L'économie allemande encaisse le choc de la crise au Moyen-Orient. L'indicateur du moral des investisseurs publié mardi par l'institut ZEW a connu une chute historique de 58,8 points en un mois, tombant à -0,5 point. Il s'agit de la deuxième plus forte baisse jamais enregistrée par l'institut depuis 2022, après celle d'avril 2025 liée aux droits de douane américains. Les analystes, qui tablaient sur un recul bien moindre à 33,9 points, ont été pris de court par l'ampleur de la dégradation. La cause principale est directement identifiée par le ZEW : la fermeture du détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial, fait exploser les prix de l'énergie et ravive les pressions inflationnistes. Achim Wambach, président du ZEW, met en garde contre un frein à la reprise conjoncturelle que l'Allemagne commençait tout juste à entrevoir après deux années de récession. Les secteurs les plus énergivores, comme la chimie, l'automobile et la construction de machines, sont en première ligne. Près de 80 % des 178 analystes interrogés anticipent désormais une hausse de l'inflation en Allemagne et dans la zone euro, un signal alarmant pour la BCE alors que Christine Lagarde assurait début mars que l'inflation resterait sous contrôle. Seul point positif en demi-teinte : l'évaluation de la situation conjoncturelle actuelle s'est légèrement améliorée, passant de -65,9 à -62,9 points. Mais l'horizon, lui, s'assombrit nettement.