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Caftans au Maroc #3 : De Tétouan à Oujda, les influences locales et andalouses se croisent
Publié dans Yabiladi le 09 - 03 - 2026

Parmi les chefs-lieux de la culture andalouse au Maroc, Tétouan est connue pour sa déclinaison emblématique du caftan. À la croisée de l'héritage local et des influences régionales, il incarne savoir-faire et raffinement du terroir, combiné à l'élégance des cours nasrides. Un faste qui aura eu un large rayonnement, en se mêlant notamment aux usages à Oujda.
Illustration : Jean Besancenot, «Costumes du Maroc» (1942)


À la fin du XVe siècle, l'année 1492 marque la chute de Grenade, qui clôt huit siècles de règne musulman à Al-Andalus. L'achèvement de la Reconquista (1212 – 1492) annonce alors un bouleversement régional majeur. Il redéfinit la cartographie politique, ainsi que la vie des familles musulmanes et juives andalouses réfugiées dans le nord du Maroc, où le caftan est déjà en vogue entre les XIe et XIIIe siècles.
Ce fait historique aura redessiné les villes, les paysages, les modes de vie et les traditions, comme à Tétouan, appelée «la fille de Grenade». Nombre des nouveaux arrivants sont des artisans de divers métiers, notamment du textile, mais également des architectes, des musiciens et des intellectuels qui dynamisent la ville, tout en lui donnant son empreinte néo-mauresque andalouse.
Tétouan sera d'ailleurs reconstruite en partie par ses andalous, au XVIe siècle, avec des influences nasrides prononcées. Le bastion corsaire devient un chef-lieu de cette diversité, érigée en pont historique et interculturel entre l'Espagne et le Maroc.
Modèle ancien du caftan de Tétouan / DR
Mostafa Akalay Nasser fait immersion dans «La ville nouvelle de Tétouan», de 1860 à 1956
Une prospérité qui dessine le caftan de Tétouan au «khanjar»
C'est à cette même période que Tétouan a confirmé sa notoriété politique de cité impénétrable, où Mohamed al-Mandari II a compté sur Sayyida al-Horra, gouvernante de la ville à la mort de son mari en 1518, pour en faire une ville-Etat. La cité se fera connaître surtout pour son unité industrielle de navires de guerre. Sa flotte imposante s'empare des cargaisons espagnoles et portugaises, avec des retombées économiques qui en feront l'une des régions les plus riches du pays.
Cette prospérité s'est déclinée sur les aspects de la vie quotidienne de Tétouan, où l'habillement traditionnel reprend l'élégance des cours nasrides, s'enrichit du savoir du textile travaillé à Fès, pour se mêler plus tard aux influences plus orientales d'Oujda et de la région, tout en intégrant des motifs soigneusement travaillés. Une des broderies incontournables à travers les siècles reste «khanjar», que l'on retrouve également sur les caftans portés à Tanger et à Oujda.
Sur la partie supérieure d'un tissu de soie, de brocart, ou de velours rouge, vert ou encore bleu et violet, ce dessin prend la forme d'une évocation florale de la dague marocaine traditionnelle, d'où l'appellation de ce motif brodé en fils d'or et d'argent. Contactée par Yabiladi, la styliste et modéliste belgo-marocaine Houda Ramdani explique que «le caftan de Tétouan a été longtemps connu pour sa longueur et ses manches larges, se portant souvent ouvert sur une 'sadria' et ornée de broderies khanjar». Il se caractérise également par sa longue ceinture serrée autour de la taille, ses gros boutons (âqad) et sa 'sfifa'.
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Pendant des siècles, le caftan de Tétouan a en effet été porté avec plusieurs accessoires et autres pièces vestimentaires. Il a souvent été assorti du couvre-chef, avec des bijoux et des parures couvrantes. Mais au milieu du XXe siècle, cette mode a grandement évolué, avec l'utilisation de tissus floraux, de couleurs vives, ainsi que le réajustement de la coupe jusqu'ici large. Le caftan est fermé et dévoile les avant-bras, avec une ceinture de soie, ou en or (mdemma) plus pratique, sans couvre-chef, hormis une fine étoffe de soie (hina) fixée à l'aide d'épingles.
Originaire d'Oujda et vivant à Bruxelles, Houda Ramdani nous dit qu'elle s'aligne elle-même sur les tendances traditionnelles auxquelles elle redonne vie. À sa manière, elle reprend la confection de caftans et d'habits traditionnels à partir de tissus luxueux, comme la soie, le brocart, le velours et le khrib, avec sa déclinaison plus allégée appelée 'Haj Omar'.
«Le tissu 'jouhara' a aussi été en vogue, dans ma région d'origine, comme dans d'autres villes du Maroc. Je viens d'en recevoir un qui a appartenu à ma mère. Il reprend ces motifs traditionnels perlés sur du bleu, une couleur largement employée également dans le nord du pays, en plus du vert et du rouge en velours.»
Houda Ramdani
Houda Ramdani
La blouse d'Oudja et les caftans chargés (taâmar)
Au-delà de Tétouan, Houda Ramdani souligne que «la tendance dans le Rif et l'Oriental, plus largement dans le nord, tend vers le perlage et les caftans aux motifs très chargés (taâmar)». Parmi les autres pièces incontournables qui illustrent les déclinaisons régionales du caftan, elle cite la «blousa oujdia», emblématique de sa ville d'origine.
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«Cette blouse est connue pour sa coupe fluide, ses tissus légers comme la soie, la mousseline et le satin, ainsi que son plastron chargé de broderies et de perles, ou de motifs floraux», nous explique la styliste, qui met en avant un habit alliant héritage amazigh et andalou. Chez Houda Ramdani, le caftan et l'habit traditionnel restent d'ailleurs une affaire de famille.
«Passionnée par l'univers de la mode depuis dix-sept ans, j'ai pu lancer mes collections depuis deux ans. Ma sœur faisait des vêtements traditionnels à la main et ma mère a été brodeuse. J'en garde des souvenirs depuis l'enfance» nous raconte la styliste. Ma sœur et moi travaillions désormais ensemble entre Bruxelles et Oujda, moi pour la confection de pièces et elle pour la broderie à la main.»
Houda Ramdani
Houda Ramdani
C'est ainsi que Houda Ramdani fait désormais revivre cette tradition au-delà des frontières. «Dans les mariages marocains, notamment à Bruxelles, on aime souvent porter ce que l'on appelle 'les sept robes', pour célébrer toutes les spécificités régionales de nos habits traditionnels du Maroc, sans oublier chedda oujdia et chamalia», dit la styliste.
Mettant en avant des couleurs qui restent de grands classiques régionaux, notamment le blanc, le blanc cassé, le bleu, les nuances de vert et de rouge, Houda Ramdani dit utiliser principalement «la soie, la dentelle, les tissus de tlija». Selon elle, ces étoffes à la fois raffinées et faciles à travailler permettent une plus large combinaison de couleurs et de perlage, pour inscrire le caftan dans la mode contemporaine.


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