À mesure que la conformité devient un critère déterminant de compétitivité, le contrôle des produits industriels change de dimension. En mettant en place un dispositif renforcé d'analyses et d'essais, le ministère de l'Industrie et du Commerce inscrit la régulation technique au cœur du fonctionnement du marché et de la crédibilité du tissu industriel national. À mesure que les chaînes de production se complexifient et que les marchés s'ouvrent, le contrôle de la conformité des produits industriels s'impose comme un enjeu économique à part entière. Il devient un instrument structurant de régulation, de protection du consommateur et de crédibilité du tissu industriel national. C'est dans cette logique que s'inscrit la mise en place, par le ministère de l'Industrie et du commerce, d'un dispositif renforcé d'analyses et d'essais de laboratoire portant sur des produits sensibles, destinés à être mis sur le marché. Ce cadre repose sur une approche méthodique, externalisée et normée, visant à doter l'Administration d'outils techniques fiables pour vérifier la conformité des produits industriels aux exigences réglementaires, sanitaires et sécuritaires. Il traduit une évolution profonde de la manière dont le pays exerce sa mission de contrôle économique. Un levier de régulation au cœur du marché Le contrôle des produits industriels ne se limite plus à des interventions ponctuelles ou réactives. Il s'inscrit désormais dans une logique continue, structurée et anticipative. En confiant la réalisation des analyses à des laboratoires spécialisés, le ministère consolide sa capacité à surveiller durablement des segments entiers du marché, notamment ceux touchant directement à la santé, à la sécurité et à la consommation quotidienne des ménages. Cette démarche permet de garantir que les produits circulant sur le marché respectent les normes techniques et sanitaires en vigueur, tout en réduisant les asymétries d'information entre producteurs, distributeurs et consommateurs. Elle contribue ainsi à assainir l'environnement concurrentiel et à renforcer la confiance dans les circuits formels de commercialisation. Des produits sensibles sous surveillance renforcée Le périmètre des contrôles ciblés reflète clairement les priorités économiques et sociales. Trois grandes familles de produits concentrent l'attention. Les couches pour bébé, d'abord, font l'objet d'analyses approfondies portant sur leur composition chimique, leurs propriétés mécaniques et la présence éventuelle de substances nocives. Ce segment montre l'importance accordée aux produits de première nécessité, à forte exposition et à impact direct sur la santé. Les articles culinaires et les équipements à gaz constituent le second axe majeur. Il s'agit là d'un champ particulièrement large, couvrant les matériaux en contact alimentaire, les ustensiles domestiques, les autocuiseurs, les appareils de cuisson et leurs dispositifs de sécurité. Les essais réalisés visent à vérifier la résistance, l'étanchéité, la performance thermique, la sécurité de fonctionnement et la migration de substances, dans une optique de prévention des risques domestiques. Enfin, les articles scolaires complètent le dispositif. Leur contrôle porte sur la qualité des matériaux, la solidité, la lisibilité, la durabilité et les caractéristiques physiques des produits, avec un double objectif de protection des usagers et de normalisation de l'offre. Une logique industrielle et normative assumée Au-delà des produits eux-mêmes, le dispositif repose sur une architecture technique rigoureuse. Les analyses sont réalisées selon des normes marocaines et internationales clairement identifiées, garantissant l'objectivité des résultats et leur opposabilité. Les rapports d'essais doivent retracer l'ensemble du processus, depuis la réception des échantillons jusqu'aux conclusions analytiques, renforçant la traçabilité et la transparence des décisions. Cette exigence normative positionne le contrôle comme un prolongement naturel de la politique industrielle. Elle encourage les opérateurs économiques à intégrer la conformité dès la conception des produits, plutôt qu'à la subir a posteriori. À terme, elle favorise la montée en gamme de l'offre locale et améliore la compétitivité des entreprises respectueuses des standards. Externalisation de l'expertise, maîtrise publique de la décision Le choix de recourir à des prestataires spécialisés traduit une approche pragmatique. Le ministère conserve la maîtrise des prélèvements, de l'orientation des contrôles et des décisions réglementaires, tout en s'appuyant sur une expertise technique de haut niveau pour la réalisation des analyses. Cette séparation des rôles renforce la crédibilité du dispositif et limite les risques de conflit d'intérêts. Sur le plan économique, ce modèle permet également de rationaliser les coûts, d'ajuster les volumes d'analyses aux besoins réels du marché et de garantir une réactivité accrue face aux évolutions des pratiques industrielles et commerciales. La conformité n'est plus un paramètre accessoire, mais une condition centrale d'accès et de maintien sur le marché. Ce cadre contribue à protéger le consommateur, à sécuriser les échanges et à renforcer l'attractivité du marché national. À terme, ce dispositif participe à l'émergence d'un environnement économique plus transparent, plus sûr et plus compétitif, où la qualité et la conformité deviennent des facteurs différenciants à part entière. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO