Dans un contexte de crise énergétique mondiale exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, la tenue du sommet de la 20e session de la Haute commission mixte mauritano-algérienne est perçue comme une tentative d'Alger de renforcer son influence régionale, notamment auprès de la Mauritanie. Le régime algérien tente d'exploiter la guerre en Iran pour rééquilibrer à court terme son isolement croissant cumulé ces dernières années. Un isolement poussé par des prises de positions douteuses, des relations conflictuelles avec tout son voisinage frontalier, des crises diplomatiques ouvertes avec ses partenaires européens, des relations compliquées avec des pays arabes et un paternalisme envers les pays africains qui ne passe pas. Mais dans le cadre du blocage des flux de gaz et de pétrole depuis le détroit d'Ormuz, contrôlé par l'Iran, le pays est revenu sur les devants de la scène se positionnant comme rempart pour sécuriser des envois de gaz. Tentant de regagner de l'influence perdue en Afrique du nord, l'Algérie s'est tournée vers la Mauritanie en organisant la 20e session de la Haute commission mixte mauritano-algérienne qui a été largement médiatisée par la presse algérienne. Le sommet qui se tient depuis le début de cette semaine a connu la présence du Premier ministre mauritanien Mokhtar Ould Diay, dans une démarche visant à renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays au moment où Nouakchott marque de plus en plus son éloignement de la milice du polisario, financée par l'Algérie. L'objectif de l'Algérie est de consolider ses liens avec un voisin stratégique pour peser dans la région et limiter son isolement. Elle espère tirer parti de la crise énergétique pour offrir des avantages notamment en hydrocarbures et séduire Nouakchott. En trame de fond, en cherchant à séduire la Mauritanie, l'Algérie essaie d'atténuer l'influence marocaine dans le pays et de perturber l'axe Rabat–Nouakchott, notamment sur les questions liées au Sahara. Cependant sa stratégie visant à contrecarrer le rapprochement entre les deux pays, semble limitée, non seulement pour des considérations pragmatiques et géopolitiques sur le long terme mais aussi parce que le partenariat entre le Maroc et la Mauritanie est profondément ancré et stratégique. Suite au recul de son soutien au Front Polisario et à l'échec de certains projets régionaux comme celui de l'Union du Maghreb Arabe sans le Maroc dont la Mauritanie s'est désolidarisé, l'Algérie tente de trouver des moyens de démontrer qu'elle reste un acteur clé dans les relations régionales et peut toujours influencer les pays voisins. Le pays qui pourra se targuer d'un coup d'éclat médiatique, ne devrait toutefois pas atteindre ses objectifs stratégiques avec la Mauritanie, connue pour ses positions avisées et pondérées. In fine, l'Algérie cherche à profiter de la crise énergétique mondiale pour se repositionner, mais ses efforts sont vus comme un moyen de séduire ou de manipuler certains pays et s'apparentent à une tentative d'acheter de l'influence. Ces pratiques restent limitées dans le temps et ne devraient pas remplacer une diplomatie basée sur la confiance et des relations stables.