Avec l'inauguration de son nouveau site de production à Midparc, Pratt & Whitney Canada franchit un nouveau cap dans son développement au Maroc. Porté par un investissement de 76 millions de dollars, ce projet illustre la montée en gamme de la plateforme aéronautique nationale et conforte le positionnement du Royaume dans les chaînes industrielles mondiales. L'inauguration, à Midparc, du nouveau site de production de Pratt & Whitney Canada n'a rien d'une extension ordinaire. Avec un investissement de 76 millions de dollars, une usine de 12.000 m2 et un objectif de 200 emplois supplémentaires d'ici 2030, le groupe canadien envoie un signal clair sur la place désormais occupée par le Maroc dans la géographie mondiale des chaînes d'approvisionnement aéronautiques. Le site produira des pièces usinées détaillées, statiques et structurelles pour les moteurs de l'avionneur, notamment la famille PT6. Au-delà de la dimension industrielle, le projet confirme surtout une évolution de fond. Le Maroc n'est plus seulement perçu comme une base d'exécution compétitive. Il se positionne progressivement comme une plateforme capable d'absorber des activités plus sensibles, plus techniques et plus intégrées aux cadences mondiales du secteur. C'est le sens des déclarations de Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie et du Commerce, qui a mis en avant la capacité du Royaume à accompagner la montée en cadence de la chaîne d'approvisionnement aéronautique, en s'appuyant sur un tissu industriel jugé agile, compétitif et capable de tenir les standards de qualité, de coûts et de délais exigés par les grands donneurs d'ordre. Une pièce de plus dans la montée en gamme du secteur Karim Zidane, ministre délégué chargé de l'Investissement, a présenté l'implantation de Pratt & Whitney comme une étape majeure dans la montée en gamme de l'industrie aéronautique marocaine. Le ministre a insisté sur la portée du choix du groupe, intervenu après une analyse comparative internationale, y voyant la confirmation que le Maroc figure désormais parmi les plateformes industrielles les plus crédibles et compétitives à l'échelle mondiale. Le message est politique autant qu'économique. Il s'agit de montrer que l'attractivité du Royaume ne repose plus uniquement sur son positionnement géographique, mais aussi sur la qualité de ses compétences, la fiabilité de son écosystème et la coordination de ses institutions d'appui à l'investissement. Cette séquence s'inscrit d'ailleurs dans une dynamique plus large. Selon Reuters, le secteur aéronautique marocain compte désormais 150 entreprises, emploie 25.000 personnes et a porté ses exportations de 26,4 milliards de dirhams en 2024 à 29 milliards en 2025. Dans ce contexte, chaque nouvelle implantation contribue à renforcer une logique d'écosystème, où la densification industrielle améliore à la fois l'attractivité du site Maroc et sa capacité à capter des segments à plus forte valeur ajoutée. Une logique de souveraineté industrielle élargie Chez Pratt & Whitney Canada, le discours est tout aussi stratégique. Sa présidente, Maria Della Posta, a présenté le site de Nouaceur comme une extension du réseau mondial de production du groupe, destinée à bâtir des chaînes d'approvisionnement plus résilientes et à soutenir l'augmentation des volumes pour les clients. Le terme de résilience n'est pas anodin. Depuis plusieurs années, les grands acteurs de l'aéronautique cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, à diversifier leurs bases industrielles et à réduire les vulnérabilités apparues après les ruptures logistiques mondiales. Le Maroc profite pleinement de cette recomposition.