DR ‹ › Le secteur agricole marocain a subi de plein fouet les aléas climatiques extrêmes entre 2022 et 2024, d'après un récent rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Intitulé «Chaleur extrême et agriculture», le rapport met en exergue l'augmentation marquée de la fréquence, de l'intensité et de la durée des vagues de chaleur au cours des 50 dernières années, avec des répercussions croissantes sur les systèmes agroalimentaires et les paysages. Pour le Maroc, le document souligne la vulnérabilité des écosystèmes naturels interconnectés et des systèmes agricoles face à l'intensification des phénomènes climatiques extrêmes, qualifiant la période 2022-2024 de «plus difficile de l'histoire récente». Durant ces années, le Maroc a traversé une sécheresse prolongée de six ans, ponctuée de vagues de chaleur répétées, notamment une «vague de chaleur exceptionnelle de 11 jours en mars 2023» et un «épisode de 10 jours en juillet 2024», avec des températures dépassant fréquemment les 40°C. Les conséquences combinées de la «chaleur extrême et de la rareté de l'eau» ont entraîné des pertes agricoles considérables. Les rendements céréaliers ont chuté de 43 % en 2023-2024, atteignant un niveau historiquement bas, tandis que la production de blé a touché «son niveau le plus bas depuis plus de 15 ans». Les cultures à haute valeur ajoutée ont également souffert, les vagues de chaleur provoquant «la chute des fruits et une réduction de la teneur en huile des olives», alors que la production et les exportations d'agrumes ont fortement diminué. Le secteur de l'élevage n'a pas été épargné, avec «le stress thermique et les pénuries de fourrage» réduisant les rendements laitiers et la production de viande. De nombreux agriculteurs ont dû réduire leurs plantations ou abandonner certaines cultures, notamment dans les zones pluviales, augmentant ainsi la vulnérabilité économique des communautés rurales. Ces conditions ont également engendré des dommages environnementaux plus vastes. Les forêts ont été ravagées par des incendies, avec «un record de 22 760 hectares brûlés en 2022», principalement dans le Rif. Les ressources en eau ont été sévèrement touchées, les niveaux des barrages et des nappes phréatiques atteignant «certains des niveaux les plus bas jamais enregistrés» à l'été 2024, perturbant la distribution d'eau, causant des pénuries d'eau potable et imposant des restrictions d'irrigation, selon le rapport. Le secteur agricole marocain pourrait néanmoins connaître un certain souffle grâce aux pluies de l'hiver, marquant la fin d'une sécheresse de six ans.