Maroc Telecom signe un premier trimestre 2026 solide, porté par la progression des filiales Moov Africa, la stabilisation de l'activité au Maroc et la montée en puissance des usages data, dans un contexte d'investissement accru dans le Très haut débit. Maroc Telecom aborde 2026 sur une trajectoire de croissance maîtrisée. Au terme du premier trimestre, le groupe affiche un chiffre d'affaires consolidé de 9,3 milliards de dirhams (MMDH), en progression de 5%, porté par l'accélération des filiales Moov Africa et par la stabilisation des activités au Maroc. Cette performance confirme un basculement stratégique déjà engagé depuis plusieurs exercices, où la croissance ne repose plus seulement sur les revenus traditionnels de la voix, mais sur la data, le Très haut débit, le mobile money et l'extension des usages numériques. La data prend le relais de la Voix Au Maroc, les revenus progressent légèrement (+0,7%), à 4,58 MMDH. Cette amélioration, amorcée fin 2025, tient à la hausse conjointe des revenus mobile et fixe, soutenus par l'engouement pour la data. La progression de la data mobile et de la data fixe, portée notamment par l'expansion du parc FTTH, compense ainsi le recul de la Voix et de l'ADSL. Cette évolution traduit une transformation profonde du modèle. Le marché domestique reste mature, avec un parc mobile en baisse de 3,7%, à 18,1 millions de clients, et des lignes fixes quasi stables, à 1,63 million. Mais derrière cette apparente stabilité, les usages se déplacent. Le parc Internet mobile 3G, 4G+ et 5G progresse de 4,1%, à 11,15 millions d'utilisateurs, confirmant le rôle central de la connectivité dans la dynamique commerciale du groupe. Une rentabilité toujours élevée au Maroc La stabilisation du chiffre d'affaires s'accompagne d'une amélioration des marges. Au Maroc, l'EBITDA atteint 2,46 MMDH, en hausse de 2%. La marge d'EBITDA gagne 0,6 point pour s'établir à 53,7%, un niveau élevé qui traduit la capacité du groupe à préserver sa rentabilité malgré la hausse des coûts opérationnels. L'EBITA progresse également de 2%, à 1,64 MMDH, avec une marge en amélioration de 0,4 point, à 35,8%. Cette performance repose sur la progression de la marge brute, qui a plus que compensé l'augmentation des charges. En revanche, le cash-flow opérationnel au Maroc recule de 5,5%, à 1,48 MMDH, en raison notamment du paiement d'une partie des équipements liés à la 5G au cours du trimestre. Moov Africa, moteur de la croissance du groupe La principale impulsion vient toutefois des filiales africaines. Moov Africa réalise un chiffre d'affaires de 5,03 MMDH, en hausse de 8,5%, ou 6,4% à change constant. Cette croissance est portée par la data mobile, la data fixe et le mobile money, qui compensent le recul de la voix et des revenus de l'entrant international. Le parc mobile des filiales progresse de 3,9%, à 54,28 millions de clients. Certaines filiales affichent des hausses marquées, notamment le Togo, avec une progression de 28,6%, le Niger (+15,9%), le Burkina Faso (15,4%), et la Centrafrique (+50,2%). Cette progression confirme le potentiel de croissance des marchés subsahariens, malgré un environnement concurrentiel et réglementaire qualifié de difficile par le groupe. Une discipline opérationnelle renforcée Les filiales ne se contentent pas de croître en volume. Elles améliorent aussi leur rentabilité. L'EBITDA international atteint 2,2 MMDH, en progression de 11,2%. La marge d'EBITDA s'établit à 43,8%, en amélioration de 1,1 point, grâce à la hausse du taux de marge brute et à la maîtrise des coûts opérationnels. L'EBITA des filiales progresse de 7,4%, à 1,11 MMDH. Cette hausse intervient malgré l'augmentation des amortissements liée aux investissements soutenus réalisés ces dernières années. Le cash-flow opérationnel international ressort, lui, à 786 millions de dirhams, en forte progression de 85,1%, porté par la croissance de la capacité d'autofinancement. À l'échelle du groupe, Maroc Telecom a consacré 1,35 MMDH aux CAPEX au premier trimestre, en hausse de 18,9%. Hors fréquences et licences, le ratio CAPEX sur chiffre d'affaires atteint 14,5%, contre 10,1% un an plus tôt. Le groupe précise que ces investissements sont principalement orientés vers le Haut débit. Cette montée en puissance de l'investissement illustre la priorité donnée aux infrastructures très haut débit mobile et fixe, au Maroc comme en Afrique subsaharienne. Elle vise à renforcer la qualité des réseaux et des services, tout en accompagnant le développement des usages numériques. Malgré cet effort, le CFFO consolidé progresse de 13,8%, à 2,27 MMDH, sous l'effet de la hausse de l'EBITDA. Un résultat net affecté par la contribution sociale Le résultat net part du groupe ressort à 1,3 MMDH, en baisse de 3,4% par rapport au premier trimestre 2025. Cette évolution est principalement liée à l'impact de la contribution sociale de solidarité. Hors cet effet, le RNPG aurait progressé de 3,3%, selon Maroc Telecom. L'EBITDA consolidé atteint près de 4,66 MMDH, en hausse de 6,1%, avec une marge de 50%, en amélioration de 0,5 point. L'EBITA consolidé s'établit à 2,75 MMDH, en progression de 4,1%, malgré une légère baisse de la marge d'exploitation, à 29,5%. Le premier trimestre 2026 confirme la capacité de Maroc Telecom à conjuguer croissance, rentabilité et investissement. Le groupe bénéficie d'un relais africain puissant, tout en stabilisant son marché historique marocain grâce à la data et au Très haut débit. La lecture des résultats montre surtout une stratégie d'équilibre. D'un côté, l'opérateur investit davantage pour préparer les usages futurs, notamment autour de la 5G, du FTTH et du Haut débit. De l'autre, il maintient une discipline financière élevée, avec une marge d'EBITDA de 50% et un ratio dette nette sur EBITDA ramené à 1,0 fois au niveau consolidé. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO