Après plusieurs années de sécheresse, les pluies abondantes qui s'abattent sur le Maroc, à la faveur des tempêtes Francis et Emilia, redessinent le paysage agricole du Sud du Royaume. Dans le Souss-Massa, principal bassin de production maraîchère, ces précipitations n'ont pas causé de dégâts majeurs sur les cultures de poivrons, même si elles ont entraîné un ralentissement temporaire des récoltes. Engagés dans une transition vers une production annuelle continue, les producteurs composent avec ces conditions climatiques inhabituelles. Ils font face à des retards structurels liés à l'approvisionnement en plants, indépendamment de la météo. Les épisodes climatiques successifs qui touchent le Maroc, notamment le passage des tempêtes Emila et Francis, crée un contexte météorologique inhabituel pour le pays. Des pluies continues et abondantes marquent une rupture nette avec la sécheresse de ces dernières années, notamment dans les régions agricoles du Sud. Dans le Souss-Massa, principal bassin maraîcher du Royaume, la situation reste globalement maîtrisée. Dans une déclaration à la plateforme spécialisée EastFruit, Obeida Mansour, CEO de Universal Peppers, indique que les précipitations ont jusqu'ici été bénéfiques pour les exploitations, sans entraîner de pertes agricoles. «Les conditions sont favorables et les pluies ont redonné le moral aux agriculteurs», indique-t-il, soulignant l'absence de dégâts sur les cultures. Cette météo exceptionnelle intervient dans un contexte particulier pour les producteurs de poivrons, engagés cette saison dans une transition vers une production annuelle continue. Pour la première fois, Universal Peppers a mis en place un cycle hivernal, en complément du cycle estival. «Nous avons commencé en décembre la récolte des plants semés entre juillet et septembre», précise Mansour. Le climat n'est pas en cause Toutefois, la campagne a connu des retards en amont, indépendamment des conditions météorologiques. Le dirigeant évoque des délais importants dans la livraison des plants, un phénomène généralisé dans la région qui touche plusieurs filières agricoles. «Ce ralentissement est lié aux capacités des pépinières et non aux aléas climatiques», insiste-t-il. Contrairement à d'autres zones du pays, l'impact des intempéries reste modéré dans le Souss-Massa. Les infrastructures agricoles ont résisté aux fortes pluies, les serres sont intactes et les axes routiers demeurent praticables. Seule conséquence directe : un ralentissement temporaire des opérations de récolte et de conditionnement. «Nous avons volontairement suspendu la cueillette durant les épisodes de fortes pluies, par mesure de précaution, afin de préserver la qualité des poivrons et de limiter les coûts liés au nettoyage», explique le producteur. Les stations de conditionnement ont également ajusté leur cadence lors des journées les plus pluvieuses. Situation sous contrôle Sur le plan phytosanitaire, la situation reste sous contrôle. Les niveaux de virus observés sont inférieurs à la normale pour la saison, selon Mansour, qui se veut rassurant quant à l'état sanitaire des cultures. Cette campagne repose sur une diversification des variétés, incluant les poivrons Kapia, les mini-poivrons snack et les poivrons doux. L'organisation de la production en deux cycles, hivernal et estival, permet désormais aux producteurs d'assurer une présence continue sur le marché tout au long de l'année. Dans un contexte climatique de plus en plus imprévisible, ces pluies, bien que perturbant ponctuellement les récoltes, pourraient constituer un signal positif pour les ressources hydriques et la durabilité de l'agriculture dans le Souss-Massa. Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ECO