Confrontée à une pression hydrique durable, la région Casablanca-Settat accélère la mise en place de solutions de proximité pour sécuriser l'alimentation en eau potable. Avec 27 stations monoblocs de dessalement et de déminéralisation, la SRM déploie un dispositif de 400 millions de DH destiné à renforcer la résilience de plusieurs territoires, notamment les zones les plus vulnérables. Dans une région soumise à une pression croissante sur les ressources en eau, la sécurisation de l'alimentation en eau potable n'est plus seulement un enjeu d'infrastructure. Elle devient un impératif de continuité territoriale, de cohésion sociale et de résilience. C'est dans cette logique que la SRM Casablanca-Settat supervise un programme de déploiement de 27 stations monoblocs de dessalement de l'eau de mer et de déminéralisation des eaux saumâtres, pour une capacité annuelle prévisionnelle de 8,19 millions de m3. Doté d'un budget global de 400 millions de dirhams, financé par le ministère de l'Intérieur et le Conseil de la Région Casablanca-Settat, ce programme vise d'abord à réduire la vulnérabilité hydrique de plusieurs territoires exposés à des tensions récurrentes sur l'approvisionnement. Au-delà de la réponse technique, il traduit surtout une montée en puissance d'une approche plus souple, plus rapide et plus territorialisée de la gestion de l'eau. Une réponse décentralisée à l'urgence hydrique Face à l'installation durable du stress hydrique, les grands projets structurants ne suffisent plus à eux seuls. Ils restent indispensables, mais ils doivent désormais être complétés par des solutions intermédiaires, capables d'être déployées rapidement là où les besoins sont les plus pressants. C'est précisément l'intérêt de ces stations monoblocs, pensées comme des unités compactes, mobilisables dans des délais plus courts et adaptées à des contextes locaux très différents. Selon la SRM Casablanca-Settat, les travaux ont atteint un stade avancé, avec un taux d'avancement dépassant 80%. Le responsable du projet, Mouhcine Moursli, souligne que cette forte mobilisation des équipes à travers l'ensemble des provinces et préfectures doit permettre de sécuriser l'alimentation en eau potable de toute la région. En filigrane, l'enjeu est clair. Il s'agit de limiter les risques de rupture, de mieux répartir la ressource disponible et de renforcer la capacité de réaction face à d'éventuelles crises. Cette orientation n'est pas anodine pour une région aussi vaste et contrastée que Casablanca-Settat, où coexistent de grandes centralités urbaines, des zones périurbaines en forte croissance et des communes rurales. Dans ce type d'espace, la résilience passe aussi par la multiplication des points d'appui locaux. 19 stations déjà opérationnelles Le programme n'est plus au stade de la promesse. À ce jour, 19 stations sont déjà en service. Elles sont réparties entre plusieurs provinces, avec huit unités à Settat, cinq à El-Jadida, deux à Berrechid, deux à Nouaceur et deux à Sidi Bennour. Depuis le lancement du dispositif, le volume d'eau potable produit dépasse 2,1 millions de m3. Ce chiffre donne déjà une mesure de l'utilité concrète du programme. Dans un contexte marqué par la raréfaction de la ressource conventionnelle, chaque mètre cube additionnel devient stratégique. L'intérêt de ces installations réside justement dans leur capacité à produire rapidement une eau traitée destinée à soulager les réseaux d'approvisionnement, en particulier dans des communes où la pression sur l'eau potable peut devenir critique. L'expérience engagée montre aussi qu'il ne s'agit pas uniquement d'un projet centré sur les grands pôles urbains. La logique de couverture englobe des territoires souvent moins visibles dans les grands schémas d'investissement, mais tout aussi exposés aux tensions hydriques. C'est notamment le cas de communes vulnérables, en particulier rurales, comme Ouled Ghanem et Ouled Aïssa dans la province d'El-Jadida. Une deuxième vague attendue dès le printemps La dynamique se poursuit avec huit autres stations actuellement en cours de travaux. Cinq d'entre elles sont en phase d'achèvement et doivent entrer en service d'ici fin avril 2026. Elles concernent Sidi Rahal avec une capacité de 40 litres par seconde, Mohammédia avec 10 litres par seconde, Deroua avec 3 litres par seconde, ainsi que Sidi-Hajjaj, où deux stations sont prévues pour une capacité totale de 8 litres par seconde. À elles seules, ces futures mises en service montrent que le programme avance selon un calendrier resserré. Elles doivent permettre d'étendre rapidement la couverture et d'ajouter de nouvelles capacités dans des points de tension identifiés. Trois autres stations sont par ailleurs en cours de construction dans la province de Benslimane, plus précisément dans la commune de Mansouria. Avec une capacité totale de 60 litres par seconde, ce site constitue la plus grande station du programme. Sa mise en service est prévue pour fin mai 2026. Cette montée en charge progressive devrait renforcer de manière sensible la capacité de sécurisation régionale. Une technologie adaptée à la pression sur la ressource Le choix technologique n'est pas secondaire. Basées sur l'osmose inverse, ces stations permettent de traiter l'eau de mer ou les eaux saumâtres afin d'obtenir une eau de haute qualité. Ce procédé s'impose de plus en plus comme une réponse crédible dans les régions confrontées à la contraction des ressources superficielles et souterraines. L'intérêt de ces unités tient aussi à leur dimension opérationnelle. Elles offrent une réponse plus agile que des infrastructures lourdes nécessitant des années de réalisation. Dans les territoires où l'urgence domine, cette capacité de déploiement rapide devient un avantage décisif. Elle permet d'intervenir là où les besoins sont immédiats, tout en maintenant un niveau de qualité compatible avec les exigences de l'alimentation en eau potable. La SRM Casablanca-Settat met d'ailleurs en avant le caractère écologique et innovant de ces installations. Dans un pays où la question de l'eau s'inscrit désormais au cœur des priorités publiques, cette combinaison entre efficacité technique, rapidité d'exécution et adaptation territoriale prend une valeur particulière.