La région Fès-Meknès abrite des forêts, des parcs nationaux et des sites écologiques reconnus, mais peine à transformer ce patrimoine naturel en destination touristique structurée. Pour combler cet écart entre richesse territoriale abondante et offre d'hébergement insuffisante, le CRI Fès-Meknès ouvre onze chantiers touristiques à des investisseurs privés, sur des terrains publics déjà identifiés dans cinq provinces de la région. Les grandes villes touristiques du Maroc concentrent l'essentiel des flux de visiteurs, laissant souvent les arrière-pays en marge des retombées économiques du secteur. La région Fès-Meknès entend corriger ce déséquilibre. Le Centre régional d'investissement (CRI) vient ainsi de lancer un appel à manifestation d'intérêt portant sur onze projets touristiques privés, répartis entre cinq provinces enclavées de la région, à savoir Sefrou, Boulemane, Taounate, Taza et El Hajeb. Hôtels, gîtes, écomusées, résidences touristiques… la palette est large, les terrains publics sont identifiés, et les investisseurs attendus. Les projets concernés couvrent un spectre volontairement large de typologies d'hébergement et d'animation. On y trouve aussi bien un hôtel-club 4 étoiles de 80 chambres à Sefrou, qu'un écomusée assorti de lodges à El Orjane dans la province de Boulemane, un gîte aux abords de la grotte Chaara à Taza, ou encore une résidence de tourisme 3 étoiles à Kissane, dans la province de Taounate. Les terrains mobilisés relèvent de différentes natures juridiques, incluant le domaine privé de l'Etat, des terres communales, des terrains collectifs et des parcelles forestières, pour des superficies allant de 16 ares à plus d'un hectare quatre-vingts, selon les sites. De Sefrou à Tazzeka : des territoires aux atouts naturels documentés Chaque province retenue présente des caractéristiques géographiques et patrimoniales que les porteurs de projets sont invités à valoriser. La province de Sefrou, dotée de forêts, de cascades et de plaines agricoles, est identifiée comme un territoire propice à un tourisme structuré et moderne. Le projet qui lui est associé prévoit, en complément de l'hébergement hôtelier, des équipements récréatifs et sportifs tels que des piscines, un parc aquatique, des terrains de sport et une salle de conférences. La province de Boulemane, quant à elle, est mise en avant pour ses reliefs montagneux et son climat favorable aux activités de plein air et d'écotourisme. Les projets qui y sont envisagés, un gîte et un écomusée avec lodges, s'inscrivent dans une logique de tourisme de nature à faible empreinte. La province de Taounate, riche en barrages et en hauts plateaux, offre de son côté un cadre adapté au développement de projets alliant hébergement et animation en lien avec l'environnement naturel. La province de Taza concentre à elle seule cinq projets distincts, répartis entre plusieurs communes dont Bab Boudir, SMIA, Matmata et Bouchfâa. Cette dernière accueillera un gîte et un centre d'interprétation situés dans le périmètre du Parc national de Tazzeka, site écologique reconnu à l'échelle nationale. Enfin, la province d'El Hajeb, dont la proximité avec Fès constitue un atout en termes d'accessibilité, est retenue pour la création d'un hôtel 3 étoiles au minimum, orienté vers le tourisme rural et écologique. Un foncier public structuré pour attirer des investisseurs privés L'un des éléments distinctifs de cet appel à manifestation d'intérêt réside dans la nature du foncier proposé. L'ensemble des terrains sont publics, ce qui offre aux investisseurs un cadre foncier stabilisé, avec des références cadastrales précisément identifiées pour chaque site. Cette configuration vise à réduire les incertitudes liées à l'acquisition foncière, souvent présentée comme un frein à l'investissement touristique en milieu rural. L'appel est ouvert aux personnes physiques et aux sociétés, ainsi qu'aux consortiums, à condition de justifier des compétences et de la solidité financière requises. Au total, c'est une enveloppe foncière de plusieurs hectares qui est mise à la disposition du secteur privé, dans le cadre d'un programme que le CRI présente comme un levier concret de création d'emplois durables et de développement économique à l'échelle des provinces concernées. Mehdi Idrissi / Les Inspirations ECO