À la veille du lancement très attendu de la session d'avril du dialogue social, la grogne monte chez les seniors. Les retraités montent au créneau et réclament une augmentation d'au moins 2 000 dirhams de leurs pensions, des allocations qu'ils jugent aujourd'hui largement insuffisantes pour faire face à la flambée des prix à la consommation. Le dossier de cette frange souvent vulnérable de la société s'impose désormais comme l'un des enjeux majeurs des prochaines tractations entre le gouvernement et les partenaires sociaux. « Face à la hausse continue des prix et à l'érosion du pouvoir d'achat, les retraités appellent les autorités concernées (gouvernement, syndicats et tous les intervenants) à une augmentation urgente et équitable d'au moins 2 000 dirhams sur chaque pension, ainsi qu'à une amélioration des services sociaux liés à la santé, au logement, au transport et aux loisirs », a vigoureusement souligné l'Association des enseignants retraités. Dans un communiqué détaillé parvenu à Hespress, ces anciens travailleurs ont tenu à faire part de leurs doléances. Leurs revendications ne se limitent pas au seul aspect financier : elles constituent un véritable appel à la dignité et à la justice sociale, insistant sur la nécessité d'une intervention gouvernementale rapide pour préserver leur niveau de vie face à l'inflation galopante. Le sort des retraités figurera en effet en tête de l'agenda de la session printanière du dialogue social. Abdellali El Omrani, membre de la commission de communication de l'Association des enseignants retraités, a mis en lumière la stagnation alarmante de leurs revenus. « La demande d'une augmentation immédiate de 2 000 dirhams pour chaque retraité ou ayant droit intervient dans un contexte de gel des pensions depuis 1997 », a-t-il rappelé. Près de trois décennies sans révision substantielle, combinées à l'augmentation constante du coût de la vie, ont fini par précariser une grande partie de cette population. Outre la revalorisation pécuniaire, le représentant a plaidé pour la mise en place de mesures d'accompagnement spécifiques. Il revendique notamment l'instauration de tarifs préférentiels dans les transports publics et les établissements hôteliers, ainsi qu'un accès prioritaire aux différents services publics, une nécessité évidente dictée par leur âge et leur condition physique. Sur le volet de la santé, une préoccupation primordiale pour cette tranche d'âge souvent confrontée à des maladies chroniques, le constat dressé par l'association est amer. Abdellali El Omrani a insisté sur l'urgence d'améliorer les services médicaux et sociaux. Il réclame une révision à la hausse des taux de remboursement des médicaments, des soins et des examens médicaux, estimant que la couverture actuelle laisse un reste à charge insupportable pour les patients. De plus, il a exhorté les autorités à faciliter l'accès des retraités aux cliniques privées partenaires des caisses de retraite, déplorant des conditions d'admission encore trop limitées et complexes. Enfin, les retraités refusent de rester en marge des décisions qui les concernent directement. Ils exigent d'être officiellement représentés à la table du dialogue social central, rappelant au gouvernement et aux syndicats qu'ils constituent une composante démographique majeure de la nation. Une intégration qui permettrait, selon eux, de défendre plus efficacement leurs droits fondamentaux et de promouvoir, à terme, le développement d'infrastructures de loisirs et de vacances adaptées, qui demeurent aujourd'hui rares et financièrement inaccessibles pour la majorité d'entre eux.