DR ‹ › L'Association démocratique des femmes Maroc (ADFM) a adressé, lundi, une lettre ouverte aux secrétaires généraux des partis politiques, pour leur rappeler leur responsabilité dans la participation des femmes. Consultée par Yabiladi, la missive fait suite au classement du Maroc à la 101e place mondiale dans la représentation féminine, par l'Union parlementaire internationale. En l'espèce, l'ADFM s'est interrogée sur le rôle des formations partisanes dans l'autonomisation politique des femmes, 15 ans après la réforme constitutionnelle et à l'approche des élections législatives du 23 septembre. Elle déplore ainsi «le fossé persistant entre le discours politique en faveur de la parité et la réalité de l'exclusion effective des femmes des sphères décisionnelles, tant au sein des partis qu'au Parlement». La lettre reprend des indicateurs officiels, qui montrent que cet engagent est «loin d'être concrétisé». «La proportion de femmes à la Chambre des représentants ne dépasse pas 24,3% (95 sur 395 députés). Les femmes représentent environ 11 à 12% dans la Chambre des conseillers. De même, leur taux d'adhésion aux partis ne dépasse pas 8 à 9%, mais elles constituent plus de la moitié de l'électorat», souligne l'ADFM. Elections 2026 : La participation politique des femmes connaîtra-t-elle un tournant ? Dans des Etats arabes de la région, la proposition féminine aux assemblées législatives varie entre 31% et 36%. Mais au Maroc, «les partis abordent la participation politique des femmes de manière ponctuelle ou saisonnière», note l'ADFM, faisant état de «la faiblesse du soutien apporté aux organisations féminines des partis», avec un impact sur les droits politiques des concitoyennes. Par ailleurs, l'ONG note une absence de «prise de position claire et ferme contre la non-institutionnalisation de la parité dans la loi organique de la Chambre des représentants, lors des discussions avec le ministère de l'Intérieur» et au sein du Parlement. Dans ce sens, l'ADFM préconise «des candidatures féminines dans les circonscriptions législatives locales, à hauteur d'au moins 30%», avec des «critères clairs de sélection», outre le «soutien moral et matériel aux organisations féminines des partis et aux candidates».