Jamais une CAN n'avait autant captivé, mobilisé, monétisé… L'édition 2025, organisée par le Maroc, a franchi tous les seuils symboliques et structurels. Affluence record, couverture planétaire, explosion des revenus commerciaux et virage numérique assumé, cette CAN entre dans l'histoire comme point de bascule pour le continent. La 35e édition de la Coupe d'Afrique des Nations restera comme un tournant majeur dans l'histoire du football africain. Portée par une organisation marocaine saluée à l'unanimité, la CAN 2025 a dépassé les attentes sur tous les plans. Elle n'a pas seulement battu des records d'affluence et de visibilité. Elle a aussi marqué l'entrée de la compétition dans une nouvelle ère stratégique, où le sport africain devient un actif économique global, médiatique et structurant. Affluence : un public au rendez-vous Jamais une Coupe d'Afrique des Nations n'avait rassemblé autant de spectateurs dans les stades. Plus de 1,1 million de personnes ont assisté aux matchs dans les neuf villes hôtes, un chiffre historique qui dépasse largement les éditions précédentes. Des affiches comme Egypte–Afrique du Sud à Agadir ou Sénégal–RD Congo à Tanger ont dépassé les 40.000 spectateurs, dans des enceintes modernes, accessibles et souvent pleines à craquer. Cette mobilisation témoigne non seulement de l'engouement populaire, mais aussi d'une réussite logistique remarquable, capable de gérer des flux humains massifs dans des conditions de sécurité et de confort optimales. Médiatisation mondiale La CAN 2025 est devenue un objet médiatique planétaire. Plus de 3.800 journalistes internationaux étaient accrédités, avec des dispositifs de couverture dignes d'une Coupe du monde. Le Main Media Centre (MMC), installé à Rabat, a servi de hub éditorial pour des dizaines de chaînes, sites web et agences de presse. La compétition a été diffusée dans plus de 180 territoires, un record, avec des audiences record également. Channel 4 au Royaume-Uni a retransmis tous les matchs en clair, une première pour un diffuseur généraliste européen. BeIN Sports a enregistré ses meilleures audiences historiques sur la CAN, avec certains matchs dépassant les 600.000 téléspectateurs. La CAF a par ailleurs signé plus de vingt partenariats de diffusion en Europe, consolidant ainsi la présence du football africain sur des marchés traditionnellement peu exposés à la CAN. Cette explosion médiatique est le fruit d'un repositionnement stratégique de cette compétition qui se pense désormais comme un produit médiatique global, capable de rivaliser avec les plus grandes compétitions continentales. Une dynamique économique sans précédent C'est peut-être sur le terrain économique que la rupture est la plus spectaculaire. Selon les données officielles publiées par la CAF, les revenus générés par cette édition ont progressé de plus de 90% par rapport aux éditions précédentes. Ce chiffre consacre la CAN comme un produit sportif structurant dans l'économie mondiale du football. Longtemps perçue comme une compétition à fort impact populaire mais à la rentabilité incertaine, la CAN devient un modèle de développement durable, capable d'attirer des investissements privés et de générer des ressources internes significatives. Le portefeuille de partenaires commerciaux a connu une progression remarquable. Alors que la CAN 2021 comptait neuf sponsors, leur nombre est passé à dix-sept en 2023, puis à vingt-trois en 2025. Ce bond montre le degré d'attractivité croissante du tournoi, désormais convoité par des marques issues de secteurs variés, et originaires de plusieurs continents. Des entreprises européennes, asiatiques, nord-américaines ou panafricaines voient désormais dans la CAN une plateforme de visibilité et d'engagement aussi pertinente qu'un Euro ou une Copa América. Par ailleurs, les revenus issus des droits de diffusion ont également connu une croissance notable. Même si des chiffres précis n'ont pas été communiqués, la multiplication des accords de diffusion et l'élargissement de l'audience internationale ont permis d'augmenter la valeur commerciale de la compétition. Cette stratégie s'est appuyée sur une exploitation fine des données d'audience. Entre 2021 et 2025, la CAF a collecté, analysé et interprété des indicateurs précis pour identifier les zones à fort potentiel et adapter ses offres commerciales, tout en construisant un discours sur-mesure pour chaque diffuseur ou sponsor. L'intégration du numérique et du gaming : un levier d'avenir L'autre innovation majeure de cette édition est l'intégration du numérique et du gaming dans l'écosystème économique de la CAN. Avec le lancement du projet eAFCON, développé en partenariat avec Konami autour du jeu eFootball, la CAF a investi un nouveau territoire stratégique. L'objectif est de capter une audience plus jeune, souvent éloignée des formats télévisuels classiques et créer de nouvelles sources de revenus dans un secteur en pleine explosion. L'Afrique, par cette initiative, s'inscrit dans la carte mondiale de l'eSport, aux côtés des grandes ligues américaines, asiatiques ou européennes. L'engagement de TotalEnergies comme partenaire-titre joue également un rôle central dans cette montée en puissance. Cet ancrage dans la durée donne de la lisibilité au modèle économique de la CAN et rassure les investisseurs. La compétition cesse d'être un pari événementiel pour devenir un actif économique structurant, capable de financer à long terme le développement du football africain en termes d'infrastructures, de formation, de compétitions locales et d'innovation.