À l'approche de la fin du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), prévue pour décembre 2026, les Nations unies planchent déjà sur les scénarios de l'après. Objectif affiché : éviter tout vide sécuritaire dans une zone frontalière sous haute tension. S'exprimant cette semaine à Genève, Jean-Pierre Lacroix, chef des opérations de paix de l'ONU, a confirmé que le Conseil de sécurité avait demandé des « options pour une présence éventuelle » après le départ de la mission. « Nous travaillons sur la base de ce que nous avons entendu des autorités libanaises et des autres parties », a-t-il indiqué, précisant que des recommandations seront soumises d'ici juin. Présente depuis 1978 le long de la Ligne bleue entre Liban et Israël, la FINUL compte aujourd'hui environ 7.500 Casques bleus. Mais dans un contexte marqué par des tensions persistantes, la mission est de plus en plus exposée. « L'environnement est de plus en plus dangereux », a alerté Lacroix, évoquant les récents incidents meurtriers visant les forces onusiennes. Côté libanais, l'idée d'un maintien d'une présence internationale après 2026 fait son chemin, mais sous une forme allégée. « Pas nécessairement identique à celle de la FINUL », a précisé le responsable onusien, évoquant des missions axées sur « la surveillance, l'observation ou encore l'action contre les mines ». Pour l'ONU, la clé reste néanmoins politique. « Une solution durable ne peut être obtenue uniquement par des moyens militaires », a insisté Lacroix, soulignant la nécessité d'un accord global prenant en compte les besoins sécuritaires des deux parties. Dans l'intervalle, l'organisation met en garde contre les limites de l'armée libanaise et souligne la nécessité d'« un soutien international fort » pour éviter toute dégradation de la situation. Une équation délicate, alors que la région reste suspendue à des équilibres fragiles et à des rapports de force en constante évolution.