La CGEM met en avant bien plus qu'un héritage économique. Le patronat veut aussi peser sur les derniers arbitrages sociaux, à travers trois dossiers sensibles : formation continue, droit de grève et Code du travail. D'ailleurs, les avancées y afférentes devraient être annoncées incessamment. Au moment de dresser le bilan de son second mandat à la tête de la CGEM, Chakib Alj n'a pas seulement voulu mettre en avant ses réformes économiques. Il a aussi cherché à installer un agenda de fin de cycle, où le dialogue social occupe une place centrale. La réunion de ce vendredi, portant sur le dialogue social, doit traiter trois dossiers jugés prioritaires. Il s'agit de l'amendement de la loi sur la formation continue, des deux décrets d'application de la loi sur la grève, l'un sur le comité de grève, l'autre sur le service minimum, et d'une révision ciblée du Code du travail. Sur le volet social, la ligne de la CGEM est nette. Le patronat exclut, à ce stade, une nouvelle révision des salaires. Dans le même temps, la Confédération tente de faire avancer sa lecture du Code du travail pour une réforme limitée à quelques dispositions considérées comme structurantes. L'une des annonces majeures concerne toutefois la formation continue. Avec un système qui bloque depuis plus de 25 ans, l'heure est aux avancées. Selon la commission emploi de la CGEM, une annonce doit intervenir sur les compromis auxquels le patronat est parvenu avec le gouvernement. Pour rappel, une enveloppe de 800 millions de dirhams de la taxe de formation professionnelle serait théoriquement mobilisable. Le patronat plaide pour une refonte complète de la gouvernance avec, d'un côté, l'OFPPT pour la formation professionnelle et, de l'autre, une entité autonome dédiée à la formation continue. Le dossier serait ainsi proche de son aboutissement. Cette séquence sociale ne saurait être dissociée du diagnostic économique établi par la Confédération. La CGEM insiste sur la montée du besoin en trésorerie, sous l'effet de la hausse des matières premières, de l'allongement des délais d'approvisionnement et de la pression logistique. D'où un appel explicite aux banques pour réorienter davantage leurs financements vers le BFR et vers des mécanismes de garantie capables de couvrir une partie du risque. Le patronat indique aussi travailler avec les autorités portuaires pour réduire les coûts et améliorer la fluidité au niveau des ports, dans un contexte où les charges maritimes restent, elles, largement hors de sa maîtrise. Après avoir plaidé pour la souveraineté économique, la commande publique et le soutien aux TPME, la CGEM cherche désormais à peser sur la définition du cadre social et sur la réforme du capital humain. C'est visiblement sur ce volet qu'elle entend laisser son empreinte la plus durable, dans un droit du travail plus lisible, plus flexible, dans un dialogue social moins figé et dans un système de formation continue dont elle affirme qu'il faut, cette fois, reprendre les fondations. .