Jusqu'au 15 mai, les centres culturels «Iklyle» de Rabat, Tanger, Tétouan et Fès ouvrent leurs portes aux plumes émergentes. La neuvième édition du Concours des jeunes nouvellistes, organisé par la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l'éducation-formation, met cette année à l'honneur l'écrivain et poète Mohammed Achaari. Il y a des lieux où les mots prennent vie, où les histoires s'inventent et où les jeunes plumes trouvent leur voie. Les centres «Iklyle» font partie de ces espaces. Depuis 2018, sous l'impulsion de la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l'éducation-formation, ils accueillent chaque année le concours des jeunes nouvellistes. Lancé à Tétouan, le rendez-vous s'est étendu à Rabat, Tanger et Fès. La neuvième édition, qui s'est ouvert le 1er avril, entend poursuivre cette dynamique avec un invité d'honneur de prestige en la personne de Mohammed Achaari, écrivain et poète de renom. Un concours qui fait la part belle à l'écriture en arabe classique Le concours s'adresse aux jeunes Marocains âgés de 18 à 40 ans, qu'ils soient étudiants, professionnels ou simples amoureux des lettres. Chaque candidat ne peut soumettre qu'une seule nouvelle originale, rédigée en langue arabe classique, d'une longueur comprise entre 500 et 1.500 mots. La condition essentielle est que le texte ne doit avoir fait l'objet d'aucune publication ou participation antérieure à d'autres concours. Les candidatures sont exclusivement déposées via un formulaire électronique accessible sur les réseaux sociaux des centres «Iklyle». La date limite est fixée au 15 mai à minuit. Une première phase de présélection permettra de vérifier la conformité administrative des dossiers avant que le jury, composé d'universitaires, de critiques et d'écrivains spécialisés, ne se penche sur les textes. Les critères d'évaluation sont la créativité, la cohérence narrative, la qualité linguistique et le respect des normes techniques. Des prix et une publication pour encourager les lauréats Les résultats seront annoncés en juin 2026. Les trois premiers lauréats recevront respectivement 8.000, 5.000 et 3.000 dirhams, mais c'est surtout la publication qui constitue la véritable reconnaissance. Leurs œuvres, aux côtés d'une vingtaine de nouvelles sélectionnées, seront réunies dans un recueil collectif, comme l'ont été celles des huit précédentes éditions. Une manière de donner aux jeunes auteurs une visibilité durable et de les inscrire dans une tradition éditoriale. Car le concours ne se limite pas à une simple compétition. Il s'accompagne d'un volet de formation et d'animation culturelle. Ateliers d'écriture créative, rencontres littéraires, activités destinées aux enfants et aux jeunes seront organisés dans les quatre centres participants. Une cérémonie de remise des prix viendra clôturer l'événement, célébrant ensemble l'écriture et ceux qui la portent. Huit ans de succès, plus de mille candidatures Le bilan des huit premières éditions donne la mesure de ce que le concours est devenu. Plus de mille candidatures reçues, 94 lauréats distingués, huit recueils de nouvelles publiés, et plus de cinquante sessions de formation organisées autour du livre et de la création littéraire. Pour la Fondation Mohammed VI, qui porte ce dispositif, l'objectif est de promouvoir l'expression littéraire et l'écriture narrative auprès des jeunes, soutenir les talents émergents et favoriser des espaces d'échange culturel au niveau régional. Mohammed Achaari, une figure tutélaire pour une nouvelle génération En choisissant de mettre à l'honneur Mohammed Achaari, le concours rend hommage à une figure majeure des lettres marocaines. Poète, romancier, ancien ministre de la Culture, Achaari incarne une certaine idée de la littérature, exigeante, ouverte sur le monde, profondément ancrée dans sa langue. Son œuvre, qui navigue entre poésie et fiction, entre mémoire personnelle et histoire collective, offre un horizon aux jeunes auteurs. Le concours des jeunes nouvellistes est, à sa manière, un laboratoire. Il ne promet pas la gloire immédiate, mais il offre un cadre, des repères, une reconnaissance. Pour certains, il sera une étape. Pour d'autres, peut-être le début d'une aventure plus longue.