Onze jours après le début des frappes lancées le 28 février par les États-Unis et Israël contre l'Iran, le conflit s'est étendu à plusieurs fronts au Moyen-Orient, provoquant de lourdes pertes humaines et des secousses économiques mondiales. Sur le plan énergétique, le trafic maritime dans le détroit stratégique d'Ormuz a connu de nouveaux développements. Mardi, suite à l'annonce par Washington de l'escorte réussie d'un premier pétrolier par la marine américaine à travers ce détroit — par lequel transitent 20 % du pétrole et du gaz mondiaux —, les cours de l'or noir ont accusé un net repli, chutant de près de 15 %. Vers 17h40 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord reculait de 14,96 % à 84,16 dollars, et le West Texas Intermediate (WTI) plongeait de 16,46 % à 79,17 dollars, contre plus de 120 dollars la veille. « La marine américaine a escorté avec succès un pétrolier traversant le détroit d'Ormuz afin de s'assurer que le pétrole continue d'affluer vers les marchés mondiaux », a déclaré le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, dans une vidéo publiée sur son compte X. Pendant ce temps, les attaques qui se poursuivent dans la région continuent d'alourdir le bilan humain, faisant de nombreuses victimes civiles et militaires dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Au Liban, le Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, a indiqué que 15 de ses secouristes avaient été tués par des frappes israéliennes depuis le début de la guerre. Le Comité a précisé que ses équipes avaient « subi une série d'attaques directes [...], faisant 15 martyrs et 30 blessés dans les rangs des secouristes ». Le ministère libanais de la Santé a souligné, pour sa part, que 486 personnes avaient été tuées et 1 313 autres blessées par les frappes israéliennes depuis le 2 mars. Le gouvernement libanais estime par ailleurs à près de 760 000 le nombre de déplacés, dont 122 600 ont été accueillis dans des centres aménagés par l'État. En Iran, principal pays visé par le conflit, le ministère de la Santé a recensé plus de 1 200 morts, dont environ 200 femmes et 200 enfants de moins de 12 ans, ainsi que plus de 10 000 blessés civils. Ces données contrastent fortement avec celles enregistrées par Israël, où les services de secours et l'armée font état de 14 morts. Sur un autre front diplomatique, l'armée israélienne a revendiqué une attaque nocturne ciblant quatre diplomates iraniens dans un hôtel situé dans un quartier touristique de Beyrouth. Il s'agissait du personnel de l'ambassade d'Iran au Liban. La mission iranienne à l'ONU a accusé Israël d'avoir « assassiné » ses diplomates lors de cette frappe dominicale. « L'assassinat ciblé de quatre diplomates iraniens alors qu'ils exerçaient leurs fonctions de représentants officiels d'un État membre souverain sur le territoire d'un autre État souverain constitue un acte terroriste grave et une violation flagrante du droit international », a écrit la mission dans une lettre adressée au Secrétaire général de l'ONU, António Guterres. Selon les médias iraniens, Téhéran a également appelé les Nations Unies à « condamner explicitement l'agression » israélo-américaine.