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S&P Global Ratings : pourquoi la note du Maroc est maintenue
Publié dans Les ECO le 31 - 03 - 2026

S&P confirme les notations souveraines du Maroc à BBB-/A-3, perspective stable. L'économie a dépassé les attentes en 2025 grâce à l'agriculture, le tourisme et l'industrie. Les réserves en eau et les grands projets d'infrastructures soutiennent la croissance, tandis que les réformes fiscales et sociales visent à renforcer la résilience face aux risques régionaux et à la volatilité énergétique.
S&P Global Ratings a confirmé, le 27 mars 2026, les notations souveraines du Maroc à BBB-/A-3, avec une perspective stable. Selon l'agence, le pays est actuellement exposé aux conséquences du conflit au Moyen-Orient, notamment en raison de la hausse des coûts des importations d'énergie, des perturbations de l'approvisionnement et d'un affaiblissement de la demande extérieure.
En 2025, l'économie marocaine a dépassé les attentes de l'agence, avec une croissance plus forte que prévu. Cette croissance a été soutenue par l'agriculture, le tourisme, l'industrie, la construction, la production électrique et l'exploitation minière. Les pluies récentes, elles, ont permis de reconstituer les réserves en eau, favorisant un rebond attendu de l'activité agricole après plusieurs années de sécheresse. La capacité des barrages du pays est passée à 72% début mars 2026, contre 28% un an plus tôt.
Perspectives et risques économiques à moyen terme
Pour la période 2026-2029, S&P prévoit une croissance moyenne du PIB réel de 4,4%. Le tourisme continue de progresser, avec près de 20 millions de visiteurs en 2025, soit une augmentation de 14% par rapport à 2024, et des recettes touristiques atteignant 138 milliards de dirhams, en hausse de 20,6%. L'agence souligne que les perspectives de croissance économique restent solides, tout en avertissant que les risques liés au conflit au Moyen-Orient s'accentuent.
La hausse prolongée des prix de l'énergie, les perturbations dans les chaînes logistiques et un ralentissement chez les principaux partenaires commerciaux, notamment l'Europe, pourraient peser sur les performances économiques. Le déficit du compte courant devrait se creuser légèrement, autour de 2,4% du PIB sur la période 2026-2029, avec un risque plus élevé si les conditions externes se détériorent.
S&P note également que les politiques fiscales et budgétaires devraient permettre une réduction progressive du déficit. Les réformes fiscales récentes, portant sur la TVA, l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, visent à simplifier le système et à encourager la formalisation de l'économie. Cependant, les pressions sur les dépenses liées aux investissements publics, aux besoins sociaux et à l'extension de la couverture des soins de santé devraient se maintenir.
Solidité financière et investissements stratégiques pour renforcer la résilience
La dette publique présente un profil jugé relativement favorable, avec une maturité moyenne d'environ huit ans et des paiements d'intérêts représentant 7,4% des recettes gouvernementales sur la période 2026-2029. Les garanties accordées aux entreprises publiques dépassent 10% du PIB. Les émissions de titres en devises étrangères, notamment les Eurobonds, restent accessibles et bien structurées, avec des maturités étalées et un coût contenu.
Pour sa part, le secteur bancaire marocain montre une capitalisation modérée et ne devrait pas générer de risques systémiques importants, estime S&P. Les banques devraient bénéficier de la dynamique économique, soutenant l'activité de crédit et améliorant la qualité du crédit domestique. La Banque centrale prévoit de renforcer le ratio minimum de fonds propres de type Tier 1 à 11% pour les banques importantes sur le plan systémique national à partir de décembre 2025.
Par ailleurs, l'inflation pourrait augmenter en raison des répercussions du conflit au Moyen-Orient. La Banque centrale a maintenu son taux directeur à 2,25% en mars 2026, citant une inflation faible, une activité domestique soutenue et une incertitude régionale. Le dirham marocain reste arrimé à un panier composé à 60% d'euros et 40% de dollars américains, limitant la flexibilité monétaire tout en fournissant un ancrage de stabilité.
En outre, les relations du Maroc avec ses partenaires internationaux sont solides, souligne l'agence. Le pays bénéficie de financements multilatéraux et bilatéraux, ainsi que d'une ligne de crédit flexible de 4,5 milliards de dollars accordée par le FMI en avril 2025, sur la base de fondamentaux économiques solides et d'un suivi constant des politiques publiques. Les investissements directs étrangers continuent de croître, notamment dans l'énergie, l'automobile, les transports, la pharmacie et les projets liés à la Coupe du monde 2030.
Réformes structurelles et modernisation des infrastructures
Les investissements dans les infrastructures, les barrages, les usines de dessalement et la réutilisation des eaux devraient soutenir, de leur côté, la production agricole et stabiliser les rendements sur les deux à trois prochaines années.
Le projet de dessalement de Casablanca, prochainement opérationnel, sera le plus grand d'Afrique et le quatrième au monde, fournissant de l'eau potable à 7,5 millions de personnes et de l'eau pour l'irrigation à 5.000 hectares, entièrement alimenté par des énergies renouvelables.
Enfin, S&P souligne que le Maroc poursuit ses efforts pour réduire l'économie informelle, augmenter la couverture sociale et l'assurance santé obligatoire, et améliorer les infrastructures, l'éducation et l'accès aux soins. Ces mesures devraient contribuer à élargir l'assiette fiscale et renforcer la résilience économique du pays.


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