi en 2016 entre Rabat et Pékin. Elle a réuni une large délégation marocaine, composée de représentants de plusieurs départements ministériels, ainsi que l'ambassadeur du Maroc en Chine, Abdelkader El Ansari. Un partenariat à l'épreuve du temps Cette rencontre, la première depuis la pandémie, marque un jalon important dans la consolidation des liens maroco-chinois. Elle a permis de passer en revue les acquis du partenariat bilatéral, mais aussi d'ouvrir de nouveaux chantiers dans un esprit d'équilibre et de complémentarité. La partie chinoise n'a pas manqué de saluer les avancées économiques du Royaume, rendant hommage à la vision «clairvoyante, solidaire et engagée» de SM le Roi Mohammed VI. Ryad Mezzour a, quant à lui, mis en avant les projets structurants du Maroc, la dynamique industrielle du pays, ainsi que les opportunités offertes par l'organisation conjointe de la Coupe du monde 2030. L'un des moments clés des échanges fut la reconnaissance du rôle du Maroc comme hub stratégique vers l'Afrique. Dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), les deux parties ont souligné la capacité du Maroc à servir de passerelle pour les ambitions économiques chinoises sur le continent. Cette dimension régionale positionne le Royaume comme un levier de la politique d'internationalisation des entreprises chinoises. Rééquilibrer les échanges, valoriser les atouts marocains Le déséquilibre commercial entre les deux pays, avec une balance largement favorable à la Chine, a également été abordé. Les deux ministres ont discuté des mécanismes pour élargir l'accès des produits marocains au marché chinois, en particulier dans les secteurs agroalimentaire, textile, minier et artisanal. Un effort particulier devrait être déployé pour identifier les barrières non tarifaires et soutenir les exportateurs marocains dans leur démarche de certification et d'homologation. Ryad Mezzour a insisté sur les avantages comparatifs du Maroc et a lancé un appel clair aux investisseurs chinois pour capter le potentiel industriel marocain, notamment dans le cadre des zones industrielles intégrées et des filières émergentes comme les batteries électriques ou l'hydrogène vert. Des secteurs à fort potentiel Au-delà des échanges traditionnels, les deux parties ont identifié des axes de coopération prioritaires dans les infrastructures, le numérique, la connectivité, les énergies renouvelables et l'enseignement supérieur. La Chine, déjà fortement présente dans le secteur du BTP au Maroc, pourrait étendre sa participation à des projets d'innovation, de recherche-développement et de formation technologique. La transition énergétique du Maroc, portée par les objectifs ambitieux en matière de production d'énergies renouvelables, a également attiré l'attention des responsables chinois. Pékin se positionne comme un partenaire potentiel pour accompagner le Royaume dans ses projets solaires, éoliens et hydrogène. À l'issue de cette 7e session, les deux gouvernements ont réaffirmé leur volonté de passer du discours stratégique à la mise en œuvre de projets concrets. Cela passe par un suivi rigoureux des décisions prises, la mobilisation des opérateurs économiques des deux pays, et une volonté politique partagée d'enraciner ce partenariat dans la durée. En marge de la session, Ryad Mezzour a rencontré Wang Wentao, ministre chinois du Commerce, ainsi que Xiong Jijun, vice-ministre de l'Industrie et des Technologies de l'information. Ces rencontres bilatérales ont permis de renforcer la coopération sectorielle et de fixer une feuille de route pour les prochaines années. Sami Nemli / Les Inspirations ECO