Sahara. Chaque partie est restée sur sa position l Le Maroc réitère sa proposition d'autonomie en mettant l'accent sur l'inapplicabilité d'un referendum à options extrêmes En mars 2004, Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, déclarait en substance que les Nations-Unies ne pouvaient rien imposer et que la solution définitive du conflit du Sahara devrait être le fruit de discussions et de négociations entre les parties concernées. Annan avait en effet décrit l'impasse dans laquelle se trouvait alors un conflit qui dure depuis 1975, date à laquelle le Polisario entre en guerre avec le Maroc. Six ans après, la 2e série des pourparlers informels sur le Sahara, tenue les 10 et 11 février à Armonk dans la banlieue new-yorkaise, en préparation du prochain round de négociations sur la Sahara, n'aurait rien apporté de nouveau. Le 12 février dernier, à la fin des pourparlers, Christopher Ross, l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, allait confirmer cette donne en précisant qu'à l'issue de la réunion, «aucune des parties n'a accepté la proposition de l'autre comme base unique pour les négociations à venir». Toutefois et malgré le côté jugé stérile de cette rencontre, Taïeb Fassi Fihri, le ministère des Affaires étrangères, a déclaré le même jour depuis Armonk, que ladite rencontre a «offert l'opportunité à la délégation marocaine de présenter à nouveau l'initiative marocaine d'autonomie au Sahara marocain et de démontrer sa vocation, sa finalité, sa justesse et sa totale conformité avec la légalité internationale et avec l'esprit et la lettre des résolutions du Conseil de sécurité». Belligérant et observateur ! Dans ses mêmes déclarations, le ministre des Affaires étrangères a insisté sur le fait que le Maroc a relevé, «comme lors des autres réunions», le référentiel obsolète de la proposition du Polisario et de l'Algérie (cette dernière se considérant comme observateur !), «son contenu dépassé, sa lecture biaisée et orientée du principe de l'autodétermination et sa philosophie contraire à l'orientation donnée par le Conseil de sécurité et souhaitée par la Communauté internationale pour la résolution de ce différend régional». L'argument de Taïeb Fassi Fihri est l'inapplicabilité d'un référendum à options extrêmes. D'ailleurs, la délégation marocaine, composée de Taïeb Fassi Fihri, Mohamed Yassine Mansouri et Maouelainin Ben Khalihanna Maouelainin, a démontré que le recours au référendum est minoritaire dans la pratique onusienne, la majorité des situations ayant été résolues à travers les négociations entre les parties. Mais ce n'est pas la seule thèse incongrue, mise sur la table des négociations depuis le début du conflit. En 2001, l'Algérie avait proposé un partage du territoire, objet du conflit, avec un débouché sur l'Atlantique. Y aurait-il mieux pour illustrer les vraies intentions d'un régime algérien qui couve, soutien et finance le Polisario ? Chasser le naturel... Dominique De Villepin, l'ancien Premier ministre français inaugure le Salon du livre en revenant sur les questions politiques La salle qui accueillait vendredi la conférence inaugurale de la 16e édition du Salon international de l'édition et du livre (SIEL) de Casablanca était comble. Et pour cause, l'animateur n'était autre que l'ancien premier ministre français, Dominique de Villepin. Lors de la conférence, qu'il a animée aux côtés du ministre de la culture Bensalem Himmich, l'homme politique français, natif de Rabat, a volontairement porté sa casquette d'écrivain. Il est venu présenter son dernier opus «Le dernier témoin». La nature revenant au galop, l'homme de lettres a finalement parlé politique. Il est notamment revenu sur le débat sur l'identité nationale, qui divise l'opinion, aussi bien au niveau de l'Hexagone que des pays étrangers. «Ce n'est pas un bon débat. Les bons débats sont ceux qui élèvent, les mauvais sont ceux qui avilissent et dégradent. Celui-ci n'a aucune utilité publique». Les Nations-Unies, mais encore Félicité à multiples reprises pour son discours mémorable prononcé aux Nations-Unies en 2003 lors de la crise irakienne, De Villepin a dressé un bilan personnel de la gestion internationale des conflits. «Depuis 2003, nous n'avons constaté aucun changement. Dans le but commun de lutter contre le terrorisme, plusieurs pays sont intervenus avec des arrière-pensées ou une absence de pensée. Résultat, aujourd'hui, nous n'avons pas tiré les leçons du cercle vicieux de l'usage de la force». Pour Dominique de Villepin, les Nations-Unies ne doivent pas être le seul organisme à prendre les décisions planétaires. Pour illustrer ses dires, De Villepin cite l'exemple de la catastrophe d'Haïti, en soulignant que les premiers sur place n'étaient pas l'aide internationale, mais les journalistes. Or, «on sait bien que les caméras ne nourrissent personne».