La reconnaissance est à la hauteur de l'ambition. À l'occasion du Salon du livre africain de Paris 2026, qui s'est tenu les 21 et 22 mars, Malika Editions a reçu le Prix du plus beau livre africain pour le quatrième opus de sa collection « Nid d'artistes », consacré à Cotonou et au sud du Bénin. Décernée par Maison de l'Afrique, cette distinction consacre un projet éditorial singulier, à la croisée de l'art, de la mémoire et de l'engagement. « Nid d'artistes » primée à Paris. Depuis son lancement en 2019, « Nid d'artistes » s'est imposée comme bien plus qu'une série de beaux-livres. Pensée comme une archive vivante, la collection documente les scènes artistiques africaines de l'intérieur. Après Casablanca, Dakar et Abidjan, ce nouveau volume dédié à Cotonou confirme la portée continentale du projet et son inscription dans le temps long. Au cœur de cette démarche, une conviction forte : la souveraineté culturelle passe par la maîtrise de son propre récit. Dans un contexte où les représentations de l'Afrique ont longtemps été façonnées par des regards extérieurs, « Nid d'artistes » propose un renversement. Ici, la parole est donnée aux artistes, écrivains et penseurs locaux, qui deviennent les auteurs de leur propre mémoire. « Il est crucial que l'Afrique se raconte elle-même », souligne Malika Slaoui, fondatrice de la collection. À travers chaque ouvrage, l'éditrice défend un travail de transmission et d'archivage, captant les voix, les gestes et les visions qui façonnent le présent pour les inscrire dans la durée. Chaque volume se distingue par une direction artistique exigeante et une iconographie foisonnante. Plasticiens, photographes, designers, écrivains ou musiciens s'y rencontrent pour composer une cartographie sensible de leur ville. Loin d'une simple compilation, ces livres offrent une immersion dans l'intimité créative des métropoles africaines, transformant chaque page en fragment de mémoire. Cette singularité tient également à la méthode. Refusant toute approche distante, Malika Slaoui privilégie une immersion de plusieurs mois dans chaque ville. Ce travail de terrain, fondé sur la rencontre et l'écoute, permet de construire une œuvre collective, nourrie par des voix multiples et complémentaires. De Cotonou à Casablanca, en passant par Dakar et Abidjan, « Nid d'artistes » capte une énergie commune. Celle de villes en mouvement, traversées par une même volonté de raconter le monde depuis leur propre réalité. Avec cette distinction internationale, la collection confirme son rôle de conservatoire vivant des expressions contemporaines africaines. Elle s'impose comme un outil de mémoire autant qu'un manifeste, affirmant que la création est aussi un acte de souveraineté.