La hausse annoncée des prix des carburants (+1,54 dirham pour l'essence et +2,40 dirhams pour le gasoil) n'est pas une simple variation conjoncturelle. Elle s'inscrit dans une spirale inflationniste qui fragilise chaque jour un peu plus le pouvoir d'achat des ménages marocains. Et, face à cette réalité, une question s'impose : que fait le gouvernement ? En effet, derrière ces chiffres, il y a une pression croissante sur les familles, sur les transporteurs, sur l'ensemble du tissu économique. Le carburant n'est pas un produit comme les autres : il irrigue toute l'économie. Quand son prix augmente, tout suit. Et, aujourd'hui, cette mécanique semble se dérouler sans véritable amortisseur. Pourtant, les signaux d'alerte sont bien là. Bank Al-Maghrib prévoit une hausse de la facture énergétique et un creusement du déficit courant. Autrement dit, les tensions actuelles ne sont pas passagères. Elles appellent des réponses structurelles, mais aussi des mesures immédiates pour contenir l'impact social. Dans ce contexte, l'absence de mesures visibles interroge. Faut-il attendre que la pression devienne insoutenable pour agir ? Faut-il laisser le marché dicter seul le tempo, au risque d'accentuer les inégalités ? En Espagne, le Parlement a approuvé un plan d'urgence de 5 milliards d'euros comprenant 80 mesures pour atténuer l'impact de la guerre au Moyen-Orient, notamment via une forte baisse de la fiscalité sur l'énergie. Le Premier ministre Pedro Sanchez a défendu ce plan comme un moyen de rendre les effets de la crise plus supportables pour les Espagnols. Résultat : une baisse de la TVA sur le gaz et les carburants de 21% à 10%. Et, donc, une baisse des prix à la pompe allant jusqu'à 30 centimes d'euro par litre. Au Maroc, on attend au moins un signal. Hicham Bennani / Les Inspirations ECO