Face à la flambée des prix du pétrole provoquée par le conflit au Moyen-Orient, la Commission européenne a exhorté mardi les Vingt-Sept à adopter une réponse unie, mettant en garde contre toute mesure nationale qui pourrait aggraver la situation. Alors que les ministres de l'Energie des pays membres s'apprêtaient à échanger en visioconférence pour évaluer la crise énergétique, le commissaire européen à l'énergie, Dan Jorgensen, a insisté sur la nécessité d'une solidarité sans faille. «Nous devons agir ensemble, en véritable Union», a-t-il déclaré dans un communiqué, appelant les Etats à éviter des «mesures susceptibles d'augmenter la consommation de carburant». Bien que la sécurité d'approvisionnement de l'Union ne soit «pas menacée à ce stade», Dan Jorgensen a souligné l'importance d'anticiper une «perturbation potentiellement prolongée» du marché. Dans une lettre adressée aux ministres, il a également encouragé la promotion de politiques visant à réduire la demande en pétrole, en ciblant plus particulièrement le secteur des transports. Les réactions nationales face à la hausse des prix du brut et du gaz restent pour l'heure disparates. L'Espagne a dévoilé un plan de 5 milliards d'euros incluant une baisse de la TVA et une remise à la pompe pouvant atteindre 30 centimes par litre. L'Italie a instauré temporairement une réduction de 25 centimes par litre, tandis que le Portugal et la Suède ont pris des mesures similaires. La Hongrie et la Croatie ont quant à elles choisi le plafonnement des prix des carburants. Dans ce contexte, la France a opté pour une approche plus ciblée en raison de ses contraintes budgétaires, réservant 70 millions d'euros d'aides aux agriculteurs, pêcheurs et transporteurs routiers, sans élargir le dispositif à l'ensemble des consommateurs. Parallèlement à la crise pétrolière, la Commission a formulé des recommandations pour atténuer la pression sur les autres vecteurs énergétiques. Elle a conseillé aux Etats de modérer le remplissage de leurs stocks de gaz pour l'hiver prochain et suggéré une baisse temporaire des taxes sur l'électricité. Bruxelles a également promis de présenter prochainement une «boîte à outils» destinée à faire face à la cherté de l'énergie, incluant une proposition visant à garantir que l'électricité soit systématiquement moins taxée que les énergies fossiles.